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Cinquante ans après la "Guerre des boutons" d'Yves Robert, un des plus gros succès du cinéma français avec près de 10 millions d'entrées, les garçons de Longeverne et de Velrans débarquent de nouveau dans les salles obscures. C'est la, ou plutôt les, sorties de la rentrée. Le célèbre roman de Louis Pergaud étant tombé dans le domaine public il y a un an et devenu libre de droit, deux adaptations sortent à une semaine d'intervalle. Un doublon inédit dans l'histoire du cinéma français. Le duel s'annonce sans merci.
Premier à dégainer, "La Guerre des boutons" de Yann Samuell, produit par Marc du Pontavice (One World Films), sort ce mercredi, suivi le 21 septembre de "La nouvelle guerre des boutons" de Christophe Barratier, le réalisateur du carton "Les Choristes" (8,5 millions d'entrées), avec un casting de choc : Laetitia Casta, Guillaume Canet et Kad Merad. "Décaler la date aurait été préjudiciable financièrement, surtout si le premier film est mauvais", explique Emmanuel Montamat, co-directeur de La Petite Reine avec Thomas Langmann, qui a produit le film de Barratier. Ce dernier tient la corde en termes de budget, avec des coûts de production de 16 millions d'euros, contre 12,6 millions pour celui de Samuell, selon la presse professionnelle. Chaque film est attendu dans 600 salles.
La compétition a commencé bien avant le tournage. Dès octobre 2010, les droits d'auteur de l'oeuvre ont été pris d'assaut par les producteurs désireux de capitaliser sur ce qui est presque une marque. « Il y a un phénomène de licence. L'oeuvre est ancrée dans l'inconscient collectif », reconnaît Emmanuel Montamat. Des pourparlers sont en cours pour vendre la licence à des fabricants d'articles textiles et de jouets, un jeu vidéo pourrait même voir le jour. Qui gagnera la guerre du Box-Office : Barratier ou Samuell ? À moins que ce soit le film d'Yves Robert, dont son producteur Gaumont ressort le 12 octobre une version restaurée...
Chacun sa part du gâteau
Cette guerre va se jouer aussi sur le terrain de l'édition, entre les deux mastodontes Hachette Jeunesse et Gallimard Jeunesse. Publié en 1912 aux éditions Mercure de France, le livre de Louis Pergaud, alors titré "La guerre des gosses", s'est écoulé à plus de 1,5 million d'exemplaires. Gallimard, maison mère du Mercure de France, va devoir partager avec son concurrent Hachette qui lorgnait ce classique de la littérature. La sortie des deux films est une aubaine pour la filiale de Lagardère qui a monté une opération marketing d'ampleur avec l'équipe du film de Christophe Barratier. Outre une version allégée tirée à 30.000 exemplaires au Livre de poche Jeunesse arborant l'affiche en couverture, et une version intégrale chez LGF (Livre de Poche) à 20.000 exemplaires, l'éditeur sort un grand format sur le film avec photos et anecdotes du tournage.
Gallimard s'est allié au film de Yann Samuell, dont l'affiche illustre la couverture de la réédition du livre chez Folio Junior, tirée pour l'occassion à 25.000 exemplaires. "Son scénario était le plus fidèle à l'esprit du livre", justifie Louis Chevaillier, responsable éditorial chez Gallimard. D'autres maisons d'édition veulent leur part de gâteau : cinq bandes dessinées sortent en librairie, chez Delcourt, Dargaud, La Martinière Jeunesse, Vents d'Ouest (Glénat) et Jungle (Casterman).
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