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Sur les traces d'un musicien aux semelles de vent

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Charlie Winston rencontre un véritable succès en France avec son premier album "Hobo". Personnage décalé, il n'hésite pas à mélanger les genres musicaux pour un résultat plein de vie, à son image.

Charlie Winston

Le chapeau de travers et le veston lui donnent un petit air dandy décalé. Pourtant le jeune homme (tout juste trente ans) s'inscrit dans l'actualité. Il est la surprise musicale de ce début d'année, son album "Hobo" a dépassé les 200.000 ventes depuis sa sortie fin janvier et ses concerts parisiens affichent complet cinq mois à l'avance. Il sera à l'affiche des principaux festivals musicaux de l'été et se produira à l'Olympia les 14 et 15 novembre prochains.

Pourquoi un tel succès? Le fait que la chanson phare de l'album "Like a Hobo" ait été choisie comme générique du Grand Journal de Canal Plus a sans aucun doute permis l'envol du Britannique. Lui tente une explication moins prosaïque: "les Français sont de grands amateurs de théâtre et mon univers en est proche".

Car Charlie Winston se rêvait d'abord comédien. A 16 ans, il a quitté sa province - en l'occurrence le Suffolk, sur la côte est de l'Angleterre - et s'est installé à Londres avec l'intention de devenir acteur. Finalement, il opte pour la musique, mais jamais très loin des planches. Pendant un temps, il compose pour le théâtre. "Cela a été un bon entraînement, juge-t-il aujourd'hui, cela m'a donné de la discipline et m'a fait réaliser combien on peut être créatif dans l'urgence".

Pourtant, il a pris son temps avant de sortir "Hobo". Sur l'album, les chansons les plus anciennes remontent à sept ou huit ans. Perfectionniste sous des dehors décontractés, Charlie Winston a mûri son premier opus. "Cet album, c'est moi... sous tous les aspects", affirme-t-il. Le résultat est un mélange de soul, de folk et même de pop, de balades dans le Grand Ouest américain et de chansons d'amour plus intimistes. Impossible à définir en un mot.

"J'ai trente ans, donc j'ai passé de nombreuses années à composer sans être connu, sans personne pour me dire ce que je devais faire ou penser, cela m'a permis de me développer à mon rythme", analyse aujourd'hui le musicien. Elevé dans un milieu artistique dès la naissance, son choix de carrière lui a semblé comme une évidence. Ses parents, artistes eux mêmes, possédaient un hôtel fréquenté par toutes sortes de gens du spectacle. Ils lui ont transmis le virus. Mais d'après Charlie Winston, ils sont "très ouverts d'esprit et auraient accepté que je devienne un banquier ou un avocat".

Outre la musique pour le théâtre, le jeune homme a joué un temps de la basse dans le groupe de son frère, Tom Baxter, avant de voler de ses propres ailes. Artiste touche à tout et voyageur, il s'est forgé au fil des ans ce personnage de "hobo" des temps modernes, à l'image de ces vagabonds américains chers à Jack London et Kerouac, une sorte de musicien aux semelles de vent.

Marion Senant

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