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Le Festival de Cannes a fermé hier ses portes livrant cette fois encore un palmarès (voir ci-dessous) sûr lequel personne ne sera bien sur d'accord. Mais c'est la règle du jeu. Reste que les sélectionneurs ont offert aux festivaliers une excellente 64e édition dont les films donnaient avant tout à réfléchir sur les problématiques fortes comme le pouvoir ou le rapport aux enfants.
Rien n'aura manqué. À commencer par la polémique crétine et nauséabonde lancée par un Lars von Trier venu présenter son beau « Melancholia », dont le propos se révèle néanmoins trop mince pour en faire un grand film. Sa sortie sur Hitler - qu'il dit comprendre et pour lequel il dit avoir de l'empathie -, a poussé la direction du festival à le déclarer persona non grata.
Considéré comme l'un des plus grands réalisateurs de la planète, Terrence Malick - qui avait posé un lapin en 2010 - était bien là cette année, même s'il a refusé de se montrer pour évoquer son film événement - « The Tree of life » - qui a largement divisé la planète cinéma. Sublime symphonie visuelle pour les uns, inégale pour les autres qui n'ont pas compris pourquoi le réalisateur américain se fendait d'un documentaire animalier.
Mais Cannes a surtout brillé parce que le cinéma d'auteur a vu défiler sur la Croisette ses plus grands représentants. Les Belges Jean-Pierre et Luc Dardenne avec « le Gamin au vélo » et le Finlandais Aki Kaurismäki avec « Le Havre » ont livré le meilleur de ce qu'ils savaient faire, portant leur art au plus haut sans pour autant se renouveler. D'autres ont innové, prenant les spectateurs par surprise. Tel Pedro Almòdovar qui s'est essayé au thriller avec « La piel que habito » glacial même si magistralement mis en scène. Ou encore Alain Cavalier avec « Pater », véritable ovni cinématographique.
Mais ce sont les petits nouveaux qui ont le plus séduit. Maïwenn a pris les festivaliers aux tripes avec « Polisse ». Avec « The Artist », Michel Hazanavicius a su redonner au film muet en noir et blanc ses lettres de noblesses. Mais c'est surtout le Danois Nicolas Winding Refn qui a laissé la Croisette sans voix tant son « Drive » rappelle Brian de Palma ou Martin Scorsese à leurs débuts. On le surveillera donc de très très près.
PALMARES
Palme d'or : "Tree of life" de Terrence Malick
Grand prix (ex-aequo) : "Le gamin au vélo" des frères Dardenne et " Il était une fois en Anatolie" de Nuri Bilge Ceylan
Prix d'interprétation féminine : Kirsten Dunst dans "Melancholia"
Prix d'interprétation masculine : Jean Dujardin dans "The artist"
Prix de la mise en scène : Nicolas Winding Refn pour "Drive"
Prix du scénario : Joseph Cedar pour "Footnote"
Prix du jury : "Polisse" de Maiwenn
Retrouvez le dossier spécial festival de Cannes 2011 en cliquant ici
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