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Russell Crowe et Ben Affleck en prise à des "Jeux de pouvoir"

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Avec "Jeux de pouvoir", le réalisateur Kevin Macdonald, entouré de Ben Affleck et Russell Crowe, régénère avec bonheur le genre du film politique américain.

Jeux de pouvoir

Et si Hollywood parvenait à trouver son salut auprès des documentaristes ? Auteur de deux enquêtes passionnantes sur les attentats des jeux olympiques de Munich (Un jour en septembre) et la survie d’alpinistes prisonniers des neiges dans les Andes péruviennes (La mort suspendue), l’écossais Kevin Macdonald - passé par la fiction depuis avec "Le dernier roi d’Ecosse" sur Idi Amin Dada - régénère aujourd’hui le genre du film politique américain avec "Jeux de pouvoirs". Et fait appel aux stars hollywoodiennes pour parler de corruption ou de la situation actuelle de la presse.

Ben Affleck interprète donc sous sa direction le rôle de Stephen Collins, un ancien soldat devenu membre du Congrès et président de la commission supervisant les dépenses du Pentagone. L’homme, marié, a les dents longues et son ascension promet d’être fulgurante. Jusqu’au jour où son assistante est suicidée dans le métro. Lâché par les siens, traqué par les paparazzis, mis au banc de la société pour avoir trompé sa femme, Collins n’a d’autre choix que de se réfugier auprès de Cal McAffrey (Russell Crowe), un ancien ami journaliste du Washington Globe qui décide alors de mener l’enquête sur le meurtre de l’assistante.

Scandale sexuel, complot militaire, dérive du pouvoir…. Inspirée de la série télé britannique au titre éponyme, "Jeux de pouvoir" réunit tous les ingrédients nécessaires pour faire un "thriller" politique à la fois divertissant et passionnant, mené à un train d’enfer. Et l’on ne peut s’empêcher, ici, de penser aux films des années 1970 signés Mann, Pollack ou Pakula avec Robert Redford ou Dustin Hoffman. D’autant que MacDonald en profite pour creuser des thèmes ô combien d’actualité.

Les liens entre politiques et militaires rappellent ceux de l’ancien vice-président américain Dick Cheney avec la société Halliburton. Le réalisateur dresse également un formidable état des lieux de la presse aujourd’hui et s’interroge sur son avenir, à l’heure d’Internet, où il faut aller vite pour livrer une info. Ce qui ne laisse plus de place aux grandes enquêtes, privant ainsi les démocraties d’un véritable contre-pouvoir.

Yasmine Youssi

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