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Source : La Tribune.fr - 04/12/2009 | 20:01 - 940 mots

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Essai auto : Mercedes E 200 CDI, une grande berline statutaire et ... sobre

Confortable, spacieuse, élégante, remarquablement fabriquée, la grande berline de la marque à l'étoile reçoit un "petit" moteur diesel politiquement correct. Certes, les performances ne sont pas époustouflantes, mais les consommations restent contenues.

Mercedes E200CDI

Les temps sont durs pour les grosses voitures. Conscient du problème, Mercedes propose désormais sa belle et grande berline Classe E avec un petit moteur diesel de 136 chevaux à peine. Vu l'encombrement et le poids, on s'attendait au pire, question agrément de conduite. Mais, la marque à l'étoile s'en sort bien. Une excellente surprise même. La mécanique n'est certes guère démonstrative et il ne faut pas hésiter à rétrograder pour la relancer. Mais sa linéarité, sa docilité, la rendent parfaitement vivable au quotidien.

La E 200 CDI ne donne aucunement l'impression de se traîner. Et, finalement, elle s'accorde très bien au caractère feutré de cette grosse Mercedes, statutaire à souhait. On déplorera juste une sonorité un peu insistante dans les accélérations. Les fidèles de la marque ne devraient pas être déçus, d'autant que les consommations sont étonnamment basses pour la catégorie (7 litres aux 100 km durant notre essai). Le gros réservoir d'essence permet une large autonomie. La boîte de vitesses manuelle n'est pas forcément un modèle de rapidité, mais son maniement ne pose aucun problème. Ce qui nous change de la fermeté et des trop larges débattements traditionnels des transmissions manuelles du constructeur de Stuttgart. Les progrès sont réels sur ce point.

Le reste de la voiture, apparue au printemps dernier, ne change pas. Les lignes massives affichent toujours un classicisme rassurant et harmonieux, reconnaissable entre mille. A l'intérieur, la qualité de fabrication demeure remarquable. C'est net et solide. L'harmonie marron-beige de notre modèle d'essai témoignait d'un goût très sûr, sans fausse note. Cette Mercedes se révèle donc à la hauteur de sa réputation. Aucun bruit parasite ne perturbe la sérénité à bord. Quelle maîtrise ! L'habitabilité apparaît en outre généreuse. En revanche, les sièges à réglages multiples ne conviendront pas forcément à tous les gabarits. Les assises et dossiers sont fermes et trop plats.

Cette grande bourgeoise affiche des prestations routières de bon aloi, dans la plupart des cas. Elle se place rigoureusement dans les virages avec une grande docilité, tout en étant imperturbable au vent dans les lignes droites. Il faudra toutefois se souvenir que la Mercedes demeure une propulsion. Si les roues arrière motrices ont l'avantage de faire passer la puissance (ici fort modeste) sans problèmes et de générer une formidable efficacité sur le sec, elles requièrent une certaine méfiance sur route détrempée et grasse. Certes, les aides électroniques sont là pour juguler la moindre amorce de dérobade, mais la tenue de route n'est pas aussi tranquillisante sous la pluie qu'avec une traction avant.

Quant à la conduite sur neige, elle peut vite se révéler désagréable, voire erratique. Une Citroën C6 est une bien meilleure voiture tous temps. Pour pallier les inconvénients de la propulsion, Mercedes propose une transmission aux quatre roues optionnelle, fort réussie. Mais, dispendieuse en soi, elle ne peut équiper que... les modèles à forte motorisation. Elle n'est donc pas prévue sur la modeste E 200CDI.

En-dehors d'une utilisation dans des conditions climatiques extrêmes, la E distille une grande quiétude, donnant la formidable impression d'être totalement isolé de la route comme de l'environnement extérieur. Très confortable, la Mercedes est réellement une voiture à part. On enchaînera des centaines de kilomètres sans se fatiguer. Mais, la conduite n'est pas spécialement amusante. En cela, une Mercedes est typée différemment d'une BMW ou d'une Audi, moins prévenantes mais plus vives. Ceci dit, la boîte manuelle permet quand même de ressentir un peu mieux les virages que la très douce mais un peu anesthésiante transmission automatique (2.100 euros de plus).

Un arsenal sécuritaire barde la voiture... en option. La lecture des panneaux de limitation de vitesse qui s'affichent sur le tableau de bord ou l'éclairage nocturne auto-adaptatif qui règle automatiquement les phares quand on croise un autre usager ou pénètre en zone urbaine sont des trouvailles intéressantes, mais onéreuses. Le détecteur d'obstacles est également disponible moyennant finances. Heureusement d'ailleurs, car ce dernier a la mauvaise habitude de sonner en permanence dans les embouteillages. Agaçant.

La E 200CDI, version d'entrée de gamme de la Classe E, démarre à 38 600 euros. "Notre" version Elégance Executive vaut carrément 44.000 euros, une somme fort élevée pour un moteur de 136 chevaux à peine. Même si cette version "offre" la magnifique sellerie cuir de série, qui remplace avantageusement le tissu solide mais peu seyant de la Classic, le GPS et un combiné audio haut de gamme. Mais la liste des options est extrêmement longue. La Mercedes est comme toujours la plus chère de sa catégorie. Avec un différentiel de 2.500 euros environ avec une Audi ou une Volvo équivalente.

Ceci dit, une Peugeot 607 équivalente, certes plus spacieuse, coûte 1.200 euros de moins à peine. Evidemment, la Peugeot pourra être facilement négociée chez un concessionnaire, bien plus que la Mercedes. En revanche, grâce à l'historique renommée de la marque, la E se revendra très bien en seconde main. Beaucoup mieux que la française. Malgré son prix, la E demeure un véhicule exceptionnel, que nous ne pouvons que conseiller. Ses deux seuls défauts sont, à nos yeux, des sièges insuffisamment ergonomiques pour certaines morphologies et des phares un peu faiblards pour la conduite de nuit.


Modèle d'essai : Mercedes E200 CDI Elégance Executive : 44.000 euros
Puissance du moteur : 136 chevaux (diesel)
Dimensions : 4,87 mètres (long) x 1,85 (large) x 1,46 (haut)
Qualités : lignes harmonieuses, qualité exceptionnelle, ambiance haut de gamme, confort, sérénité à bord, moteur sobre
Défauts : sièges trop fermes et plats, phares peu efficaces
Concurrentes : Volvo S80 2,0d Summum : 41.350 euros; Audi A6 TDi 136 Ambition Luxe : 41.500 euros ; Peugeot 607 HDi Féline : 42.800 euros

Note : 15,5 sur 20

Alain-Gabriel Verdevoye

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