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Honda Accord : une japonaise douce à conduire

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Avec sa nouvelle boîte automatique, la familiale de Honda se fait suave et feutrée. Une routière réputée pour sa fiabilité.

Honda Accord Tourer

La boîte automatique n'a que cinq rapports, là où les concurrentes en prévoient six, voire sept. C'est vrai. Mais, mariée à l'excellent diesel de 150 chevaux, cette nouvelle boîte est quand même bien plaisante à l'usage. La douceur et la fluidité sont au rendez-vous et, en position S, la réactivité aussi. Les à-coups sont ignorés. Si, jamais, on manque de frein moteur dans une descente, il est toujours possible d'utiliser les palettes au volant pour rétrograder manuellement. En position D, le rapport choisi avec les palettes est maintenu pendant un certain temps, puis l'automatisme reprend le dessus. En S, on a le loisir d'utiliser l'ensemble comme une boîte manuelle sans embrayage. Ce parti pris de douceur a toutefois une contrepartie: des performances quelconques, voire des reprises à bas régime anémiques. Mais le compromis global nous apparaît convaincant. La transmission - produite par Honda - efface aussi le côté rugueux du diesel et réduit le niveau sonore.

Nous serons en revanche un peu plus sévères pour... la consommation. Nous avons englouti 9,3 litres de gazole en moyenne aux cent kilomètres durant l'essai, ce qui est un tantinet exagéré. Certes, les transmissions automatiques consomment toujours plus. Mais les dernières technologies comme la boîte à double embrayage Powershift de Ford ou DSG de Volkswagen permettent de minimiser cet écart. Dommage. C'est là sans doute un écueil à la diffusion de cette Accord. Mais, personnellement, nous sommes prêts à accepter ce handicap, prix à payer pour le confort de conduite.

Pour le reste, nous retrouvons avec plaisir la familiale de Honda qui nous avait déjà séduits l'an dernier. Avec ses lignes racées, la nouvelle Accord se révèle assez harmonieuse, équilibrée et originale, surtout dans son dérivé break Tourer. A l'intérieur, la présentation se caractérise par sa qualité de finition, malgré des plastiques durs, meilleure que celle d'une Volkswagen Passat. En revanche, les côtés saillants de la planche de bord sont moins agréables. On risque de se cogner le genou en entrant.

Selon une tendance actuelle, le style l'emporte sur l'espace intérieur. Du coup, les passagers arrière n'ont pas beaucoup de place par rapport à la longueur extérieure. Et le coffre est limité avec des formes torturées, alors que l'Accord précédente offrait au contraire un impressionnant volume de chargement et un espace carré très pratique. Une incompréhensible régression.

La conduite demeure sereine. La direction donne une certaine sensation de flottement, mais la tenue de route reste saine. Les suspensions, pénalisées par des roues à pneus aux flancs bas, sont loin d'offrir le moelleux d'une Citroën C5, voire d'une Peugeot 407. Mais le résultat est très comparable à celui d'une Mercedes C ou Volkswagen Passat.

Dans ses versions de pointe Innova (supplément de 2.500 euros), l'Accord est agrémentée de technologies de sécurité active, tels le régulateur de vitesse qui ajuste la distance de sécurité avec le véhicule précédent et le système de prévention des collisions qui freine le véhicule s'il se rapproche trop de celui de devant. Un plus pour la sécurité, mais qui peut devenir vite intrusif.
 

Notre Accord d'essai Luxury diesel en était dépourvue. Elle n'en apparaissait pas moins bien équipée avec cuir, GPS et toit ouvrant. Seule la peinture métallisée est en option (600 euros). Le prix de vente n'a rien de généreux. Au contraire. Mais, Honda jouissant d'une excellente réputation de fiabilité et d'un réseau après-vente renommé - quoique limité -, la proposition est intéressante. L'Accord se révèle traditionnellement comme une valeur sûre.

Modèle d'essai : Honda Accord 2,2 I-DTEC Luxury Tourer AT: 38.080 euros

Puissance du moteur : 150 chevaux

Dimensions : 4,73 mètres (long) x 1,84 (large) x 1,44 (haut)

Qualités : Transmission douce, moteur diesel souple, ligne personnelle, finition flatteuse

Défauts : Consommation en hausse, habitabilité juste, suspensions un peu sèches

Concurrentes: Citroën C5 Tourer 2,0 HDi Exclusive (bva): 33.850 euros; VW Passat 2,0 SW TDI 140 Carat DSG: 36.820 euros

Note : 13,5 sur 20


 

Alain-Gabriel Verdevoye

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