Contenu :
Le réalisateur mythique Terrence Malick signe un long clip visuel dont la beauté des images et la musique masquent une absence totale de scénario. La présence de Brad Pitt et Sean Penn n'y fait rien. On s'ennuie ici à mourir.
On a frôlé l'émeute lundi matin au Festival de Cannes. Pris d'assaut, le Grand Théâtre Lumière n'a pu accueillir journalistes et invités malgré ses 2.000 places. Du coup, il a fallu ouvrir la grande salle du Soixantième aux recalés. Et là encore, tout le monde n'a pas pu entrer, ce qui a provoqué des crises d'hystérie.
C'est que « Tree of life », le dernier film de Terrence Malick, est incontestablement l'œuvre la plus attendue de cette 64ème édition. Pour son affiche tout d'abord. Pour avoir réalisé cinq films en quarante ans de carrière - parmi lesquels « Les moissons du ciel » et « La ligne rouge » - Malick a acquis le statut de cinéaste mythique. Et il réunit cette fois-ci Brad Pitt et Sean Penn à l'écran. Enfin, « Tree of life » aurait déjà dû être présenté aux festivaliers l'an passé. Mais le réalisateur n'avait pas terminé son film à temps.
Qu'a-t-il fait pendant un an ? Du remplissage incontestablement. Car « Tree of life » ressemble au final à un long (pour ne pas dire interminable) clip dont les belles images et la musique grandiloquente masquent une absence totale de scénario.
Il perce néanmoins de tout cela un petite histoire. Celle de Jack (Sean Penn), architecte dans un grand cabinet des Etats-Unis. Saisi d'un mal-être des plus étouffants, il se replonge dans ses souvenirs d'enfance. Direction le Texas des années 1950. L'enfant doit partager l'amour inconditionnel de sa mère, une femme d'une générosité débordante, avec ses deux frères cadets. Sans oublier son papa (Brad Pitt), autoritaire, qui l'oblige à l'appeler père ou monsieur et lui impose une discipline de fer. Reste que l'homme est aimant et croit faire au mieux avec ses enfants. On apprend au passage, grâce à la voix off, que l'un des frères est mort à 19 ans, mais Terrence Malick n'a pas jugé bon de nous expliquer pourquoi et comment.
Cette partie là, déjà racontée mille fois par d'autres, hantée par une vision très évangéliste du monde, ne doit pas représenter plus d'un tiers du film. Alors pour meubler, le réalisateur s'en est allé filmer l'univers, les océans, les volcans, convoquant Jacques Perrin, Haroun Tazieff et même les gentils dinosaures de Jurassic Park. Certes, les images sont superbes. Mais on ne comprend pas vraiment l'intérêt d'avoir accolé un documentaire animalier à l'intrigue. « J'espère que « Tree of Life » parlera à toutes les cultures » s'enthousiasmait Brad Pitt lors de la conférence de presse. Encore aurait-il fallu qu'il ait quelque chose à dire.
simon a écrit le 10/06/2011 à 15:32 :
Tout le monde n'est pas obligé de partager votre avis Schoeller... Le film est parfaitement filmé, la lumière magnifique et les acteurs excellents. A part ça je le trouve très mauvais et particulièrement ennuyant et pompeux. Ce n'est pas le manque de scénario (Kusturitza et Lynch s'en sortent sans véritable scénario non plus ou plutôt sans scénario conventionnel) mais bien le message qui est véhiculé, mystique voire sectaire, la meilleure bande annonce pour un congrès sur le "dessein intelligent". Quelle lourdeur et quel ennui! Pour ma part je trouve que Malik a été autrement inspiré par le passé.
schoeller a écrit le 07/06/2011 à 12:19 :
..c'est assez sidérant de voir comment, toujours, l'extraordinaire intelligence, simple, évidente, limpide et profonde, de certains artistes, reste, quelquesoit les époques, même les plus modernes et avancées, completement aveugle et sourde à certaines personnes vivant et partageant ces époques. La bêtise et une certaine arrogance à y demeurer semblent aussi universelles que l'intelligence et la lumière .
Hector banel a écrit le 30/05/2011 à 23:51 :
Les commentaires de Yasmine Youssi me rappelle ceux qui prévalaient à la sortie de 2001 l'odysée de l'espace. A l'époque on avait osé parler du manque d'imagination de Stanley Kubrick. Or le film de Mallick est proprement un chef-d'oeuvre. Ce film transcendantale est un hymne d'humanité et une réflexion profonde sur le mal. Personne ne filme la nature, les visages et notre "être-là" au monde comme le fait Mallick. Il faut écouter le sermon du prêtre pour être subjuguer par tant d'intelligence (il n'y a que Bossuet pour écrire d'aussi puissantes oraisons funèbres). Merci à ce réalisateur trop rare. A revoir pour méditer et espérer.
Vincent a écrit le 18/05/2011 à 16:51 :
Le fils est probablement mort au Vietnam... Vu qu'on le voit enfant dans les années 50 (le petit blond). je vous invite à revoir le film!
Vincent a écrit le 18/05/2011 à 16:49 :
"Mais on ne comprend pas vraiment l'intérêt d'avoir accolé un documentaire animalier à l'intrigue" -> Si vous ne comprenez pas ce n'est pas de la faute de Malick. L'intérêt est pourtant évident pour beaucoup de gens. Si vous parlez d'intrigue c'est que vous n'avez pas compris le film, car il n'y a pas d'intrigue, ni de scénario, au sens où on l'entend généralement.
> Retour haut de page
Tout le monde n'est pas obligé de partager votre avis Schoeller... Le film est parfaitement filmé, la lumière magnifique et les acteurs excellents. A part ça je le trouve très mauvais et particulièrement ennuyant et pompeux. Ce n'est pas le...
par simon le 10/06/2011 à 15:32
|
Les plus commentés |
|
Les plus envoyés |
| Les plus lus |
Pied de page :