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64e édition

"Drive", divine surprise cannoise signée Nicolas Winding Refn

Source : La Tribune.fr - 20/05/2011 | 19:14 - 342 mots  | 
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Pour sa première sélection officielle cannoise avec « Drive », le danois Nicolas Winding Refn fait d'un film d'action une magnifique histoire d'amour portée par une puissante écriture cinématographique et un sens du rythme certain.

Pour beaucoup de festivaliers, c’était plié à l’issue de la projection. La palme d’or reviendrait cette année à « Le Havre » d’Aki Kaurismäki. Aux dires de certains distributeurs américains, l’information leur aurait même été confirmée par des membres du jury. Et puis, hier soir, le Danois Nicolas Winding Refn, un petit nouveau en sélection officielle, a déboulé sur la Croisette, son « Drive » sous le bras. Un film de genre d’une rare puissance, bourré d’action, porté par un sens du rythme, de la mise en scène et de la direction d’acteur certains. De quoi ravir les festivaliers et remettre les compteurs à zéro pour la palme d’or. Car il y a là largement de quoi satisfaire Robert de Niro, le président du jury.
Nous sommes à Los Angeles, ville tentaculaire dans laquelle un jeune loup solitaire s’adonne à sa passion pour les voitures. On l’appelle « The driver », parce que le jour, il joue les cascadeurs. La nuit, il véhicule des braqueurs sur le lieu de leur forfait, leur donne cinq minutes sur place, et les récupère à la sortie pour les perdre ensuite dans la nature. Une vie bien remplie en somme et qui semble lui convenir. Jusqu’au jour où il tombe amoureux de sa voisine (Carey Mulligan), mère d’un petit enfant pour lequel il se prend d’affection. Et lorsque le père de ce dernier sort de prison, il accepte de l’accompagner sur un braquage pour éviter à la femme qu’il aime les pires ennuis.
« Drive » renvoie au meilleur du cinéma américain. Aux grands films des James Gray (la violence en moins), mais aussi Brian de Palma ou même Martin Scorsese. Nicolas Winding Refn fait de ce film d’action une magnifique histoire d’amour dont l’écriture cinématographique laisse sans voix. Il signe des plans proprement vertigineux. Et que dire du personnage de « The driver ». Ryan Goslin offre une interprétation magistrale de son personnage, solitaire au visage impassible même si tout est dit par son regard. On pense à Steve McQueen ou à Clint Eastwood. Du grand art.

Yasmine Youssi, à Cannes - 20/05/2011, 19:14  | 
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