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http://www.latribune.fr/loisirs/week-end-voyages/20091120trib000445230/essai-auto-subaru-forester-carre-et-solide.html

Avec 70.000 ventes en Europe escomptées cette année, la marque japonaise Subaru est traditionnellement réputée en Allemagne et en Suisse pour la qualité et l’originalité de ses voitures. Spécialiste des véhicules à quatre roues motrices, cette marque liée à Toyota reste toutefois méconnue en France. A tort.
Costaud, voire rustique, le Forester se moque des modes. Ici, pas de pare-brise plongeant, ni d’arche de pavillon savamment arrondie, de portières échancrées. Non, tout est carré, simple, rationnel. Avec de vrais pare-chocs. La visibilité n’est pas sacrifiée à une prétendue recherche esthétique, l’accessibilité à bord contrecarrée par des formes torturées et peu ergonomiques. Non, tout se trouve clairement à sa place, sans esbroufe. A l’exception du combiné autoradio-ordinateur-GPS, paradoxalement compliqué dans sa manipulation. En plus, il affiche dès la mise en route du moteur une mention stupide, du genre "Respectez le code de la route"… Et tant qu’on n’a pas appuyé sur "J’accepte", le bougre reste allumé et empêche toute autre manipulation. Horripilant.
Pour tout le reste, conçue logiquement, à l’abri des loufoqueries de ces spécialistes en marketing qui dénaturent souvent l’automobile, le Forester accueille simplement. Ses passagers ne se cognent pas en montant à bord comme sur bien des voitures modernes aux formes torturées, règlent les commandes sans devoir ingérer un manuel de bord abscons. Pas non plus de bips-bips en tous genres ou de gadgets intrusifs. Bref, on se sent bien à bord, devant une planche de bord rationnelle et solide, dont les constructeurs français feraient bien de s’inspirer. Ce n’est pas très raffiné, mais propre et net.
A la conduite, le quatre cylindres diesel à plat, une spécialité Subaru, surprend par sa douceur de fonctionnement. Il ne rechigne pas et reprend sur un filet de gaz. Les suspensions conjuguent comportement sûr et confort très correct. Le Forester est toutefois peu agile et manque de précision de conduite, rançon de la souplesse des suspensions. Ses quatre roues sont motrices en permanence, contrairement à la plupart des concurrents. Un avantage pour la sécurité. Ses aptitudes sur la neige et sur chemins boueux sont aussi intéressantes.
Ces qualités sont malheureusement gâchées par un défaut rédhibitoire : la dureté de la boîte de vitesses, surtout à froid… qui nous rappelle les 4x4 d’il y a quinze ans. Le levier est non seulement ferme, mais il accroche au passage des rapports. Cela faisait longtemps que nous n’avions pas affronté une transmission aussi revêche. Ce désagrément est en outre amplifié par la sécheresse de l’embrayage. En ville, dans les encombrements, c’est franchement fatiguant et déplaisant. De plus, cette transmission est bizarrement étagée, avec des rapports supérieurs très longs.
Mais, Subaru est conscient du problème. Le constructeur japonais nous a promis, juré, que les exemplaires livrés désormais à la clientèle européenne avaient reçu de sérieuses modifications pour un meilleur passage des vitesses. Dont acte. Nous le vérifierons dès que possible. Si tel était le cas, notre note finale en serait majorée.
Signalons aussi des bruits de suspension et de mobilier intérieur gênants dès que le bitume s’altère. Surtout à ce niveau de gamme. Ce n’est pas que le Forester soit mal construit. Au contraire. Mais, les ingénieurs de Subaru ne s’intéressent visiblement pas à l’insonorisation.
Les adeptes du suréquipement pesteront également contre l’absence de gadgets modernes, tels radars de stationnement ou allumage automatique des phares ou des essuie-glaces. Même si, personnellement, nous ne nous en plaignons pas.
Subaru souffre de l’exiguïté du réseau dans l’Hexagone, qui compte à peine 80 points de vente. Mais l’approvisionnement en pièces détachées semble rigoureux. Et les utilisateurs ne rencontrent pas, normalement, de problèmes sur ce point. Les prix sont dans la moyenne du marché, avec une version d’entrée de gamme très suffisante à 25.990 euros. Pour notre version d’essai XS Club à intérieur cuir, GPS, toit ouvrant panoramique, il faut compter 35.000 euros.
Conçu apparemment pour durer, renommé pour sa robustesse et sa fiabilité, indémodable, le Forester est digne d’éloges, sous réserve que cette satanée boîte de vitesses ait été revue et qu’un prochain restylage ne remédie aux bruits divers de roulement. Le Forester s’adresse surtout à ceux qui circulent dans des conditions climatiques difficiles (montagne, par exemple) et qui… ne sont pas trop sensibles aux petits grincements.
Modèle d’essai : Subaru Forester 2,0D XS Club : 35.000 euros (+750 euros de malus)
Puissance du moteur : 150 chevaux (diesel)
Dimensions : 4,61 mètres (long) x 1,78 (large) x 1,70 (haut)
Concurrents : Toyota Rav 4 D-4D 150 Lounge : 32.200 euros ; Renault Koleos 2,0 dCi 150 Privilège : 33.450 euros ; Nissan X Trail 2,0 dCi 150 LE : 37.200 euros ; Peugeot 4007 Féline : 38.500 euros
Qualités : conception robuste, sécurité active, véhicule tout temps, diesel onctueux, confort correct, habitabilité
Défauts : boîte de vitesses dure, embrayage fatiguant, bruits de roulement, réseau après-vente faible
Note : 13 sur 20
Alain-Gabriel Verdevoye
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