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Il a quitté sa Finlande natale pour planter sa caméra au Havre. Et c'est un régal. Car Aki Kaurismäki, grand prix du jury en 2002 pour « L'homme sans passé » a su recréer dans la ville normande cet univers si particulier qui est le sien. Un monde vintage façon fifties où se côtoient gueules cassés et abimés de la vie. Cette fois-ci, c'est de Marcel Marx (André Wilms) dont il est question. Ancien écrivain devenu cireur de chaussure, il se prend d'affection pour un enfant arrivé clandestinement d'Afrique, recherché par la police comme s'il s'agissait d'un criminel de haut vol. Mais il y a là aussi une foultitude d'autres personnages, comme ce policier sanglé sans son imper noir et coiffé d'un chapeau de couleur identique (formidable Jean-Pierre Darroussin) qui a quand même su garder une part d'humanité.
Dans la ligne de mire du réalisateur : la politique d'immigration du gouvernement français. Mais aux longs discours militants, Kaurismäki oppose l'humour, le sens de l'absurde, la beauté de l'image et la poésie, surtout. Jamais Le Havre n'a été filmé comme cela, baigné d'une lumière de ville du Nord. Jusqu'à en devenir une cité magnifique dont les lignes géométriques strictes des constructions d'après-guerre sont humanisée par le quartier où survivent encore de jolies petites bicoque. De quoi faire de la ville un personnage à part entière du film.
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