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Ne ratez pas ce week-end l'aventure de la littérature à Saint-Malo

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Rencontre avec Michel Le Bris, philosophe, écrivain et éditeur, à l'origine du festival Etonnants voyageurs qui se déroule ce week-end, du 30 mai au 1er juin, dans la cité malouine.

Etonnants voyageurs

Michel Le Bris, philosophe, écrivain et éditeur, à l'origine du festival Etonnants voyageurs qui se déroule ce week-end, du 30 mai au 1er juin, dans la cité malouine, est passionné par Stevenson, Conrad et London. Exaspéré par la littérature de l'ego, il lance ce festival il y a vingt ans. Objectif : défendre et promouvoir une littérature d'aventure. Plus de 3.000 écrivains s'y sont succédé depuis. Cette année, l'offre s'avère plus foisonnante que jamais avec 500 heures de programmation, 150 projections dans trente lieux différents.

Avec le prix Nobel décerné à JMG Le Clézio cette année, et un goût plus vif des écrivains pour le dehors, un vent nouveau semble souffler sur la littérature française. Avez-vous le sentiment d'avoir réussi votre pari d'il y a vingt ans, redonner à la fiction une place de choix ?
Nous nous apprêtons à battre des records d'affluence. Il n'y a jamais eu autant de participants. Les gens sont avides de rencontres et de débats. Ils viennent ici découvrir une nouvelle façon de voir le monde. Et ont envie d'entendre des points de vue différents et non pas l'habituelle uniformisation des discours. Alors, oui, d'une certaine manière l'objectif est atteint. Mais ce qui a produit le repliement sur soi de la littérature française est malgré tout toujours là. Ce milieu génère lui-même l'idéologie de la préservation de son pouvoir. Aujourd'hui encore, on court le risque d'une littérature qui n'a pour objectif qu'elle-même.

Avec la crise, on assiste à un intérêt croissant pour les sujets culturels, le cinéma notamment, et les expositions. Pensez-vous que la littérature bénéficie d'un même phénomène ? Ou redoutez-vous comme d'autres la fin du livre ?
Il y a une telle crise de la représentation que les individus cherchent à écouter les artistes et pas forcément ceux supposés savoir. De toute façon, dans ce monde inconnu, les anciennes explications ne valent plus rien. Les spécialistes de l'inconnu, ce sont les artistes. Nous avons plus que jamais besoin d'eux pour nous éclairer. Il y a vingt ans, on disait que les jeunes adultes ne lisaient plus. Aujourd'hui, ils dévorent des livres de 600 à 800 pages qui foisonnent d'inventions formelles tout à fait intéressantes. A l'échelle mondiale, je suis persuadé que la littérature va bénéficier d'un fort engouement culturel.

Cette année vous associez au festival des scénaristes et des réalisateurs de séries TV. Dans quel but ?
Celui de rechercher de nouvelles formes de narration. Certaines de ces séries disent le monde d'aujourd'hui avec une force rare. A l'époque où j'étudiais le romantisme, j'avais été frappé par le rôle joué par le roman feuilleton dans le roman. Il a permis au peuple de se découvrir comme héros, de se percevoir au travers du récit. Dans les périodes de mutation du monde, il y a un appétit de fiction et d'histoire. D'autant que notre environnement actuel est très romanesque. "Fictionner", c'est donner un visage à l'inconnu du monde, c'est l'habiter. On trace des chemins à la façon des cailloux du petit poucet. Avec les séries TV, c'est une nouvelle lecture, laquelle influence d'ailleurs le cinéma. D'ailleurs, ce qui compte c'est l'histoire et non sa réalisation, la façon dont elle est ficelée. Les écrivains commencent à s'en inspirer.

S'il fallait retenir de cette nouvelle édition un évènement phare quel serait-il ?
Aucun ! Cela va à l'encontre de ce que nous souhaitons faire, puisque notre volonté est d'offrir un mélange des genres pour un maximum de découvertes. On nous dit parfois: "il y a trop de choses", mais c'est cela la diversité. Pour les 20.000 visiteurs, chacun peut y trouver ce qu'il cherche. Notre souci est de continuer à ouvrir toutes les portes en permanence. L'évènement majeur ? Ce sera au gré de chacun.
 


Immense programme à consulter sur www.etonnnants-voyageurs.com
A savoir : possibilité d'écouter le Café littéraire à distance.

Propos recueillis par Sophie Peters

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