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Beaucoup de sortie en cette semaine estivale. A retenir surtout La Joueuse sur les échecs et la sensualité, avec le jeu subtil de Sandrine Bonnaire, et Marching Band, un documentaire de Claude Miller sur les fanfares américaines soutenant la candidature de Barack Obama.

La joueuse

 Avec « Joueuse », drame librement inspiré du roman de Bertina Henrichs, « la Joueuse d’échecs », Caroline Bottaro signe un beau film. L’histoire d’une métamorphose. Hélène (campée par une toujours très sensible Sandrine Bonnaire), femme de chambre dans un hôtel corse — le célèbre « Les Roches Rouges » à Piana — mène une vie discrète, monotone et effacée. Un jour, par hasard, elle surprend un couple d’Américains en pleine partie d’échecs. La vie d’Hélène va alors basculer. Aidée par le mystérieux docteur Kröger (excellent Kevin Kline), Hélène va se découvrir une véritable passion pour ce jeu. Avec subtilité, la réalisatrice manie la métaphore du jeu d’échecs, où un mouvement en entraîne un autre. Ce mouvement, il devient également perpétuel chez Hélène qui va prendre confiance en elle et s’émanciper de son environnement pesant (à commencer par son mari). Une réussite.

Marching Band

Un pari osé pour Claude Miller, réalisateur du fabuleux « Garde à vue » : raconter dans un documentaire la présidentielle américaine à travers les portraits d’étudiants jouant dans les marching bands. Ces fanfares universitaires sont de véritables institutions au pays de l’Oncle Sam. On découvre des jeunes gens dont l’engouement et l’espoir suscités par Barack Obama impressionnent. Ce documentaire, bien rythmé, saisit à merveille les temps forts d’une campagne qui a passionné des millions d’Américains.

 G.I Joe, le réveil du cobra

Après les Transformers, place à l’adaptation sur grand écran des célèbres jouets G.I Joe. Sans surprise, on a droit à notre quota d’explosions, de fusillades et d’effets spéciaux numériques. De ce côté-là, pas de souci, les amateurs de blockbusters dopés à la testostérone en auront pour leur argent. Dommage que l’humour soit si bas de plafond, que les clichés se ramassent à la pelle et que Channing Tatum, dans le rôle principal, n’ait pas encore appris à avoir plus de deux expressions dans son jeu. Restent tout de même des scènes d’action jouissives, et notamment une incroyable course-poursuite sur les Champs-Élysées ! Rien que pour ça, le long-métrage de Stephen Sommers vaut le coup d’œil.

 Zion et son frère

Les relations tumultueuses entre deux frères, Zion (14 ans) et Meir, dans une famille israélienne d’Haïfa. Le jour où un jeune immigré éthiopien du quartier meurt accidentellement par leur faute, les deux frangins décident de garder le secret. Famille déchirée, ados en perte de repères, violence rentrée prête à éclater à tout instant… Pour son premier long-métrage, Eran Merav signe une œuvre aride, esthétiquement pauvre et au scénario inabouti. Dommage, car les acteurs, dont le formidable Reuven Badalov, sont parfaits.

Portrait de femmes chinoises

Pourquoi faut-il que le cinéma d’auteur dit « social » offre en permanence une image laide à pleurer, ainsi qu’une mise en scène résumée à une succession de plans fixes ? Probablement parce que ces réalisateurs préfèrent s’en tenir à leur histoire et oublient que le cinéma est un art d’abord visuel. C’est une nouvelle fois le cas dans ce film de Yin Lichuan, où l’on découvre les difficiles conditions de vie d’un couple dans une grande ville du sud de la Chine. Jamais passionnante, cette chronique bénéficie néanmoins d’excellents interprètes. C’est peu.

 Soie

Adapté du roman éponyme d’Alessandro Barrico, « Soie » n’est qu’une boursouflure pseudo évanescente, dont l’académisme navrant peine à susciter plus qu’un bâillement étouffé. Certes, Keira Knightley s’avère parfaite en potiche et Michael Pitt fait très bien la moue. Quant aux décors et aux paysages, ils sont peut-être splendides, mais ne suffisent pas à rehausser l’intérêt de cette coquille vide et ennuyeuse.

Jérôme Beales et Jean-Christophe Chanut

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