La Tribune

Les petites ambitions d'Europe 2020

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Par Valérie Segond, éditorialiste à La Tribune.

José Manuel Barroso doit proposer ce matin une politique économique européenne pour les dix prochaines années, qui devrait être entérinée les 23 et 24 mars par le Conseil européen. On subodore un singulier manque d'envergure du projet. Principe de réalité aidant, les ambitions ont été sérieusement rognées. Il y a dix ans, la stratégie de Lisbonne voulait faire de l'Europe, "l'économie de la connaissance la plus compétitive et la plus dynamique au monde".

Cette fois, l'objectif 2020 n'est plus que d'"éviter le déclin". Autour de priorités certes resserrées, mais bien vagues : la recherche et l'innovation, la croissance verte et l'emploi. Barroso aura voulu tirer quelques leçons de l'échec de la stratégie de Lisbonne, dont les Etats membres se sont moqués comme d'une guigne, mais il ne prévoit ni sanction contre les dissidents, ni programme de recherche en commun. Tout au plus pourra-t-on émettre des "recommandations politiques" à destination des gouvernements et, en guise de riposte graduée, des "avertissements" à l'encontre des récidivistes.

Si l'on est loin d'une vision mobilisatrice de l'intérêt européen, c'est aussi que l'élaboration de cette stratégie se télescope avec la crise grecque. Barroso avait compris qu'on ne pouvait pas séparer développement économique et politique budgétaire. Angela Merkel, qui craint que la politique européenne ne soit dictée par les moins vertueux, et qu'elle ne finisse par enterrer les objectifs du Pacte de stabilité, a dit "Nein" ! En un mot, "touche pas à l'euro !" Enfermée dans trop de contraintes, Europe 2020 ne sera donc qu'une nouvelle pétition de principe. Encore dix ans de perdus pour l'Union ? Ou est-ce vraiment sans importance ?

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Commentaires

Marc  a écrit le 28/03/2010 à 13:01 :

Bonjour, un article intéressant sur Europe 2020 :
http://dessousdebruxelles.ellynn.fr/spip.php?article106