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Portraits de Barney, Michel et autres grands

Source : La Tribune.fr - 18/05/2011 | 09:26 - 428 mots  | 
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Deux premières biographies - Barney Wilen et Michel Petrucciani - et la réédition d'un classique des portraits signé Jacques Réda.
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Jazzmen de référence, aujourd’hui disparus, Barney Wilen (saxophones) et Michel Petrucciani (piano) font l’objet de leur première biographie. Un apport essentiel à la connaissance de musiciens français qui eurent leur heure de gloire bien au-delà de l’Hexagone. Curieusement, ni l’un ni l’autre ne figurent dans la série de portraits constituant l’ouvrage majeur de Jacques Réda, aujourd’hui réédité.

Musicologue, Benjamin Halay livre sur Michel Petrucciani (1962-1999) ce qu’il dénomme lui-même "une biographie affective". Une auto-présentation à la fois juste et honnête. Proche du pianiste, auquel il a consacré un travail universitaire en 1997 à l’Université de Tours, le créateur du festival "Val de Jazz" voue une admiration de fan à l’interprète fulgurant. C’est là tout l’intérêt de son ouvrage, riche en informations et en confidences de (et sur) Petrucciani, qui aurait toutefois gagné en force s’il eût évité certaines digressions.

(Michel Petrucciani. Par Benjamin Halay avec préfaces d’Alexandre Petrucciani et Didier Lockwood. Editions Didier Carpentier)

Auteur de biographies de Thelonious Monk, Jack Kerouac et Louis-Ferdinand Céline, Yves Buin approche la vie mystérieuse et romantique de Barney Wilen (1937-1996) sous un angle totalement musical. Par une analyse de ses albums, Yves Buin nous fait ainsi découvrir les différentes époques de la carrière du saxophoniste niçois : l’admirateur de Lester Young, à la sonorité langoureuse, le tenant du free jazz aux élans vigoureux, "l’africain" parti en expédition ethno-musicale de Tanger à Zanzibar, le chantre des chansons françaises de Trenet à Legrand. Il en émerge un portrait attachant et fin d’une personnalité aux inspirations multiples qui manifestait, souligne Yves Buin, "un respect pour toutes les musiques susceptibles d’être inspirantes".

(Barney Wilen. Blue Melody. Par Yves Buin. Collection Castor Music. Editions Castor Astral)

Paru pour la première fois en 2002, "Autobiographie du jazz" de Jacques Réda s’est imposée comme une référence. Dans cette version revue et enrichie, on retrouvera le propos liminaire original où l’auteur se met dans la peau du jazz, ce qui justifie le titre (énigmatique) de l’ouvrage. Une mise en condition du lecteur sur la diversité de la musique de l’improvisation qui est présentée par la voie de quelque cent cinquante portraits, de Scott Joplin et Louis Armstrong à Wynton Marsalis, Archie Shepp et James Carter. Un périple d’un bon siècle que le lecteur est invité à parcourir par des chroniques ciselées. Exemple avec Martial Solal : "ainsi par le chambardement constant et organisé de ses trouvailles (…) Solal a-t-il gardé dans la mouvance du jazz une musique dont les structures, les feux, la transparence, rivalisent avec le cristal".

(Autobiographie du jazz par Jacques Réda. Collection Climats. Editions Flammarion)

Jean-Louis Lemarchand - 18/05/2011, 09:26  | 
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