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http://www.latribune.fr/opinions/20100120trib000464159/auto-entreprise-j-ecris-ton-nom.html

En 1999, une année de forte croissance économique, 269.000 entreprises avaient été créées en France. En 2009, une année de forte récession, le chiffre a plus que doublé : 580.000. C'est la grosse surprise de l'hiver : on redoutait une épidémie de grippe porcine, on a eu à la place une épidémie de création d'entreprises. Pas étonnant qu'Hervé Novelli, le secrétaire d'Etat aux PME, ait l'air plus réjoui que Roselyne Bachelot, la ministre de la Santé, car ses affaires marchent du feu de Dieu.
Le statut de l'auto-entrepreneur qu'il promeut avec enthousiasme a séduit pour sa première année plus de 320.000 personnes. Depuis longtemps, les enquêtes montraient que 20% des Français souhaitaient monter une entreprise au cours de leur vie active : la grande nouveauté est qu'ils sont passés à l'acte. Jeunes, vieux, salariés, chômeurs, femmes au foyer, ruraux ou banlieusards, ils ont sauté le pas, rendu particulièrement facile par le nouveau statut. Oui, mais ce ne sont pas des vrais entrepreneurs, rétorquera-t-on.
Combien de velléitaires, de rêveurs ou d'aigrefins parmi eux ? Ce n'est peut-être pas le problème. Dans la conjoncture actuelle, la trempe de ces nouveaux créateurs importe moins que leur démarche. Entreprendre, c'est le contraire de rester les deux pieds dans le même sabot. Ces 580.000 petites pousses représentent des esprits qui phosphorent, mais aussi de la consommation (acheter une voiture, un bureau neuf, un PC, des logiciels, une imprimante plus performante), des services (consulter un avocat, suivre une formation, s'assurer, ouvrir un compte en banque dédié). Ce demi-million d'aspirants patrons sont forcément pleins d'espoir, ils assomment leur conjoint, leurs amis, leur famille, avec leurs châteaux en Espagne.
Mais attention, beaucoup feront faillite ! Oui, et alors ? Sur les 210.000 entreprises créées en 2002, 52% étaient toujours en vie cinq ans plus tard. Là, ce sera peut-être plus, peut-être moins, parce que les débuts seront plus prudents. Rendez-vous dans cinq ans.
sgherardi@latribune.fr
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jims33 a écrit le 15/02/2010 à 19:12 :
En réponse au message de Spacejo, j'ai envie de croire que ceux qui crééent de l'activité aujourd'hui permettront que se maintiennent les créations d'emploi de demain. Il vaut encore mieux se lancer avec l'espoir de réussir que de céder à l'air du temps en se disant que rien n'est possible. Bien sûr certains feront faillite, et nous sauront d'autant mieux être solidaires avec eux que les rentrées sociales et fiscales de ceux qui auront réussi en donneront les marges de manoeuvre.Ce sont ceux qui entreprennent aujourd'hui et qui réussiront demain qui produiront les emplois et la richesse économique d'après demain.
spacejo a écrit le 20/01/2010 à 16:15 :
"Beaucoup feront faillite ! Oui, et alors ?" ... Eh ben vous n'êtes pas peu optimiste, vous ! ça veut juste dire que la moitié de ceux qui feront faillite (et parmi eux une importante part d'ex-chômeurs ou de travailleurs précaires) se retrouveront au point mort et à la charge de la société, ayant brûlé leur dernière cartouche pour avoir une activité. "Et alors" dîtes-vous ? En ces temps de chômage de masse (et c'est pas finit), de coupes budgétaires de l'état pour cause de déficit endémique, à l'heure où l'on nous apprend qu'un million de personnes vont sortir des chiffres du chômage vers le néant, où la reprise devient un serpent de mer, je trouve ces chiffres plutôt déplorables !! L'optimisme il en faut, mais quand c'est justifié, sinon c'est ridicule : l'emploi est la plaie de 2010 et certainement aussi celle des années à venir...
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