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A quoi joue Siemens ?

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune

 Il y a de la provocation, ou du masochisme c'est selon, dans l'annonce hier de la candidature de l'allemand Siemens à la reprise du français T & D. Par deux fois, déjà, le géant germanique de l'électronique et des technologies de l'énergie s'est fait malmener par Paris. En 2004, lorsque ses visées sur un Alstom en grande difficulté furent écartées sans aucun égard. Et, en début d'année, lorsque lassé d'être traité en partenaire mineur par Areva, Siemens a brutalement rompu leur alliance.

Alors, vouloir racheter aujourd'hui la filiale de transmission et de distribution d'électricité (T & D) d'Areva, également guignée par Alstom, c'est lester d'un nouveau dossier un divorce déjà difficile. Sans doute y a-t-il une part de tactique. Les deux groupes sont en procédure d'arbitrage, le français voulant réduire le coût du divorce et empêcher l'allemand de nouer une alliance concurrente avec le groupe russe Rosatom. Mais la tactique ne saurait remplacer la stratégie.

Siemens, pour sortir d'une crise qui a fait plonger en début d'année ses prises de commandes de 9 à 12% selon ses métiers, semblait s'être donné deux priorités : réduire ses coûts de 1,2 milliard d'euros et se positionner en géant des infrastructures vertes. On aurait aussi pu comprendre que le groupe cherche à renforcer son ancrage dans le nucléaire, mis à mal par sa séparation d'avec Areva.

Mais reprendre T & D, un spécialiste de la haute et moyenne tension électrique, ne s'inscrit dans aucun de ces axes. Et placerait l'allemand en position dominante, puisqu'il contrôle déjà l'autrichien Va Tech aux métiers comparables. Le coup de dés d'hier rend, au final, peu lisible la politique de Peter Löscher, porté à la présidence de Siemens il y a deux ans pour reprendre en main un groupe de 420.000 salariés ébranlé par le plus important scandale de corruption de ses cent soixante-deux ans d'histoire. Mais il met, sans doute, un peu de baume sur des plaies encore vives.

pagay@latribune.fr

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