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La Tribune.fr - 16/06/2009 Ã 15:11 - 565 mots
Des lascars attachants
C’est l’été à Condé-sur-Ginette. Dans cette banlieue bétonnée et taguée, Tony Merguez et José Frelate, les deux MC’s du quartier, ne rêvent que d’une chose: rejoindre les plages de sable fin de Santo Rico et… les jolies filles qui vont avec ! Malheureusement pour les deux compères, les galères s’enchaînent et les vacances promises risquent de ne pas être de tout repos… Incontestable réussite esthétique, Lascars bénéficie d’un casting de premier choix. Les comédiens s’en donnent à cœur joie dans des doublages délirants, avec une mention spéciale à une Frédérique Bel déjantée dans son rôle de maîtresse en furie.
Mené tambour battant, le long-métrage comporte son lot de répliques et de scènes appelées à devenir culte. Caricature hilarante mais optimiste de la banlieue, ce film d’animation attachant fait souffler un véritable vent de fraîcheur. On aurait tort de s’en priver.
Hanté par ses ex
Michael Douglas devait avoir vraiment beaucoup d’impôts à payer pour se commettre dans cette comédie romantique aux confins du nanar, aussi idiote que sirupeuse. Noyés dans cet océan de guimauve, Jennifer Garner et Matthew McConaughey font ce qu’ils peuvent, c'est-à-dire pas grand-chose. Seul le vétéran Robert Forster, repêché par Tarantino dans Jackie Brown, s’en tire avec les honneurs grâce à sa délirante composition de patriarche obsédé par la guerre de Corée. En tout cas, Hanté par ses ex ne risque pas de vous hanter bien longtemps.
Tellement proches
Après le réussi "Nos jours heureux", réjouissante comédie nostalgique sur les colonies de vacances, on attendait beaucoup du dernier film d’Eric Toledano et Olivier Nakache. Peut-être trop. Malgré une première demi-heure décapante, au cours de laquelle deux familles se tirent dessus à boulets rouges, force est de constater que la suite n’est pas du même acabit. La faute à des péripéties abracadabrantes et à une évolution des personnages peu crédible. Pour qu’une comédie fonctionne, il faut que le spectateur s’identifie aux "héros" qu’elle croque. Cette fois, c’est raté.
Fausta, la teta asustada
Fausta, une jeune péruvienne, est hantée par le viol dont fut victime sa mère. Désormais, elle vit dans la peur et sortir dans les ruelles de son village sans être accompagnée s’apparente à un véritable chemin de croix. Pourtant, petit à petit, Fausta apprend à surmonter ses angoisses… Malgré l’interprétation irréprochable de Magaly Solier et la sincérité apparente de la démarche, il est difficile d’adhérer totalement à ce récit abscons, dont la lenteur contemplative finit par ennuyer.
Boogie
En vacances, trois amis d’enfance se retrouvent par hasard. Beaucoup de choses ont changé et les soirées festives de leur jeunesse semblent bien loin. Les voilà partis pour une dernière nuit débridée… Suite ininterrompue de dialogues filmés platement, Boogie peine à susciter plus qu’un ennui poli. Dans la veine ultra-réaliste chère à la Nouvelle vague roumaine, Radu Munteanu mise tout sur ses acteurs mais oublie au passage que le cinéma est aussi affaire de mise en scène.
Ce cher mois d’août
Un petit village perdu dans la campagne portugaise. C’est l’été. Les corps et les cœurs se réchauffent au rythme des bals populaires. Miguel Gomes et sa petite équipe captent ces instants où plus rien n’a d’importance, si ce n’est le plaisir de se laisser porter par la musique. Truffé de mises en abyme dans lesquelles réalité et fiction se rejoignent, Ce cher mois d’août est un objet intriguant. En dépit de quelques longueurs, difficilement évitables sur une durée de 2h30, l’ambiance nostalgique et la poésie de certaines scènes emportent le morceau.
Jérome Bealès
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