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"Cochons d'Inde", l'enfer bancaire

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Que se passe-t-il lorsqu'une banque dont on est client change de propriétaire ? Une simple transaction devient un cauchemar. Drôle et angoissant en même temps.

Cochons d'Inde

Kafka chez Krishna. Voilà l’atmosphère qui règne dans une banque jusque là tranquille. Sans histoire. Confiant, un client habituel entre dans l’établissement pour retirer de l’argent. Là on lui répond que l’on ne peut rien faire pour lui. Colère, menace, rage envers l’employé rien n’y fait. Ce dernier demeure sur ses positions. Pas d’argent et aucune explication. Il ne peut rien faire.

Pire, lorsque le client veut partir il ne le peut pas. Enfermé à clef. Prisonnier. Tous les ordres sont désormais donnés d’Inde, où se trouvent les nouveaux propriétaires de la banque. Situation rocambolesque et angoissante imaginé Sébastien Thiery, l’auteur de "Cochons d’Inde" qui se joue actuellement au théâtre Hébertot.

Mais notre client n’est pas au bout de ses peines. Surgit une femme qui enquête sur lui et découvre, compte tenu de ses revenus, qu’il n’appartient pas à la même caste que ses parents, simples petits bourgeois. Il va donc falloir qu’il redistribue sa fortune. Sébastien Thiery développe une intrigue dans laquelle domine avec subtilité le rire aigre doux, les situations burlesques que l’on peut vivre au quotidien, mais qui provoquent peur et angoisse. D’ou le malaise qui s’empare du spectateur.

Ce n’est rien à côté du personnage principal qui n’a plus rien à quoi se raccrocher, encore moins à son statut social. Quoi qu’il tente il est toujours piégé. Les mœurs qu’on lui impose ne sont pas les siennes. Un vrai cauchemar. Seul, au fur et à mesure de son combat pour s’en sortir il tisse tous les fils d’une toile d’araignée qui vont l’enfermer jusqu’à la folie. Jusqu’à ce qu’il abdique.

Ce personnage c’est Patrick Chesnais, qui fait merveille dans ce rôle, tant il peut jouer l’étonnement et, dans l’instant suivant, la pire fourberie qui pourrait déboucher sur un coup de tordu. De la haute voltige de comédien, continuellement sur le fil du comique délirant. A ses côtés Josiane Stoléru en timbrée de l’ordre et du sexe pousse dans ses limites les plus extrêmes une composition fantasque, d’une drôlerie imparable.

 

 

 

Théâtre Hébertot, 78 bis bd. de Batignolles, Paris 17ème, tél. : 01 43 87 23 23. Du mardi au samedi à 21 h, matinée samedi à 18 h, dimanche à 16 h. Durée : 1 h 45.

Jean-Louis Pinte

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