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La Tribune.fr - 16/06/2009 Ã 15:00 - 324 mots

Variety, la bible des "professionnels de la profession" hollywoodiens la tient pour l'une dix jeunes cinéastes les plus prometteurs de leur génération. Scénariste de la série "The L Word", récompensée à de nombreuses reprises pour ses courts-métrages, la réalisatrice américaine d'origine jordano-palestinienne Cherien Dabis a conquis la croisette lors du dernier Festival de Cannes avec "Amerrika", son premier long-métrage, récompensé du prix Fipresci. Une œuvre généreuse et drôle, en grande partie autobiographique, où il est question du choc des cultures et de racisme ordinaire.
Cherien Dabis a donc puisé dans ses souvenirs d'adolescente tout en s'inspirant du parcours et de la personnalité de sa tante pour conter l'histoire de Mouna (Nisreen Faour). Abandonnée par son mari pour une femme plus jeune et plus mince, elle fait de son mieux pour élever son fils de 14 ans dans les territoires occupés, jonglant entre son travail, les check-point interminables et l'humiliation imposée par les soldats israéliens. Jusqu'au jour où elle obtient une carte verte pour les Etats-Unis.
Elle décide alors de rejoindre sa sœur (Hiam Abbass), installée dans l'Illinois avec mari et enfants depuis de nombreuses années. Sauf que la première guerre du Golfe vient d'éclater et que les Américains sont peu enclin à accueillir des Arabes que nombre d'entre eux considèrent comme des terroristes.
Qu'est-ce qu'être Palestinien aujourd'hui s'interroge Cherien Dabis? Un étranger éternel, chez lui comme ailleurs. La réalisatrice pointe également dans son film la mise à mal du rêve américain aux Etats-Unis.
Elle a surtout su trouver le ton juste pour raconter tout cela à travers un scénario chaleureux et plein d'humour. Tandis que sa caméra à l'épaule emprunte au cinéma vérité, baladant ainsi les spectateurs entre rires et émotion. Les scènes de choc des cultures sont les plus savoureuses. Comme lorsque Mouna débarque à l'aéroport de Chicago et entreprend de raconter sa vie aux douaniers. La réussite du film repose aussi en grande partie sur ses comédiennes : l'énergique Nisreen Faour entourée de l'impeccable Hiam Abbass.
Yasmine Youssi
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