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Vins : les quarante millésimes de Sociando Mallet

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Jean Gautreau, gentleman-vigneron inclassable du médoc, a organisé une dégustation verticale de 40 millésimes de Sociando-Mallet. Voici ses commentaires, sans fard. A déguster avec modération.

Vin Sociando Mallet

Voici donc les commentaires de  Jean Gautreau, gentleman-vigneron inclassable du médoc, après une une dégustation verticale de 40 millésimes de Sociando-Mallet.

2007
Sera commercialisé en pleine crise économique et surtout financière. Provoque plus de cauchemars que de rêves ! Est loin de mériter un tel a priori. Avec des cabernets sauvignons (55% de l'assemblage final) d'une qualité exceptionnelle, ce 2007 s'avère plus réussi que le 2006. Ce vin d'une robe pourpre sombre se révèle au nez d'un fruité intense et éclatant, frais, avec des notes d'épices, de cèdre, de réglisse et de cassis. La bouche est délicate, droite, savoureuse, de belle longueur, tannique, racée, avec une finale fraîche.

2006
Ne rougit pas de son aîné. Vin sérieux et de qualité. D'une belle couleur pourpre intense, ce vin bâti sur un assemblage habituel du cru (40% de merlot, 55% de cabernet sauvignon et le reste en cabernet franc) montre un nez extraordinaire de fruits (mûre, fraise, framboise, confiture de cassis), avec des notes subtiles de cèdre, de truffe et de terre. Bouche dense et fruitée, pulpeuse, ample, concentrée, longue,et aromatiques. Ce vin classique, à la fois fin et puissant, est doté d'un grand potentiel de garde.

2005
Un vrai grand à Bordeaux (ce qui n'est pas toujours le cas des années sur-médiatisées).
Puissance et élégance ! Couleur pourpre sombre. Nez intense et très fruité, avec des notes de fleurs, de réglisse, de fumé, de cassis, de mûre, de violette. Après une belle attaque, la bouche dense, soyeuse, très fruitée, se développe sur un toucher fin, moelleux, ample, juteux. Tannins présents mais fins et soyeux. Beaucoup de persistance.

2004
Un vrai « Bordeaux », souvent mésestimé mais qui reprend du « poil de la bête ». D'une robe intense rubis pourpre, ce vin regorge d'arômes de fruits noirs (mûre, cerise noire, cassis), de fleurs (violette, jacinthe) et d'épices. Attaque ample et charnue. Bouche puissante, charnue, droite. Tannins de belle intensité, fermes, fondus, avec des notes de réglisse et de chocolat pour ce vin d'équilibre et de grande finesse. Longueur sur la fraîcheur. Un beau millésime riche et classique.

2003
Vin de canicule, paradoxalement frais et très gourmand. Une réussite. D'une robe pourpre sombre, ce vin offre au nez une très belle concentration de son fruit (violette, myrtille, cassis), soulignée par des notes de pain grillé, d'épices, le tout relevé par une juste acidité et des tannins doux. Bouche charnue et voluptueuse, finale persistante et d'une grande fraîcheur. Bon potentiel d'évolution. Proche du « mythique » 1990.

2002
Soyons gentils et désaltérons-nous avec beaucoup de plaisir. D'un pourpre profond, il exhale un nez intense de fruits rouges (crème de cassis, cerise, mûre),avec des notes de chocolat noir, d'épices, de minéralité. Moyennement corsé, très dense, il est aussi très tannique, ample, d'une grande vinosité. Longueur et fraîcheur en finale.

2001
Fin, élégant avec une belle matière. Couleur presque noire, nez offrant une belle expression de fruits noirs, d'épices, de réglisse et de cèdre. La bouche est d'une grande concentration, riche, très harmonieuse, soyeuse, le corps est plein et mûr, mais une acidité bien présente apporte beaucoup de fraîcheur.
Première place du palmarès des 100 meilleurs crus bourgeois dans les millésimes 2000 et 2001, lors d'une dégustation organisée en 2004 par la Revue du Vin de France.

2000
Le pilier de la mêlée. Une bombe ... à retardement ... soyons patients ! Robe très sombre, nez intense et complexe déployant une gamme allant des épices aux fruits noirs, en passant par le lierre, la réglisse, le fumé. Ronde et ample en attaque, la bouche présente à la fois une grande élégance et beaucoup de puissance, le tout étayé par des tannins soyeux, bien enrobés et une grande fraîcheur. Vainqueur d'une dégustation organisée par la Revue du Vin de France en 2003, opposant crus bourgeois contre seconds crus classés du millésime 2000. Première place du palmarès des 100 meilleurs crus bourgeois dans les millésimes 2000 et 2001, lors d'une dégustation organisée en 2004 par la Revue du Vin de France.

1999
Une petite gourmandise dans sa prime jeunesse. Garde beaucoup d'élégance. La robe se pare d'un séduisant rubis-pourpre. Intense et complexe, le nez est finement boisé, avec des arômes de minéral, de cerise noire, de cassis. En bouche, il est charnu, dense, plutôt tannique pour le millésime, et fait preuve d'une concentration et d'une belle pureté. Sa finale est longue, séveuse et persistante. Un grand 99.
 

1998
Un grand à Sociando. N'a pas encore récolté les louanges méritées. D'une profonde couleur pourpre, ce vin présente un nez très parfumé de minéral, d'épices, de cassis et de mûre. La bouche se montre puissante, d'une grande concentration et d'une pureté admirable, avec des saveurs de fruits noirs et réglisse. Moins dense et soyeux que le 99 ou le 2000, et sans doute plus classique dans sa précision. Finale persistante, sur des tannins fermes et subtils.
 

1997
A fait beaucoup rêver à sa naissance, surtout par ... les prix atteints par ce millésime. Est loin d'être inintéressant. D'un rouge sombre, ce vin déploie au nez une palette intense de raisins secs, de prune noire et de chêne épicé au nez. La bouche souple et soyeuse révèle de généreuses saveurs de cassis, une texture souple et soyeuse. Finale marquée par une légère nuance de bois de cèdre.
 

1996
La bête de concours. A raflé de nombreuses distinctions fort méritées. Peut attendre de longues années ! Ce vin qui s'annonce par un pourpre foncé presque noir dégage un nez très aromatique, de minéral, de réglisse, de mûre et de cassis joliment rehaussé de vanille. La bouche, dense et corsée, se caractérise par des tannins abondants, beaucoup de richesse, de gras et de puissance. Un fruit, une profondeur, une ampleur, un équilibre qui en font un grand millésime (une année très favorable au cabernet sauvignon de grands terroirs). Vainqueur de la dégustation du Grand Jury Européen en 1999 à Merano. Parmi 132 vins dégustés à l'aveugle, Sociando-Mallet 1996 devance les plus grands crus de Bordeaux. Coup de Coeur d'Enrico Bernardo, meilleur sommelier du monde 2004 dans Le Figaro Magazine du 3 septembre 2005. 3 étoiles dans le Guide Hachette 2000.
 

1995
Un classique parmi les classiques. Idéal pour les amateurs de Bordeaux. D'un rubis pourpre très foncé, ce millésime se caractérise au nez par des arômes riches et complexes de cerises noires confiturées, de mûre et de cassis, soulignés par de subtiles notes de minéral, d'épices douces, de tabac.. En bouche, il est à la fois profond, long, suave, tannique et musclé. Finale d'une belle fraîcheur.
 

1994
Plus « macho » que le précédent. Toujours un peu sévère. Ce millésime n'est pas sans évoquer le 1985, avec davantage de structure et de force tannique.
D'une profonde couleur violette, ce vin révèle un nez intense de fruits noirs, et de bois de chêne bien intégré. Bien présent en bouche, doté de tanins modérés, ce vin est moyennement corsé. Tout le charme d'un grand bordeaux classique à son apogée en 2010.
 

1993
Tout en finesse, féminin ... Un petit régal dans ses jeunes années. Tient encore le coup ! Le vin s'enveloppe d'une couleur pourpre sombre, au nez d'une surprenante évolution, déployant une riche palette d'arômes de cèdre, de cerise noire, de groseille, de minéraux et d'épices. La bouche offre des saveurs charnues, une excellente texture et une souplesse séduisante.
 

1992
On a fait plus mal ... Agréable malgré tout ! La couleur est rubis sombre et le nez offre des parfums de mûres, de cassis étroitement mêlés
à des essences de bois et de minéraux. Corps moyen et légèrement tannique, avec élégance, pureté et douceur. Un très beau vin pour le millésime, à son apogée en 2011.
 

1991
Sauvé de la terrible gelée de fin avril. Dommage car on se régale avec les rares bouteilles encore disponibles. Robe rubis profonde, notes de sous bois et de cèdre, avec des touches d'épices. La bouche riche d'une belle matière au boisé bien intégré, fondu. Long et structuré.
 

1990
Peut-être ce que Sociando a fait de mieux. On cherche ses défauts ... en vain ! Coup de coeur du millésime pour la Revue du Vin de France lors de sa sortie primeur, il demeure aujourd'hui l'une des plus belles réussites de la propriété et une référence de l'appellation. Le Grand Jury Européen l'a par ailleurs largement placé en tête de sa dégustation faite en 2002, devant certains des plus grands noms de Bordeaux de la rive droite comme de la rive gauche. Robe presque noire, nez de cassis confituré subtilement souligné par des notes de fumé, d'herbes rôties, de réglisse, de minéral. A la fois puissant, charnu et sensuel, extrêmement concentré, mais peu évolué, il se dévoile progressivement en bouche, d'une magnifique texture, d'une grande droiture, avec beaucoup de profondeur et de complexité, révélant de très abondants tannins. A boire jusqu'en 2030.
 

1989
Millésime de soleil archétype du Nord Médoc et de la fraîcheur de ses sous-sols argileux... Toujours en pleine jeunesse. D'une robe pourpre, ce 1989 s'exprime au nez avec toute la douceur des fruits noirs, des parfums de minéral et de vanille. En bouche, il se montre moyennement corsé et assez tannique, sans révéler la souplesse ni le caractère précoce inhérents au millésime. Vin tout à la fois dense, riche et concentré.
 

1988
Classique bordelais, sérieux mais ne fait pas rêver. Un millésime moyennement corsé, mais qui ne manque ni de concentration ni de caractère épicé, et révèle un bel équilibre d'ensemble et une finale persistante.
 

1987
Ne se monte pas le col...mais délicieux à boire entre bons copains. Millésime très prometteur mais gâché par les pluies de début octobre, surtout le cabernet
sauvignon. Les vins sérieusement élaborés sont toutefois nets, souples et fruités, agréablement épanouis.

1986
Un des « grands », mais commence à peine à s'ouvrir. Excellent millésime pour le cabernet sauvignon en nord Médoc. Les meilleurs de ces vins doivent
encore mûrir. Ils sont très profonds et concentrés, d'une richesse et d'une intensité hors du commun. Sociando-Mallet est cité par Parker comme l'une des plus belles réussites du millésime en appellation Médoc/Haut-Médoc. Il est puissant, corsé, d'une extraordinaire profondeur. Son bouquet de cassis est également minéral et épicé avec de fines notes de violette. Encore sur la réserve, d'une texture soyeuse et raffinée, il possède un immense potentiel d'évolution. A boire jusqu'en 2040.
 

1985
Le bordeaux « qu'on aime », sauf pour les puristes. Millésime charmeur, au caractère rond et à la belle complexité aromatique. Les vins, issus d'une abondante récolte, sont de moins longue garde que les 1986, 1989 ou 1990 mais ils offrent beaucoup d'élégance avec leurs tannins souples et soyeux. A boire jusqu'en 2015.

1984
A plu aux femmes, fin et élégant. Millésime marqué par le cabernet sauvignon et donc un peu austère, tannique et peu évolué. En Médoc, où les vendanges de cabernet ont pu être différées, les vins sont les plus réussis.
 

1983
Belle qualité mais pourquoi arriver après 82 ? Millésime difficile en raison des conditions climatiques quasi-tropicales du mois d'août qui ont
sur-mûri les raisins et favorisé leur pourriture. Les vins sont plutôt légers mais ont bien évolué.

1982
Superbe. A lancé Sociando-Mallet à l'attaque de la hiérarchie bordelaise. Quel travail !! C'est à partir de ce millésime qu'a commencé l'ascension de Sociando-Mallet dans la hiérarchie des vins de Bordeaux. Ce vin a terminé à la seconde place d'une dégustation du Grand Jury Européen à Los Angeles, derrière Pichon Lalande et devant les plus grands crus classés.
 

Millésimes antérieurs :
 

1980 : Tout petit, mais très mignon !
 

1981 : Tout petit, mais ... ingrat.
Petits millésimes de façon générale en Médoc, mais plutôt réussis à Sociando qui a réussi grâce à
son terroir à produire des vins de bon niveau, sans toutefois de grand potentiel de garde.
 

1979 : Le « raté » de Sociando
Un mauvais lot de barriques achetées d'occasion a malheureusement compromis ce millésime.
 

1978 : Très beau vin. A le mérite d'être à l'orée de plus de trente ans d'années fastes à Bordeaux. Après un millésime 1977 qu'il faut oublier, voici un vin très réussi, puissant et séduisant, harmonieux et modérément tannique. Il est encore remarquable à la dégustation et donnera encore beaucoup de plaisir aux amateurs qui en possèderaient encore dans leur cave.
 

1976 : Belle réussite à Sociando mais est passé inaperçu. Parker dit de ce vin que c'est selon lui l'un des trois ou quatre meilleurs du millésime, derrière
Lafite-Rothschild et Ausone, avec une concentration et une lenteur d'évolution hors du commun.
 

1975 : Le faux grand millésime. Délicieux après 30 ans d'attente ...Millésime de la grêle à Sociando-Mallet, dont la récolte a été quasiment détruite en quelques
minutes. Une bouteille de Sociando 1975 dégustée lors des vendanges 2007, s'est néanmoins révélée extraordinaire d'élégance et de finesse. Robert Parker prédisait à ce vin un potentiel de garde de plus de 50 ans, et il semble que le temps lui donne raison.
 

1971 : Le malchanceux ! Naître après 1970, quelle idée ! Encore un grand millésime de Sociando-Mallet. Suivi par 1972, 1973, 1974, de qualité moyenne.
 

1970 : La grande révélation, responsable des achats de plus de 70 hectares de vignes en 40 ans ! Très grand millésime. Cette seconde récolte surprend et enthousiasme Jean Gautreau par son grand niveau de qualité. Elle lui révèle l'exceptionnel terroir de Sociando et le décide à agrandir son vignoble. Millésime remarqué par Robert Parker qui le cite comme la plus belle réussite du millésime en appellation Médoc/Haut-Médoc.
 

1969 : Le premier enfant de Jean Gautreau à Sociando, donc le plus beau et le meilleur ! En réalité, millésime très moyen. La toute première récolte de Jean Gautreau à Sociando-Mallet. Aidé de Gérard Cler, son premier ouvrier et ancien chef de culture du domaine, Jean Gautreau récolte son raisin à la main, « comme il le peut », et l'élève dans une cinquantaine de barriques d'occasion achetées à La Lagune.

A déguster avec modération, l'abus d'alcool est dangereux pour la santé.

Pascal Boulard

Vos réactions

  • patfurns a écrit le 30/09/2009 à 16:42 :

    • le meilleur rapport qualité-prix des grands bordeaux...

  • alex a écrit le 01/09/2009 à 06:57 :

    • Pourquoi n'avoir pas indiqué les apogées?

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