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"Antichrist", "Ne te retourne pas", "The women", "Mariage à l'islandaise", "Aliker", "Departures".

Vade retro "Antichrist"

Il faut toujours se méfier des renards ! Prenez celui de "Antichrist", le dernier film de Lars Van Trier. On y voit un goupil débouler à l’écran sans crier gare, et prévenir le public d’une voix nasillarde du chaos à venir. Il n’en faut pas plus pour plonger le film dans le grand guignol le plus fumeux.

Tout avait pourtant si bien commencé. Avec une première scène lyrique figurant un couple en train de faire l’amour pendant que leur enfant est projeté dans le vide alors qu’il regardait la neige tomber par la fenêtre ouverte. La mère, détruite, engluée dans sa culpabilité, est prise en charge par son psychothérapeute de mari. Qui l’emmène dans une maison perdue au fond des bois pour affronter ses angoisses. Sauf que leur virée tourne au cauchemar.

Lars Van Trier se complait dans un film d’une misogynie outrancière, néanmoins porté par un sens de l’image assez extraordinaire. Restent les comédiens, Willem Defoe et surtout Charlotte Gainsbourg, très justement récompensée du prix d’interprétation à Cannes.

"Ne te retourne pas"

Après un "Dans ta peau" à la limite du supportable, la réalisatrice Marina de Van revient à l’écran avec une œuvre parfois si ridicule qu’elle en devient risible. Il est ici question d’une jeune femme (Sophie Marceau) dont le corps se transforme jusqu’à épouser les traits d’une autre (Monica Bellucci). Pire encore, elle ne reconnaît plus ni son intérieur, ni ses proches. L’idée de départ était intéressante. Mais le résultat n’est malheureusement pas à la hauteur. Car rien n’est crédible ici, ni l’intrigue, ni le jeu calamiteux des acteurs.

"The women"

Diane English a beau s’entourer d’un casting de choix (Meg Ryan, Annette Bening), son interminable adaptation misogyne du chef-d’œuvre de George Cukor tombe à plat. Jusqu’à n’en retenir que le concours de lifting auquel se livrent les actrices.

"Mariage à l’islandaise"

Cela aurait dû être le plus beau jour de sa vie. Raté. Le mariage d’Inga n’a même pas encore commencé que les galères s’enchaînent. Le témoin de son futur époux est en retard et trouver la petite église plantée au cœur de la campagne islandaise tourne rapidement au parcours du combattant. Cerise sur le gâteau, les deux familles ne se portent pas vraiment dans leur cœur ! Peu à peu, les masques tombent. A la manière de Thomas Vinterberg dans Festen - en moins dramatique tout de même -, la journée tourne au cauchemar. Réalisé sobrement, le premier film de la réalisatrice Valdis Oskarsdottir bénéficie d’une talentueuse brochette de comédiens. Ceux-ci s’en donnent à cœur joie dans des joutes verbales improvisées aussi savoureuses qu’hilarantes. Un mariage pour le meilleur et pour le rire.

"Aliker"

André Aliker, militant communiste martiniquais des années 1930 et journaliste jusqu’au bout des ongles, méritait bien ce biopic soigné. Le commerçant de Fort-de-France, pour avoir dénoncé dans son journal "Justice" nombre d’affaires de corruption ainsi que la mainmise des grands planteurs sur l’économie locale, finira assassiné. Plus de 70 ans après, ses combats - autant contre les inégalités qu’en faveur de la liberté de la presse -, sont malheureusement toujours d’actualité… Malgré une mise en scène trop quelconque, le long-métrage de Guy Deslauriers convainc grâce à une excellente reconstitution, sans oublier l’interprétation convaincante de Stomy Bugsy dans le rôle-titre. A voir.

"Departures"

 Un jeune homme, fraîchement marié, doit arrêter le violoncelle, qu’il pratique en tant que professionnel. Il trouve un emploi dans une entreprise de pompes funèbres, et effectue des mises en bière, mais le cache à son entourage. Lourd et interminable, le film de Yojiro Takita (Oscar du meilleur film étranger 2009) déçoit grandement.

Jérôme Béalès, Pierre Castel, Yasmine Youssi

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