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http://www.latribune.fr/loisirs/theatre-spectacles/20100405trib000495291/treemonisha-une-lumineuse-lutte-contre-l-obscurantisme-.html
Le roi du ragtime, Scott Joplin est de passage à Paris. C’est en fait l’une de ses œuvres les plus classiques que Jean-Luc Choplin, le patron du Châtelet, a souhaité donner à entendre et à voir. Créé en 1915, Treemonisha est l’un des premiers opéras afro-américains. Opéra d’autant plus fort que le compositeur a voulu y aborder tous ses thèmes favoris : l’éducation comme moyen d’ascension sociale, la lutte contre l’obscurantisme, la place de la femme dans la société et les inégalités sociales.
Mais l’importance du message n’est pas l’essentiel. Scott Joplin a voulu démontrer ici, qu’il pouvait composer un véritable opéra, loin des rythmes habituels de ragtime. C’est ce qui fait donc toute l’originalité de ce spectacle, le metteur en scène, Blanca Li, ayant eu à cœur de mettre en avant l’unicité de la tension dramatique, la profondeur des différents personnages mais aussi l’importance des éléments extérieurs (l’arbre, la sorcellerie, la lumière et les ténèbres). La morale de l’histoire passant par la victoire de la connaissance (la lumière) sur l’ignorance (les ténèbres).
Treemonisha est donc un véritable spectacle dans tous les sens du terme. Avec une musique à la construction enivrante, une scénographie imaginative (les bâtiments dans lesquels sont censés vivre les chanteurs grossissent progressivement, comme si le destin leur collait à la peau sans pourtant réussir à les anéantir ; comme si nous étions invités à nous rapprocher des chanteurs, à entrer dans leur intimité, ceux-ci finissant toujours par conserver leur liberté). La chorégraphie est rythmée en diable, s’approchant souvent des rythmes de ragtime sans déformer la musique originelle. Enfin, les chanteurs sont de grande qualité, à commencer par Williard White (dans le rôle de Ned), parfait dans son registre de baryton basse. A noter aussi la présence de l’immense Grace Bumbry dans le rôle de Monisha, particulièrement émouvante dans la scène où elle raconte les mystères de la naissance de sa fille sous l’arbre magique. Quelques seconds rôles sont, certes, moins convaincants, avec des voix moins bien campées.
Mais l’essentiel est préservé : Treemonisha nous fait merveilleusement voyager dans cette culture afro-américaine si riche et si édifiante. Et l’on est bien déçu, lorsque le rideau, parsemé d’étoiles, retombe, nous laissant dans cette nuit d’un monde sans musique.
Treemonisha de Scott Joplin
Direction : Kazem Abdullah
Conception scénographique et mise en scène : Roland Roure et Blanca Li
Théâtre du Châtelet
Les 6, 8 et 9 avril à 20 heures.
Tarifs : de 10 à 80 euros
Réservations : 01.40.28.28.40
Internet : www.chatelet-theatre.com
Pascale Besses-Boumard
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roland a écrit le 10/04/2010 à 13:12 :
moi,Roland Roure j'ai beaucoup plus de sympathie pour ceux qui ont détesté cet accaparement par l'arrivisme et le négativisme flatteur du néo-colonialisme exprimé du reste en toute inconscience par la metteur en scène que ceux qui se sont laissé rouler dans cette farine blanche et aveuglé par cette poudre aux yeux assujetie aux détestables édulcorations nostalgiques de Broadway
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