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"The informant", "500 jours ensemble", "Guerre des gangs", "Thirst, ceci est mon sang" et "Ultimatum".

"The informant"

Cette fois ci, c’est une comédie à l’humour grinçant - The Informant - que nous livre le très prolifique Steven Soderbergh (Che, trilogie des Ocean’s). Le réalisateur s’est inspiré de faits réels pour nous raconter l’histoire de Mark Whitacre (impeccable Matt Damon), cadre sup de ADM - une multinationale de l’agroalimentaire. Notre homme décide soudain de dénoncer les pratiques frauduleuses de son entreprise, à commencer par les ententes illicites. Le problème c’est que Whitacre est loin d’être blanc comme neige et qu’il a lui-même tiré profit de toutes ces magouilles. Dès lors, pour bénéficier de la clémence des autorités, il va devoir collaborer avec le FBI et piéger ses anciens patrons. La force du film de Soderbergh est de nous faire progressivement découvrir la psychologie pour le moins incertaine de Whitacre. Celui que l’on prend au départ pour un repenti un peu naïf, s’avère, en réalité, être un redoutable mythomane manipulateur cherchant même à berner les agents du FBI. Sous ses allures de gros nounours, il a réussi à extorquer des millions de dollars à ADM. Soderbergh a été subjugué par cette invraisemblable (et pourtant vraie) histoire. Et cela se voit.

 

 

 

500 jours ensemble

Bonne nouvelle ! La comédie romantique n’est plus synonyme de love story sucrée. En témoigne le premier film plein de fantaisie de Marc Webb. L’histoire d’un "garçon qui rencontre une fille", comme l’annonce dès le départ la voix off. Sauf que le réalisateur met une pagaille folle et une bonne dose d’humour dans cette intrigue qui semble courue d’avance. Et c’est diablement rafraîchissant.

 

 

Guerre des gangs

L’auteur de "La Vida Loca", Christian Poveda, n’assistera pas à la sortie dans les salles de son excellent documentaire. Il a été tué par balles dans la nuit du 2 au 3 septembre dernier, quelque part dans le nord de San Salvador, la capitale du Salvador. Et ce décès a, sans doute, un rapport direct avec son opus. De fait, Christian Poveda s’est immergé pendant un an dans le quotidien de la "Mara 18" l’un des plus terribles gangs sévissant en Amérique centrale, du Mexique au Guatemala en passant par le Honduras et le Salvador. Les Maras, ce sont ces bandes de jeunes d’une violence inouïe qui vivent de trafics en tout genre, notamment de drogue, et terrorisent la population. Ces gangs se divisent en diverses "familles" (la Mara 18, la Mara Salvatrucha) qui sont sans cesse en concurrence. Et la police leur mène la vie dure. Résultat, pour le seul Salvador, 3.497 homicides ont été comptés en 2007, soit près de 10 par jour. Autorisé à filmer de l’intérieur, Poveda nous montre cette violence quotidienne pleine de fureur, d’assassinat, de coups, de descentes de flics, d’emprisonnement. Mais le réalisateur va au-delà : il raconte la vie interne des bandes où les jeunes femmes tentent d’élever leurs bébés, où règne une sorte de solidarité, où certains tentent de s’en sortir – avec l’accord tacite des chefs de la Mara – en montant une boulangerie de quartier. Mais, in fine, on sent du pessimisme chez Poveda. Ces pays sont trop miséreux pour enrayer le phénomène des Maras.

 

Thirst, ceci est mon sang

Convoquer le Thérèse Raquin d’Emile Zola dans un mélodrame vampirique, il fallait oser. Park Chan-Wook l’a fait, plutôt brillamment d’ailleurs, même si le rythme du film n’est pas toujours bien équilibré. Qu’importe, puisque le mélange des genres, entre romance, érotisme et violence, fonctionne très bien. Alliant mise en scène aérienne (certains plans de caméra sont vraiment magnifiques) et interprétation habitée de tous les comédiens, l’histoire de Sang-Hyun le prêtre vampire se suit avec passion. Même si le cinéaste coréen ne parvient pas à retrouver l’hallucinante maîtrise scénaristique d’"Old Boy", "Thirst" renouvelle un genre ultra codifié avec maestria et comporte suffisamment de fulgurances esthétiques pour emporter l’adhésion. On attend donc sa prochaine livraison avec impatience.

 

 

Ultimatum

Les hurlements hystériques de Michel Boujenah, dès la scène initiale, n’annoncent rien qui vaille. Et cette première impression se confirme tout au long de ce film dont l’intrigue est essentiellement basée à Jérusalem à la veille de la première guerre du Golfe. C’est là que Luisa et Nathanaël ont élu domicile. Sauf que ces deux-là sont rarement sur la même longueur d’onde. Et passent leur temps à se déchirer. D’une caméra vibrionnante Alain Tasma (réalisateur de l’excellent "Nuit Noire, 17 octobre 1961") hésite entre se focaliser sur leur histoire (déjà vue ailleurs à de nombreuses reprises) ou sur les dommages collatéraux du conflit (plus rarement traités au cinéma). Ce qui tient le spectateur à distance.

Jérôme Béalès, Jean-Christophe Chanut, Yasmine Youssi

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