Contenu :
Copyright Reuters
Pas évident de programmer Giulio César de Haendel. D'abord parce que cette œuvre majeure, créée en 1724, a été écrite avec tant d'ambition de la part du compositeur qu'elle impose une distribution hors pair. Ensuite, l'histoire certes emblématique et hautement expressive contraint toujours les metteurs en scène à faire preuve de trésors d'imagination pour éviter le "péplum" hollywoodien.
Le résultat qui nous est offert avec cette nouvelle production de l'Opéra de Paris est un menu de roi. Avec trois mets de choix. En premier lieu, la mise en scène de Laurent Pelly qui s'était dernièrement fait remarquer dans l'Elixir d'amour a ce je-ne-sais-quoi de déroutante réussite. Déroutante, car on est parfois agacé de retrouver ces incontournables luminaires au néon et ce parti pris qu'hors nudité, point de salut. Réussite car Pelly a eu la géniale idée de confronter dans le temps l'humain et le sacré, le présent et le passé, la musique étant finalement ce qui permet à tous de renaître, se réincarner et de vivre sous nos yeux.
Le décor est situé dans un sous-sol de musée où les bustes et les statues antiques le disputent aux chanteurs bel bien vivants. Le vis-à-vis est subtil et permet de filer la métaphore à loisir. Les amours à rebondissements de César et Cléopâtre peuvent commencer. Les trouvailles du metteur en scène sont réellement décapantes. Comme cette course folle entre les protagonistes et le décor (des tableaux de périodes variées, et notamment le portrait de Haendel), symbole de l'universalité et l'intemporalité des héros et de l'amour. En second lieu, tous les chanteurs sont remarquables avec des timbres de voix radicalement différents donnant à chaque personnage toute son unicité. A commencer par l'excellent Christophe Dumaux, dans le rôle de Ptolémée, le méchant frère de Cléopâtre.
Lawrence Zazzo dans les habits de César est tout aussi convaincant dans les airs triomphants et fougueux du personnage. Enfin et surtout, l'orchestre d'Emmanuelle Haïm est tout simplement frissonnant. Le Concert d'Astrée rend effectivement avec une incroyable précision et profondeur tout l'ampleur de la partition du maître. On entend chaque instrument qui se fond pourtant parfaitement dans un tout. De la grande musique.
Giulio César, de Haendel, Opéra Garnier à Paris. Jusqu'au 17 février 2011 (le 7 février, toutes les salles UGC diffuseront en direct à 19 h la représentation).
Prix des places : 10 à 180 euros. Réservation : 08.92.89.90.90. Internet : www.operadeparis.fr
|
Les plus commentés |
|
Les plus envoyés |
| Les plus lus |
Pied de page :