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Source : La Tribune.fr - 09/03/2010 | 14:52 - 1211 mots  | 

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Les chèvres du Pentagone

Avec "Les chèvres du Pentagone", le réalisateur Grant Heslov réussit une comédie souvent hilarante portée par George Clooney qui en est également producteur.

film Les chèvres du Pentagone

Dans sa lutte acharnée contre le mal, George W. Bush avait heureusement pensé à tout. Et notamment à réactiver une unité de l'armée américaine dont les soldats avaient été recrutés pendant la guerre froide pour leurs pouvoirs paranormaux. Abracadabrantesque ? Pas vraiment à en croire le journaliste Jon Ronson qui a longuement enquêté sur le sujet et dont le livre "Les chèvres du Pentagone" est aujourd'hui adapté au cinéma dans un film au titre éponyme signé Grant Heslov.

Tout commence dans un bled paumé du fin fond des Etats-Unis à l'orée des années 2000. Bob Wilson (Ewan McGregor) exerce le doux métier de journaliste. Sauf qu'il n'a pas grand-chose à se mettre sous la dent pour ses articles. Pire encore. Sa femme le quitte pour son patron. Alors pour impressionner cette dernière, et l'attendrir surtout, notre homme met le cap sur l'Irak avec l'idée de se faire reporter de guerre. Et rencontre à cette occasion Lynn Cassady (George Clooney).

Ce soldat américain aux pouvoirs surnaturels (il peut lire dans les pensées de ses ennemis, savoir où se trouve un document) avait été engagé par Bill Django (Jeff Bridges) un ancien du Vietnam reconverti aux idées New Age. Le Pentagone n'y a rien eu à redire et a même accepté de lui confier un département où les soldats pourraient apprendre à faire la guerre autrement. Sous LSD par exemple. Ou en apprenant à jouer du "regard qui tue". Bref en usant "des forces de l'esprit".

Difficile, ici, de ne pas penser aux comédies des frères Coen. Grant Heslov témoigne d'un sens du burlesque certain. Le réalisateur multiplie les répliques qui font mouche, des situations absurdes souvent très drôles. Surtout lorsque Clooney évoque ses années de formation.

Jeff Bridges, lui, s'en donne à cœur joie dans le rôle du gourou avec chignon et barbichette qui profite du climat de la guerre froide pour imposer les expériences les plus délirantes aux hommes sous ses ordres. Et George Clooney est parfait pour interpréter avec sérieux les débiles. Comme dans "O'Brother" ou "Burn after reading" de Joel et Ethan Coen.

Pas étonnant que le comédien ait également souhaité produire le film. Car cette farce antimilitariste prend un malin plaisir à tourner en ridicule la puissante armée américaine dans sa guerre en Irak où elle n'a pas hésité à faire appel à des milices privées. Des équipes si douées qu'elles en viennent à se tirer dessus. Dommage que l'ensemble ressemble parfois à une succession de sketchs maladroitement agencés, comme si Heslov ne parvenait pas à maintenir cette histoire si énorme qu'on a quand même du mal à y croire. Reste qu'on y rit beaucoup.

LES AUTRES SORTIES EN SALLE

La rafle

La réalisatrice Rose Bosch s'est, pour "La rafle", plongée dans une foultitude de témoignages mais aussi de documents relatant les tractations du régime de Vichy avec les nazis pour préparer la rafle du Vel d'Hiv. Partant de là, elle a ensuite imaginé l'histoire d'un gamin de la Butte Montmartre dont les parents (formidables Gad Elmaleh et Raphaëlle Agogué) avaient fui la Pologne pour la France où ils se croyaient protégés. Jusqu'à ce que la police française vienne sonner chez eux au matin du 16 juillet 1942, les parque au Vel d'hiv (dont la réalisatrice a reconstitué l'enfer avec soin), avant de les expédier au camp de Beaune-la-Rolande. Rose Bosch réussit un film de facture classique, formidable et nécessaire, d'une sobriété exemplaire, embrassant l'Histoire sans grandiloquence à voir avec ses enfants (dès 10 ans). Elle ne tombe jamais dans le manichéisme. A l'abjection d'un Laval ou d'un Pétain d'accord pour envoyer les juifs à la mort du moment que cela ne nuit pas à son image, à la bêtise d'une boulangère "collabo", elle oppose une infirmière (Mélanie Laurent) prête à tout pour venir en aide aux enfants et à leurs parents, des pompiers qui refusent de laisser les prisonniers du Vel d'Hiv mourir de soif. Des histoires vraies. Et c'est bouleversant.

 

Le rêve italien

Avec Le rêve italien, le metteur en scène Michele Placido (à qui l'on doit Romanzo Criminale) nous raconte son histoire. Lui qui a été réellement flic avant de s'orienter vers le cinéma. Le héros du film est donc un jeune flic (excellent Riccardo Scarmacio) pauvre, passionné de théâtre, qui se retrouve à Rome durant l'année 1968. So profil conduisent ses supérieurs à lui demander d'infiltrer le milieux estudiantin de l'université de Rome en pleine ébullition. C'est là qu'il rencontre Laura (Jasmine Trinca, parfaite) dont il tombe amoureux alors qu'elle sort déjà avec le leader du mouvement de contestation. Une romance qui fait songer à "Jules et Jim". Mais derrière cette histoire d'amour, c'est celle du pays qui s'écrit. Et Placido raconte à merveille la révolte de cette jeunesse avide de liberté, étouffant dans l'Italie catholique de l'époque.

 

Fleur du désert

L'histoire de Waris Dirie est digne des contes de fées. Mais comme tout dans tous les contes, la fin heureuse n'est que l'aboutissement de multiples épreuves. Issue d'une famille de nomades somaliens, Waris décide de s'enfuir de son désert à 13 ans lorsque son père veut la marier à un vieil homme. Après un arrêt à Mogadiscio, elle se retrouve bonne à tout faire à l'ambassade de Somalie à Londres, puis sans papiers et sans abris, puis employée dans un fast-food, puis enfin, mannequin mondialement reconnu. Adapté du livre autobiographique "Fleur du Désert" de Waris Dirie, publié en 1997, le film signé Sherry Hormann s'attache à retracer le parcours du top model qui fit découvrir au monde l'existence de l'excision, consacrant sa vie à combattre ses mutilations sexuelles - qui touchent encore 150 millions de femmes. Le mannequin Liya Kebede incarne avec douceur et sensibilité cette héroïne des temps modernes, donnant ainsi une force et une émotion toute particulière au film.

 

L'enfer entre mère et filles

Si "l'enfer c'est les autres", pour une mère, ce sont parfois ses filles. L'espagnole Pilar (Carmen Maura) a élevé les siennes (Emmanuelle Seigner, Valérie Dreville et Christèle Tual) en France. Alors qu'elle noue une relation avec le gérant de son immeuble (André Dussolier), ces dernières lui tombent dessus, déversant leur flot de frustrations. Comme toujours chez Yasmina Reza, c'est dans la confrontation avec l'autre qu'une personne se révèle. Elle pose en plus ici une question bouleversante : à quoi tient un destin ? La dramaturge réussit son passage derrière la caméra en signant un film au bord de la crise de nerfs. Il y a du Almodovar chez Reza la cinéaste.

 

De l'art ou du cochon

Depuis son plus jeune âge, Machisu occulte le réel pour se consacrer à sa passion, la peinture. Parvenu à l'âge adulte, difficile de passer du statut d'élève doué à celui de maître respecté. Avec "Achille et la tortue", Takeshi Kitano (qui n'apparaît qu'au bout d'une heure vingt) se moque de l'artiste et de lui même dans ce film, sur un ton pince-sans-rire irrésistible. Et sous ses airs de ne pas y toucher, dévoile une vraie réflexion sur l'art.

 

Pour la vie

Bérengère et Vincent se marient dans le respect des traditions bourgeoises. Mais "le plus beau jour de leur vie" connaît bien des aléas. Prêtre ronchon, révélations inopportunes, personnages hauts en couleurs... Tout y est. Malgré les clichés aux grosses ficelles, on se réjouit de cette "Pièce montée" signée Denys Granier-Deferre, comédie grinçante où Danielle Darrieux et Jean-Pierre Marielle volent la vedette au couple de jeunes mariés Clémence Poesy-Jérémie Renier.

Marine Cluet, Charles Faugeron, Sophie Peters et Yasmine Youssi

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  • 74cricri a écrit le 13/03/2010 à 20:26 :

    • Hilanrante ? Je rentre de cinema. Le chemin de retour à la maison m'a fait rire beaucoup plus. Un film à voir devant la télé. Les popcorns sont un plus au ciné.

  • Promété a écrit le 12/03/2010 à 21:43 :

    • Des vrais faits prometteurs « Les chèvres du Pentagone » Cette incroyable comédie repose sur des faits similaires qui ont déjà minimisé ou évité des conflits. Ce fait est estimable aujourd'hui. Voir : http://forums.lesinsoumis.org/viewtopic.php?f=142&t=1641&p=18419#p18419 en fin de page : le 9.03 à 10 h 26 source : http://www.opednews.com/articles/Taking-The-Men-Who-Stare-a-by-Dr-David-Leffler-091215-967.html

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