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C'est un objet indéfinissable qui n'en est pas moins diablement réjouissant. Car "Pater" d'Alain Cavalier, prix du jury pour « Thérèse » en 1986, ne ressemble à rien de ce qui se fait aujourd'hui. Le réalisateur s'est ainsi glissé dans la peau d'un président de la république française, conviant Vincent Lindon à jouer les premiers ministres face à une camera légère brandie par l'un ou par l'autre. Entre écriture et improvisation, scènes réelles saisies sur le vif (comme celle mémorable dans laquelle le comédien raconte une discussion qu'il a eu avec son propriétaire) et scènes de fiction, les deux hommes - liés dans la vraie vie par une amitié très forte et une relation quasi filiale - s'en donnent à cœur joie et mettent au point une loi visant à réguler l'inégalité salariale au sein des entreprises. Les premières scènes sont proprement jubilatoires. Il faut voir Vincent Lindon expliquer qu'il veut retirer la légion d'honneur et la sécurité sociale aux évadés fiscaux. Ou encore cette autre scène où il explique qu'il se prend tellement au jeu du film qu'il ne comprend pas que le gouvernement ne le consulte pas pour régler les affaires du pays. Et même si "Pater" traine parfois en longueur ou se répète, Cavalier nous offre là quelque chose de drôle, censé, mais surtout très original.
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