Contenu :

opéra

Sémélé ou la magie de la musique

Source : La Tribune.fr - 01/07/2010 | 16:40 - 317 mots  | 
|
Sémélé ou la magie de la musique

Cet opéra de Haendel est magnifiquement mis en scène. Les chanteurs sont exceptionnels. Tous les ingrédients sont réunis pour passer un moment divin.

On se demande parfois ce qui fait la magie d’un spectacle. On a beau avoir une divine musique, une mise en scène parfaitement léchée, des chanteurs hors pair, et pourtant le courant ne passe pas. Nous repartons avec cette impression que nous oublierons très vite ce que nous venons de voir. Et puis, le miracle survient d’un coup, sans que l’on s’y soit véritablement préparé, comme si nous étions happés par un vent mystérieux. Celui du plaisir musical.

En programmant un opéra de Haendel, déjà très souvent fêté au Théâtre des Champs Elysées, on espérait le meilleur, en cette fin de saison, mais pas forcément le divin. C’était sans compter sur les facéties de ce bon vieux Jupiter, coureur invétéré de jupons, l’imagination débordante et raffinée du metteur en scène David McVicar, l’orchestre de Christophe Rousset, les talents lyriques, et des voix somptueuses.

Et, de fait, cette production est tout bonnement géniale. L’histoire de ce Sémélé, écrit en 1744 par un Haendel conscient que les œuvres en italien ne passent plus et qu’il est de bon ton de passer à la langue de Shakespeare, est surtout celle d’une vengeance. Celle de Junon, la femme de Jupiter qui n’en peut mais de voir son mari aller puiser ailleurs les doux nectars de l’amour.

La belle Sémélé sera finalement sacrifiée sur l’autel de la jalousie. Mais de quelle façon ! Avec quel brio ! Brillance que l’on retrouve dans la mise en scène aussi colorée que raffinée où les lumières portent les protagonistes plus qu’elles ne les éclairent. Quant à Danielle de Niese dans le rôle de Sémélé ou Vivica Genaux dans celui de Junon, elles sont tout bonnement jubilatoires.

De tous les spectacles de cette saison musicale, ce Sémélé restera sans doute comme l’un des meilleurs moments offerts aux spectateurs. A savourer sans modération.

Sémélé, de Georg Friedrich Haendel. Théâtre des Champs Elysées, les 2, 4 et 6 juillet.

Pascale Besses-Boumard - 01/07/2010, 16:40  | 
|
Commentaires sur l'article

Pseudo :

Vous avez un commentaire à faire sur cet article ? Faites en part en remplissant le champ suivant :

Pied de page :