La Tribune

Réunion de la dernière chance pour sauver le thon rouge

Le WWF, l'UICN, Robin des Bois, Greenpeace, et Julie Andrieu, Yann Arthus-Bertrand, Florence Arthaud, Isabelle Autissier, Benjamin Badinter, Jean-Paul Besset, Alain Bougrain-Dubourg, Catherine Chabaud,Jean-Yves Chauve, Etienne Klein, Marc Guillemot, Loïc Perron, Philippe Poupon, Eugène Riguidel, J  |   -  834  mots
Appel du WWF, de l'UICN, de Robin des Bois, de Greenpeace, et de Julie Andrieu, Yann Arthus-Bertrand, Florence Arthaud, Isabelle Autissier, Benjamin Badinter, Jean-Paul Besset, Alain Bougrain-Dubourg, Catherine Chabaud,Jean-Yves Chauve, Etienne Klein, Marc Guillemot, Loïc Perron, Philippe Poupon, Eugène Riguidel, Jean-Yves Terlain, Marc Thiercelin.

Réunis à partir du 17 novembre pour une semaine à Marrakech, les membres de l'ICCAT (Commission pour la conservation des thonidés de l'Atlantique) ne doivent pas rater leur rendez-vous avec l'histoire. En deux décennies à peine, la population de thon rouge (Thunnus Thynnus) de Méditerranée a chuté de 80% alors que ce poisson emblématique était pêché depuis l'Antiquité. Au milieu des années 1990, à une pêche relativement proportionnée, destinée à la consommation locale, est venue s'ajouter la pratique de l'engraissage en cage. Ces poissons sont presque exclusivement destinés au marché japonais où ils sont consommés sous la forme de sashimis. Cette activité extrêmement lucrative a provoqué une véritable ruée vers l'or aux effets catastrophiques.

Aujourd'hui, tous les voyants sont au rouge : le niveau annuel des captures est estimé pour 2007 à 60.000 tonnes, soit le double du niveau autorisé par l'Union européenne et quatre fois celui recommandé par les scientifiques. A ce rythme-là, le stock risque bel et bien de s'effondrer à très court terme sans manquer d'entraîner, dans sa chute, la mort d'une activité millénaire.

Il n'y aura pas de seconde chance et nous ne voulons pas laisser commettre l'irréparable. C'est pourquoi, dans le cadre de la présidence française de l'Union européenne, nous demandons à monsieur Barnier, ministre français de l'Agriculture et de la Pêche, de soutenir la seule mesure qui s'impose : la fermeture immédiate de la pêche au thon rouge. C'est la condition préalable à la sauvegarde de l'espèce, à l'équilibre des écosystèmes de la Méditerranée, à la survie de cette pêche et à sa pérennisation pour le bénéfice des hommes et des pêcheurs. Le thon rouge ne doit pas connaître le même sort que la morue de Terre Neuve, dont le stock s'est effondré en 1992 et ne s'est jamais rétabli. Dès 1988, scientifiques et écologistes s'étaient pourtant épuisés à tirer la sonnette d'alarme. Dans le vide.

Aujourd'hui, la pêcherie est hors de contrôle. L'équation est pourtant simple à saisir: il y a trop de bateaux qui pêchent et trop de fermes d'engraissement à remplir au regard de la population de thons rouges. L'ICCAT ou plus exactement ses membres, les pays pêcheurs de Méditerranée se sont montrés incapables de gérer l'activité. A l'encontre de leur mandat, ils ont privilégiés les intérêts à court terme d'une pêcherie industrielle au détriment de la conservation du stock. L'absence de réaction des autorités constitue aujourd'hui un réel scandale !

Or les ministres européens des pêches et au tout premier plan la France, actuelle présidente de l'UE, ont aujourd'hui en main toutes les cartes pour inverser le cours de l'histoire, non seulement en sauvant le thon rouge mais en créant un précédent en matière de gestion internationale et collective de la pêche.

En septembre dernier, le verdict d'un audit d'experts indépendants sur le fonctionnement de l'ICCAT, et réalisé à sa demande, a été sans appel : la gestion du thon rouge y est qualifiée de « honte internationale » et les pays impliqués dans la pêche sont accusés de s'affranchir depuis des années de la réglementation en vigueur. La fermeture immédiate de cette pêcherie leur apparaît comme la seule solution pour mettre fin à ce qu'ils qualifient de "parodie de gestion en matière de pêcheries". Fin septembre, le comité scientifique de l'ICCAT (SCRS) s'est également alarmé du risque d'effondrement du stock et a émis des recommandations pour enrayer le processus. Réunie à Barcelone début octobre, l'UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) a quant à elle voté une motion appelant à la suspension de la pêcherie. Les gouvernements japonais et espagnols ont d'ailleurs soutenu cette mesure que les Etats-Unis demandent depuis 2007. Plus récemment, au cours des négociations entre Etats membres de l'UE, l'Italie s'y est rangée.

Scientifiques, gouvernements, ONG et société civile prennent donc aujourd'hui conscience de l'enjeu et de la faillite de la gestion actuelle. Ils se rallient à la seule solution qui permette de dépasser les intérêts particuliers : la fermeture temporaire de la pêche au thon rouge jusqu'à ce qu'une refonte en profondeur de la gestion de l'activité soit décidée. Sa reprise devra notamment être conditionnée par l'interdiction de la pêche dans les zones de reproduction et durant les périodes correspondantes (mai-juin) ainsi que par une diminution conséquente de la surcapacité de pêche et d'engraissement.

Monsieur Barnier, vous ne devez pas vous rendre complice de la disparition du thon rouge de Méditerranée. Nous vous appelons à soutenir la seule décision qui permette de revenir à une vraie gestion collective de la pêche. Nous ne voulons pas laisser aux générations futures, une Méditerranée sans poisson ni pêcheur...

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Commentaires

Français d'Alicante  a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :

Les pêcheurs espagnols se glorifient de tourner les quotas de pêche en vendant le thon rouge en pleine mer, au large d'Ibiza, aux chalutiers japonais.

Philbou  a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :

Plus nous avançons dans le temps et plus les voyous se régalent au détriment des gens civilisés !!!
Quand allons-nous redresser la barre une fois pour toute afin que les lois soient enfin respectées.
Plus nous dépensons pour l'éducation et plus nous plongons vers la sauvagerie !

MARTIN  a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :

au lieu de promener les escadres internationales sur les oceans,on ferait mieux de s en servir contre les pirates de tous genre.par contre pour le pirarage internet qui lui ne menace pas la planete ,la on fait!

tony76  a écrit le 09/10/2009 à 13:41 :

nous somme antrind de détruire toute notre richèsse il faut que nous réagison de ne plus rien détruire