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Les fantômes du temps perdu

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Alain Françon monte "La Cerisaie" à la Colline. Un spectacle dénué d'émotion.

La Cerisaie

La Cerisaie va être vendue. Et Lioubov est de retour de Paris où elle a dilapidé ses derniers sous avec un amant qui lui a tout pris. Elle retrouve les siens, sa famille, ses domestiques. Et Lopakhine, le régisseur du domaine, ce fils de moujik qui a grimpé dans l'échelon social. Mais Lioubov ne se rend pas compte du drame qui se joue. Elle est heureuse de retrouver sa chambre d'enfant, ses cerisiers en fleurs. Elle demeure fataliste, inconséquente, distribue ses derniers roubles. Ça s'arrangera. Eh bien, non. La Cerisaie sera vendue, et c'est Lopakhine qui la rachètera.

"La Cerisaie", aujourd'hui donnée au Théâtre de la Colline à Paris dans une mise en scène d'Alain Françon, est la dernière pièce de Tchekhov, écrite quelques mois avant sa mort en 1904. Elle est montée la même année au Théâtre d'Art de Moscou par Stanislavski. Tchekhov y voit une comédie, Stanislavski une tragédie. Aujourd'hui, on perçoit la pièce comme la chronique d'une époque en train de mourir de son oisiveté.

Il y a du burlesque dans ces personnages inconscients, inconsistants, mais aussi une certaine tristesse tant ils ont fait de la nostalgie un art de vivre. À la Colline, Françon donne de la pièce une représentation sans émotion, sans sentiments. Comme si tous les personnages n'étaient que des fantômes. La lumière est grise, la scénographie copiée presque à l'identique sur celle de Stanislavski. Et puis (mais c'est une mode en ce moment au théâtre), tout le monde braille, crie, jusqu'à faire perdre le sens du texte. Même Jean-Paul Roussillon, le vieux serviteur Firs, n'arrive plus, à la fin, à nous émouvoir. C'est dire !

"La Cerisaie", au Théâtre national de la Colline,15, rue Malte-Brun, Paris 20e. Tél. : 01.44.62.52.52. Du mardi au samedi à 20h 30, mardi à 19h30, dimanche à 15h30.
 

Jean-Louis Pinte

Vos réactions

  • kitchman a écrit le 03/07/2009 à 06:46 :

    • Il a quand même le droit d'avoir son avis non? C'est fabuleux comme les théâtreux fôôôrmidablement ouverts sur le Môônde refusent d'accepter l'opinion des autres. Si on n'aime pas une pièce donnée au géniâââl théâtre de la colline, on n'est bon qu'à aimer les matches de foot... Et après on s'étonne que les gens n'aient pas envie d'aller au théâtre. Au fait, les gars, on peut aimer le théâtre ET les matches de foot. On peut aussi aimer les fraises Haribo et les coquilles Saint-Jacques. Les Weston ET les pantoufles bien moches et bien confortables.

  • auber58 a écrit le 03/04/2009 à 22:41 :

    • Il devait en avoir bu des pintes pour ne pas être ému, boulversé par cette magnifique Cerisaie... La prochaine fois qu'il vienne à jeun ou qu'il aille voir un match de foot !

  • oh làlà a écrit le 31/03/2009 à 08:57 :

    • on reve en lisant monsieur pinte...meme pas capable de resumer correctement une pièce!

  • avignon3 a écrit le 29/03/2009 à 11:18 :

    • Pauvre Mr Pinte.

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