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L'édito de la tribune Opinions
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Source : La Tribune.fr - 03/12/2009 | 09:00 - 317 mots

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Se sevrer de Google

Par Jean-Baptiste Jacquin, rédacteur en chef à La Tribune.

Jean-Baptiste Jacquin, rédacteur en chef à La Tribune

Les éditeurs de presse ont trouvé un responsable à leurs problèmes : Google ! Le moteur de recherche est même en passe de devenir le bouc émissaire idéal. Il gagne de l'argent et sa croissance est à peine ralentie par la conjoncture du moment. Or, les quotidiens qui perdent des lecteurs, y compris les plus emblématiques tel le New York Times, et voient leurs recettes publicitaires s'effondrer avec la crise, n'ont jusqu'à présent pas trouvé de modèle économique gagnant sur Internet.

Si la consommation d'information en ligne ne cesse d'exploser, la Toile ne permet toujours pas de financer une rédaction. Cette quête de nouvelles recettes passe bien sûr par la monétisation des contenus sur Internet. Et la levée de boucliers contre Google, accusé de s'enrichir sur le dos des producteurs d'info, est compréhensible. Mais elle est tardive et, surtout, révèle une certaine schizophrénie des éditeurs de presse. Rupert Murdoch, le puissant patron de News Corp. (The Times, The Sun, The Wall Street Journal, etc...), est ainsi parti en croisade contre Google, accusé de "voler" ses journaux.

Mais qu'est-ce qui empêche aujourd'hui les journaux de News Corp. de se retirer de Google, de "déréférencer" leurs articles ? Rien. Ou plutôt si, une bonne raison : les négociations en cours avec Microsoft pour vendre à son moteur de recherche l'exclusivité des contenus produits par les titres du papivore australo-américain. Comme pour les droits du foot, la valeur d'une exclusivité est liée à l'audience qu'elle est susceptible de réunir. Or, aujourd'hui, une bonne part (de 20% à 40 % selon les journaux) de l'audience des sites Internet des quotidiens provient du trafic apporté par Google.

La presse fait même appel aux services de sociétés spécialisées pour que ses articles soient encore plus visibles par les moteurs de recherche… et davantage pillés. Google est devenu une sorte de drogue, dont les médias se plaignent mais dont ils n'osent pas se priver de peur des conséquences.

jbjacquin@latribune.fr

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  • dilemme a écrit le 08/12/2009 à 15:18 :

    • En tant qu'éditeur de presse, Google n'est pas mal non plus!, et il trouve le moyen de gagner de l'argent avec ses recettes publicitaires, lui! On est simplement à la phase de tri et de destruction créatrice décrite par Kongratieff. Se vendre à Bing (moteur de recherche de Microsoft) tout en conservant la diversité des titres, suppose de ne conserver que les journalistes, si possible en télétravail. Les autres ont du souci à se faire!

  • Didier a écrit le 04/12/2009 à 11:07 :

    • Comme pour la musique, les dirigeants d'entreprise se focalisent sur le support au détriment du service rendu. Le CD et le journal en papier sont des supports. Ce qui donne du sens au travail des journalistes, ce n'est pas de couvrir du papier de caractères d'imprimerie, c'est de diffuser une information de qualité, vérifiée voire trouvée grâce à des enquêtes approfondies. La vraie bataille est de convaincre le lecteur de la valeur du service rendu pour qu'il accepte de financer le service.

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