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Par Jean-Baptiste Jacquin, rédacteur en chef à La Tribune.

Jean-Baptiste Jacquin, rédacteur en chef de La Tribune

Internet est vraiment un outil formidable. Tous les jours, les internautes du monde entier découvrent de nouveaux sites et de nouveaux services. Les capacités d'innovation semblent inépuisables. C'est pourquoi les entreprises de médias s'y sont engouffrées avec enthousiasme. Pas toujours avec une stratégie clairement définie, mais avec la conviction que ne rien faire serait forcément synonyme d'occasion manquée.

A ce jeu de colin-maillard où l'on fonce les yeux bandés en espérant toucher le gros lot, les radios françaises se sont ainsi converties il y a trois ans, avec une agilité et une rapidité spectaculaires, aux "podcasts". Dans la foulée de l'engouement pour les baladeurs numériques était en effet apparue la possibilité de télécharger à partir des sites Internet des radios l'émission de son choix pour pouvoir l'écouter (ou la réécouter) en toute liberté à un autre moment de la journée. En 2006, aucun groupe radio ne pouvait plus communiquer sur sa stratégie sans y consacrer un couplet.

La "baladodiffusion" (nom francisé officiel) est ainsi née, et même France Culture met en avant ce service sous le vocable de "podcast". Mais aujourd'hui, plus personne n'en parle. Les "podcast" n'auraient-ils été qu'un feu de paille de plus ? Non. Jamais ce service n'a été autant utilisé par les auditeurs.

Sur le site de RTL, le nombre de ces fichiers numériques téléchargés a encore triplé en un an. Si les patrons de radio n'abordent plus le sujet, c'est que ce service gratuit ne leur rapporte finalement que des clopinettes. Censés permettre une publicité ciblée et donc générer du chiffre d'affaires, les "podcasts" intéressent de moins en moins les annonceurs. On est ainsi parvenu, grâce à une véritable innovation dans le service, à créer de nouveaux comportements d'écoute (et de consommation), et donc un nouveau marché. Mais côté création de richesse, c'est zéro, ou tout comme.

Comment un tel échec est-il possible ? Parce qu'un certain Apple (ici intermédiaire technique) refuse de livrer les informations sur le taux d'écoute réel des fichiers téléchargés. Or, il est difficile de vendre à des annonceurs une audience qu'on ne peut pas mesurer. Mais Apple est un coupable trop facile. Se retrouver pris à un tel piège montre à quel point les médias ont souvent fait preuve d'angélisme ou de naïveté dans leur approche d'Internet.

jbjacquin@latribune.fr

Vos réactions

  • thierryweber.com a écrit le 11/03/2009 à 15:45 :

    • Je suis effaré par ces lignes que je viens de parcourir et plus précisément le dernier paragraphe. Autant la question de la rentabilité et de la monétisation semblent d'évidentes questions, autant, dire que c'est "à cause de la firme de Cupertino" que l'on ne peut pas mesurer son audience est une grosse erreur, pire encore un mensonge. En effet, depuis les début du rss et surtout du rss2 (qui permet l'encapsulage de fichiers audio ou vidéo) il existe une multitude de services pour mesurer son audience et donc en sortir des statistiques. A l'exemple de feedburner mais également les simples stats fournies par l'hébergeur de votre site, il est très facile d'en sortir chiffres, audience, nombre de téléchargements et volume de données. Comme par exemple un téléchargement d'un podcast peut être égal à un auditeur/viewer. Je suis triste de voir (encore une fois) un tel sujet traité aussi légèrement et surtout, voir par vos lignes, discréditer un réel marché en pleine progression. A l'exemple de votre article qui ne parle que de contenus audio (hé oui le podcasting c'est aussi de la vidéo!) cela en donne une image très réduite et surtout une méchante impression de propagande pour les moyens traditionnels. Entendez par là, la presse et la tv sans oublier la radio, qui ont tous un point commun: Ils doivent évoluer ! Alors pas envie de faire le pas et de se pencher plus précisément sur ces évolutions ? A bientôt si c'est pas avant !

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