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L'Allemagne ne relance pas assez

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Par Gertrud Traud, économiste en chef, Landesbank Hesse-Thuringe (Helaba), Francfort.

L'Allemagne est fortement intégrée dans l'économie mondiale, avec une part des exportations dans son PIB de 47%. Le ralentissement économique violent chez nos partenaires commerciaux les plus importants a provoqué une récession. En 2008, seul le premier trimestre a été en croissance. Par la suite, le PIB s'est mis à chuter et il ne faut pas compter sur une amélioration avant, au mieux, la mi-2009.

Au total, le recul des investissements et le manque d'impulsion de la part du commerce extérieur vont conduire l'économie allemande à une contraction de son PIB pour l'année 2009 d'au moins 0,5%. Le gouvernement a décidé de soutenir l'économie par un programme fiscal : soutien aux investissements des entreprises, investissements publics dans les infrastructures de transport, soutien fiscal à l'artisanat et suppression temporaire de l'impôt pour l'achat de voitures neuves. Le tout coûtera 23 milliards d'euros au budget de l'Etat sur trois ans, mais devrait produire 50 milliards d'euros, soit 2% du PIB, d'investissements nouveaux.

Sans compter les mesures déjà prises comme la hausse des allocations familiales et la baisse des cotisations chômage. Au final, l'effet devrait être faible sur la conjoncture. Le montant est trop faible et limité à certaines branches, sans que l'on sache vraiment s'il sera ou non utilisé à plein. Il aurait été plus judicieux de baisser temporairement la TVA afin de soutenir la consommation, qui pourrait, à la différence des Etats-Unis, résister et stabiliser un peu la situation.

C'est ainsi seulement que l'on pourrait éviter une récession encore plus sévère. Globalement, la crise financière devrait pourtant conduire à une "renaissance" des formes classiques d'investissement et de la théorie keynésienne. Cette tendance devrait favoriser une stabilisation des marchés financiers dans le courant de 2009. Mais le retour de la confiance prendra du temps.

Gertrud Traud, économiste en chef, Landesbank Hesse-Thuringe (Helaba), Francfort

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