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cinéma : les sorties de la semaine Loisirs / Sur les écrans
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Source : La Tribune.fr - 09/02/2010 | 15:56 - 1408 mots  | 

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Les deux mousquetaires

"L'autre Dumas" raconte, avec talent, les relations tumultueuses qu'entretenait Alexandre Dumas avec son nègre littéraire Auguste Maquet.

L'autre Dumas

C’est bien connu, les trois mousquetaires étaient quatre. En revanche, on sait moins qu’Alexandre Dumas (père) était... deux. Car l’auteur du Comte de Monte-Cristo avait un nègre littéraire : Auguste Maquet, un inconnu, quasi oublié par l’histoire. Pourtant, qu’aurait été le destin d’Alexandre Dumas s’il n’avait pas été flanqué de son fidèle Maquet. En réalisant "L’Autre Dumas", Safy Nebbou, s’emploie à réhabiliter le nom de Maquet. Et il s’en sort bien.

L’action se situe peu avant la révolution de 1848. La réputation de Dumas (Gérard Depardieu) n’est déjà plus à faire. C’est un héros littéraire (Les trois mousquetaires sont déjà parus, tout comme les aventures d’Edmond Dantès), mais aussi un républicain, depuis son engagement lors des trois journées glorieuses de 1830. A l’inverse, à ses côtés, très effacé, trottine ce pauvre Auguste Maquet (Benoît Poelvoorde), le nègre littéraire (et royaliste), donc, de Dumas. Ce dernier n’arrête pas de lui donner des ordres, des indications, lui demande de finir au plus vite "Vingt ans après". Dumas relit, fignole, ajoute, embellit sa prose. Maquet est subjugué. Mais, un jour, alors que les deux hommes inséparables sont en villégiature dans une auberge de Trouville, la jeune Charlotte (Mélanie Thierry) vient demander secours à Dumas. Elle se trompe de chambre et, sans le savoir, s’adresse à Maquet qui, immédiatement, tombe amoureux de la jeune dame. Maquet va alors se faire passer pour Dumas. Les relations entre le vrai et le faux Dumas vont bien sûr dégénérer.

C’est un film sur l’identité, le double, l’ombre et la lumière que réussit Nebbou. Depardieu-Dumas écrase le film. L’homme est sûr de lui, hautain, méprisant, égocentrique, rabelaisien. Du sur mesure pour Depardieu qui n’a pas à forcer son talent. Poelvoorde-Maquet, à l’inverse, joue à merveille l’effacement, le besogneux-laborieux. Sa seule place est dans l’ombre du grand homme. Il veut exister mais, en réalité, il ne vit qu’à travers Dumas qui le subjugue. Poelvoorde montre, une fois encore, qu’il est un acteur complet et non simplement un comique.

Parallèlement, et c’est l’une des forces du film de Safy Nebbou (déjà réalisateur du "Cou de la girafe" et de "L’empreinte de l’ange", la dialectique hégélienne du maître et de l’esclave est ici magistralement illustrée. Quand Auguste Maquet décide de prendre le large et de s’émanciper, Dumas s’effondre. Il n’est plus rien, n’arrive plus à écrire une ligne. Le génie de Dumas a besoin de la plume plate mais foisonnante de Maquet. Finalement, ces deux hommes sont inséparables. In fine, ni leurs idées politiques différentes, ni les femmes (Dominique Blanc est excellente dans le rôle de la maîtresse de Dumas) ne parviendront à les séparer. Seulement la mort. Dumas est au Panthéon, Maquet au Père-Lachaise. Et sur sa tombe est écrit : "Les trois mousquetaires", "Le comte de Monte-Cristo", "La reine Margot". Un début de reconnaissance que ce bon film devrait confirmer.

 

LES AUTRES SORTIES DE LA SEMAINE

De "Lovely Bones" à "12"

Il est des semaines comme cela, capables de déjouer tous les pronostics. Après le carton de la trilogie du "Seigneur des anneaux", on attendait avec impatience le dernier film de Peter Jackson, "Lovely Bones". D’autant que le réalisateur y mêle thriller, fantastique et comédie dramatique pour conter l’histoire d’une préadolescente assassinée, observant, depuis l’au-delà, les siens se débattre avec leur souffrance. Il y a là son père (Mark Wahlberg) décidé à mettre la main sur le tueur, tandis que sa mère (Rachel Weisz) préfère quitter le domicile conjugal pour faire son deuil, laissant ses enfants à la garde d’une grand-mère givrée (géniale Susan Sarandon). Le réalisateur témoigne une fois de plus d’une écriture cinématographique propre. Chose étrange, ce sont les scènes fantastiques qu’il réussit le moins abusant d’une esthétique extrêmement léchée qui finit par faire perdre au film sa crédibilité.

Alors autant se tourner vers les outsiders. "12", de Nikita Mikhalkov par exemple, réalisé il y a plus de deux ans d’après "Douze hommes en colère" de Sidney Lumet. Un "remake" à la sauce russe ? Le réalisateur réussit au contraire une œuvre diablement originale, toute en nuance. Un huis clos captivant et passionnant entre douze jurés chargés de décider du sort d’un jeune Tchétchène. Parmi eux, un chauffeur de taxi, un vieux juif, un cheminot, un chirurgien du Caucase ou le PDG "bling-bling" d’une chaine de télé. A travers leurs réactions, leur histoire, c’est la Russie d’aujourd’hui qu’évoque avec force Mikhalkov.

Côté performance, la palme revient à Jim Carrey dans "I love you Phillip Morris" produit par Luc Besson. L’acteur au corps caoutchouc y endosse le rôle d’un homme rejeté par les siens après avoir fait son "coming out". Devenu escroc, il se retrouve en prison où il rencontre l’homme de sa vie (Ewan McGregor). John Requa et Glenn Ficarra signent une comédie romantique déjantée aux couleurs éclatantes. Produite par Luc Besson, elle dénonce avec force l’homophobie et le puritanisme de la société américaine. Dommage que la seconde partie ne soit pas aussi enlevée que la première.

 

La horde très sauvage

 

Dans la banlieue nord de Paris, un groupe de policiers de choc vient arrêter une violente bande de malfrats réfugiés dans une tour sinistre. Mais une horde de zombies les attaquent. Flics et voyous sont donc condamnés à s’unir pour affronter l’ennemi commun. Réalisé par Yannick Dahan et Benjamin Rocher, "La horde" est une tentative assez convaincante de faire renouer le cinéma français avec le film de genre. Certes, l’opus souffre de lacunes (jeu d’acteurs approximatif, dialogue faiblards) mais l’action est haletante et il y a pas mal d’humour. Les scènes gores avec les morts-vivants sont bien vues. Et l’idée de placer l’action dans une banlieue "chaude" est intéressante. A voir pour les amateurs du genre.

 

C’est parti… mon parti

 

Comment naît un parti politique ? Voilà une question toute simple rarement abordée, notamment par le cinéma. Avec "C’est parti", la jeune réalisatrice Camille de Casabianca comble cette lacune en nous racontant sans aucune fioriture comment la Ligue communiste révolutionnaire, créée en 1973, à décidé de s’auto dissoudre pour donner naissance au Nouveau parti anticapitaliste (NPA). La réalisatrice – elle même ancienne de la Ligue – a suivi, caméra au poing, les principaux acteurs de ce changement. On voit ainsi la vieille garde trotskiste - Alain Krivine, François Sabado, Daniel Bensaid (récemment décédé) ainsi que la relève (médiatiquement incarnée par Olivier Besancenot) faire le grand ménage de l’immeuble historique de la Ligue à Montreuil (métaphore involontaire ?). On assiste à l’université d’été où tout le monde se retrouve pour d’interminables débats dont la formation a le secret. Certes, le film est un peu décousu. Mais les amateurs de politique apprécieront. Et puis, il y a un fort côté nostalgique en voyant ces vieux révolutionnaires, très humains, très émus de passer le flambeau à leurs cadets. Une histoire de famille en somme.

 

 

Jeannot l’intrépide

 

Quelle bonne idée que de ressortir dans les salles le premier dessin animé long métrage français. C’est en effet en 1950 que Jean Image a réalisé "Jeannot l’Intrépide", une adaptation libre du "Petit Poucet". Certes, le film a un peu vieilli, notamment au niveau de la bande son et des images. Il n’en reste pas moins que la poésie demeure et que la qualité du scénario séduira encore les bambins d’aujourd’hui. A cet égard, on se régale en découvrant Insecteville, cette petite citée où débarque Jeannot, peuplée de fourmis, abeilles et autres animaux rampants. C’est très bien fait.

Loup y es-tu ?

 

Préoccupé par la disparition de son frère, un aristocrate anglais Edward Talbot (Benicio del Toro) regagne la demeure familiale où se terrent son père (Anthony Hopkins, inimitable) et sa belle sœur (Emily Blunt). Son enquête le mène sur la piste d’une créature qui terrorise les villageois. Bientôt il ne peut plus renoncer à la traque. Adaptation fidèle du "Wolfman" de 1941 avec Lon Chaney, le film de Joe Johnston fait mouche grâce à ses effets spéciaux. Les rues de Londres à l’époque victorienne ou les loup garous animés sont juste à tomber. A condition de vouloir les regarder en face.

 

Percy Jackson pas foudroyant

 

Apparemment rien ne distingue Percy Jackson de ses camarades. Jusqu’au jour où la mythologie grecque s’invite dans sa vie. Accusé d’avoir dérobé la foudre de Zeus, le jeune homme, fils de Poséidon doit atteindre l’Olympe pour s’en justifier. Pas exactement le coup de foudre. La tentative de Chris Colombus, réalisateur de "Harry Potter à l’école des sorciers", de mettre les récits mythologiques au goût du jour s’avère un tantinet vulgaire, mais rafraîchissante. Adapté de la série de romans à succès de Rick Riordan, "le voleur de foudre" pourrait être le premier d’une longue série.

Jean-Christophe Chanut, Charles faugeron et Yasmine Youssi

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