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La Tribune.fr - 24/07/2009 | 20:35 - 342 mots

Âmes sensibles, s'abstenir. Vous croyez avoir tout vu en matière de provoc' et de trash ? Détrompez-vous. Sacha Baron Cohen envoie une nouvelle fois du très lourd, n'hésitant pas à être plus vulgaire, porno et scato que dans "Borat".
Il campe Brüno, un animateur de télé autrichien homo jusqu'au bout des ongles, à l'appétit sexuel démesuré. Epilation intégrale, minishort moulant, t-shirt transparent et cheveux blond-platine: un look de folle décomplexée dans lequel le comique se glisse avec bonheur. Avec son accent autrichien à couper au couteau et ses mimiques outrancières, Brüno est caricatural à l'extrême, et c'est bien le but recherché.
Refusant la demi-mesure, Sacha Baron Cohen pousse la satire à son paroxysme pour mieux fustiger dans la joie et la bonne humeur la connerie humaine. L'intrigue est très simple: Brüno veut être une star, voire même devenir "'Autrichien le plus célèbre depuis Hitler". Ses talents de journaliste de mode n'étant plus reconnus à leur juste valeur, il débarque à Los Angeles, avant d'entamer un périple à travers les Etats-Unis. L'occasion pour l'humoriste, toujours dans le registre du faux documentaire, de piéger stars, politiciens, chasseurs, échangistes... Un petit monde hétéroclite que Brüno prend un malin plaisir à désarçonner, jusqu'à parfois créer le malaise.
Il faut voir Paula Abdul, face caméra, obligée de s'asseoir sur le dos d'un immigré mexicain tout en parlant de la nécessité d'aider les plus démunis ; ou encore cette mère de famille prête à tout pour que sa petite fille soit retenue à un shooting photo... y compris à la faire maigrir de cinq kilos en une semaine. Bref, Sacha Baron Cohen dresse un majeur fièrement tendu vers les conservateurs de tous poils et signe un pamphlet jouissif contre l'intolérance, l'homophobie et la bêtise en général.
Derrière ce vernis provocateur, on tient là un des films comiques les plus intelligents de ces dernières années. C'est sûr, Brüno ne fait vraiment pas dans la dentelle, mais ses frasques, à quelques exceptions près, font rire à s'en démettre les côtes. Une comédie mémorable donc, et un personnage appelé à rester dans les annales !
Jérôme Béalès
Vayet a écrit le 31/07/2009 à 18:12 :
"Le meilleur moyen de combattre le racisme ce sont les blagues racistes" Desproges. Je crois que tout est dit? ^^
Le Rustre a écrit le 29/07/2009 à 12:13 :
Rassurez-vous ceux quii n'aiment pas ses films ! A la vitesse où notre société se judiciarise, nous n'aurons plus rien à envier de l'humour de Benoît 16, Al Qaïda et autres "Fais ce que je dis pas ce que je fais".
alex a écrit le 28/07/2009 à 12:57 :
ynuc faut vraiment se decoincer un peu. c'est une pure satire point final. il denonce la connerie humaine sous le trait de l'humour. ou est le mal il adopte la méme demarche que mickael moore (lui aussi décrié) mais pas de la méme maniére.
Jérôme Béalès a écrit le 27/07/2009 à 20:18 :
Bonjour Ynuc, le personnage de Brüno est une pure caricature par le biais de laquelle il se moque de l'homophobie, et non pas des homosexuels. Certes, le personnage est antisémite, Autrichien, obsédé par le sexe ET homosexuel. Et alors ? Il s'agit d'un personnage fictif ! Cohen va peut-être très loin dans l'humour et la satire et l'on est en droit de ne pas adhérer aux côtés très vulgaires du film. Mais impossible de le qualifier d'homophobe, de raciste ou que sais-je encore. C'est justement le contraire ! Bref, d'accord pour dire que ce type d'humour ne puisse pas plaire à tout le monde mais quant à le qualifier de "nazisme à la sauce britannique", je vous laisse la responsabilité de vos propos. Cordialement, Jérôme Béalès
Ynuc a écrit le 27/07/2009 à 11:59 :
Pas d'accord du tout! Le film part du postulat qu'un homosexuel est forcément obsédé par le sexe et qu'un autrichien est forcément obsédé par le nazisme. Le film tend à prouver qu'il n'y a rien de plus ridicule et de plus vicieux sur Terre qu'un homosexuel autrichien. Tout les gags prouvent la bêtise, la vulgarité, l'hystérie, le racisme du personnage. Lorsqu'on a vu le film on ne souhaite vraiment à personne d'être autrichien ou homosexuel. C'est du pure NAZISME à la sauce britannique.
cha a écrit le 25/07/2009 à 17:58 :
je suis convaincue! S.B.Cohen est délirant dans les films dans lesquels il joue. Et je trouve ça bien que vous disiez que derrière le personnage fou et provoc' il y a de vraies revendications sur notre systeme en général. C'est une sorte de michael moore à l'humour plus eguisé si je puis dire! :) et puis vu la période dans laquelle nous vivons hein, un peu de légèreté ne nous fera pas de mal! sur ce, bon film !
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