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http://www.latribune.fr/opinions/20100310trib000485903/retraites-ne-pas-tourner-autour-du-pot.html
Lorsque les gouvernements, en France comme ailleurs, évoquent l'allongement de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein ou le report de l'âge du droit à la retraite, ils le font pour des raisons strictement économiques et financières. De fait, s'il n'y avait pas de problème financier, la question ne se poserait pas. Pour Force ouvrière (FO), si la question financière est effectivement la question clé, alors il convient prioritairement de l'examiner avec la nécessité de ne pas dégrader la situation des retraités actuels et à venir. Il est toujours plus sain de se fixer des objectifs politiques, au sens noble du terme, et de prendre, techniquement, les moyens de les réaliser que de faire le contraire ou d'avancer masqué. Il y a dès lors quelques tabous à faire sauter.
Le premier d'entre eux est : "on ne peut pas augmenter les prélèvements parce que cela nuirait à la compétitivité." Ce raisonnement, très en vogue et appliqué dans les heures flamboyantes du libéralisme économique et financier, est-il encore d'actualité ? Non, bien entendu, alors que la crise continue à sévir et qu'elle est la résultante de ce même capitalisme libéral. Il est donc temps et urgent de réfléchir à un changement de modèle, impliquant régulation et réglementation, la compétitivité n'étant par définition qu'une notion relative.
Il est temps également que l'Europe - et les gouvernements qui la composent - se donnent les moyens non seulement de consolider le "modèle social européen" mais d'assurer sa promotion. Il s'agit donc de passer du discours aux actes. En matière de retraites, en France, il faut donc prioritairement ajuster les recettes aux besoins. Cela passe, dans le privé, par une distinction entre le contributif (assuré par les cotisations sociales) et le non-contributif (assuré par l'impôt car relevant de la solidarité nationale), l'Etat n'ayant, par ailleurs, pas respecté tous ses engagements en la matière.
Sans rejeter une augmentation de la cotisation - dont on doit examiner un élargissement d'assiette incluant la valeur ajoutée et l'application aux rémunérations actuellement totalement ou partiellement exonérées -, FO plaide aussi pour des mesures fiscales. Parmi les sommes de recettes nouvelles, citons une taxation plus forte des bénéfices non réinvestis, un rééquilibrage de la contribution sociale généralisée (CSG) entre travail et capital, l'arrêt de l'exonération fiscale sur les plus-values à l'occasion de cessions de titres (coût de 8 milliards d'euros en 2009 pour le budget de l'Etat). Cela suppose bien entendu la suppression du bouclier fiscal. D'une manière plus générale, il est d'ailleurs plus qu'urgent de travailler à une grande réforme fiscale guidée par les objectifs d'équité et de réduction des inégalités.
Il convient par ailleurs, deuxième axe prioritaire, de mettre en oeuvre une politique économique et sociale créatrice d'emplois, sachant que 1 million d'emplois au niveau du Smic génère 2,6 milliards d'euros de recettes nouvelles et font faire d'importantes économies à l'assurance chômage et au budget de l'Etat qui finance les minima sociaux. S'agissant de la fonction publique, nous n'accepterons jamais l'objectif caché du gouvernement qui vise à se dégager de l'obligation de payer via le budget de l'Etat les pensions des fonctionnaires. Cela fait partie intégrante d'une conception démocratique et républicaine de la fonction publique et du fonctionnaire, notamment au regard de leur neutralité indispensable à la continuité du service public - dont nombre d'événements récents ont encore rappelé l'impérieuse nécessité.
Au passage, rappelons qu'en économie, la notion de déficit (ou d'excédent) ne se résume pas à la réduction des comptes publics, mais qu'il faut intégrer la dette privée ainsi que les avoirs publics et privés pour avoir une notion précise. La crise est d'ailleurs née au niveau international de l'explosion de la dette privée avec, pendant la crise, son transfert à la dette publique.
Dès le début de la crise, FO expliquait que les conditions de la sortie de crise feront l'objet de débats conflictuels et de tensions sociales. Nous y sommes et nous y serons encore plus après les élections régionales. Salaires et niveau de la consommation, emploi et chômage, avenir de la république sociale sont au centre des enjeux. Le dossier des retraites, dont le gouvernement a choisi le calendrier, va concentrer les attentes. S'il s'agit de donner des gages aux marchés financiers en continuant à subir les paramètres du Pacte de stabilité et de croissance alors la crise économique continuera et la crise sociale se développera. Dans ce contexte, le rôle du mouvement syndical est essentiel. Il lui appartient de dire clairement les choses, de poser nettement les revendications et de tout mettre en oeuvre pour obtenir satisfaction. C'est le choix arrêté par FO.
Jean-Claude Mailly, secrétaire général de Force Ouvrière
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Dilemme a écrit le 29/03/2010 à 17:17 :
JC Mailly crée 2,6 milliards d'euros avec 1 million d'emploi au SMIC, donc en dépensant 31 milliards d'euros par ans! Bel exemple de gestion... Le prôblème est que depuis des années, on ne sait pas quoi fabriquer de vendable à l'exportation pour créer ce million d'emploi. En fait, notre meilleur produit d'exportation, c'est JC Mailly, lui seul pourrait convaincre les chinois qu'ils sont honteusement exploités, qu'ils détruisent égoïstement les emplois de leurs camarades français... Dans le monde réel, c'est cela, ajuster les besoins aux recettes
romeo a écrit le 29/03/2010 à 11:34 :
A l'attention de JC Mailly; Votre analyse du problème est pertinente et quand vous dites qu'il faut ajuster les recettes aux besoins vous visez juste. Je voudrais vous soumettre une réflexion "globale "sur le sujet qui a mon sens devrait être de nature à invalider toutes les argumentations portant sur le rapport actifs/inactifs pour justifier une augmentation des durées de cotisations . La prévision de croissance de la population française pour les 40 ou 50 ans à venir établie par l'insee est de 0,5%/ an , ce chiffre prenant bien entendu en compte le vieillissement de la dite population. Si nous prenons seulement l'hypothèse d'une croissance faible de 1,5%/an dans les années à venir, cela veut dire que la richesse croît 3 fois plus vite que la population!. De plus et comme chacun sait une pension de retraite n'est pas équivalente à un salaire plein et ces pensions n'augmentent la plupart du temps - ou au mieux !- qu'au rythme de l'inflation ce qui ne pèse pas sur la richesse dégagée par la croissance. POser le problème des retraites en termes de rapport quantitatif actifs/inactifs et de durée de vie ne vise qu'à masquer le véritable problème qui est celui de la répartition des richesses. Alors oui! il faut trouver d'autres sources de financement et elles existent.
colt 1972 a écrit le 28/03/2010 à 11:40 :
Réponse a loulou: Je suis syndicaliste et secrétaire Chsct , par experience c'est long de faire bouger les choses car si vous lisez attentivement le code du travail il est tres porter sur le patronat , donc les batailles pour améliorer les choses sont parfois longues; Ensuite la France a la particularité de s'appuyer sur ses representants syndicaux pour faire bouger les choses , la base est toute autres ,les manifestations servent a lancer des appels au Gouvernement au niveau National , mais n'ont aucune porter juridique ; En entreprise c'est pareil , c'est ce qu'ont appel le dernier recours si le dialogue est rompu entre la Direction et la representation des salariés , alors les négociationS s'engagent. C'est d'abord au collectif de bouger les choses , mettez 50 millions de personnes dans la rue , le gouvernement sera obliger de faire un recul, mettez 5 millions de personnes dans la rue , le Gouvernement verra un appel . Tout est compliqué , dans cette réforme et le Gouvernement aura tord de le faire a la va vite
loulou a écrit le 28/03/2010 à 10:13 :
pour les retraite li devrait trouver du travail au millions de chômeur sa remplirai les caisses au lieu d'allonger la durer de travail ou de cotisation les syndicats devrait si pencher un peut plus au lieu de faire s'en blanc de ne pas être d'accord avec le gouvernement bouger vous un peut les syndicats pour le monde ouvrier qui souffre on fait grève et rien ne bouge
Démosthène a écrit le 10/03/2010 à 12:59 :
Le texte est court. Trouver autant de positions caricaturales en aussi peu de lignes tient de l'exploit où d'une position partisane totalement figée. En fait il faudrait poser le problème à la base. La retraite est la suite, logique, du travail. En fait sa dernière phase. Elle constitue ainsi un salaire différé. Pour le salarié c'est de l'argent qui a été mis de coté pour ses vieux jours. Le fait qu'il s'agisse d'un système par répartition ne change rien à cet esprit. La conséquence immédiate est que le financement est forcément assuré par le travail. Le financement par les revenus du capital dénature le système. En toute logique il devrait conduire à attribuer une retraite à celui qui n'a jamais fait que placer son capital. En dehors de cette caricature nous entrons dans une complexité de mauvais aloi. La majorité des Français est un peu travailleur et un peu capitaliste, c'est la logique des choses. En fait l'équilibre des retraites doit être assuré par le système social seul et pas par la solidarité nationale (l'impôt). Conséquence il faut équilibrer l'ensemble : niveau de cotisations, durée de cotisation, âge de départ en retraite, niveau des retraites. Et les plus démunis me direz-vous ? Eh bien il s'agit ici de solidatrité nationale (impôt). C'est un autre problème et c'est celui qui est vraiment de la responsabilité de l'Etat. Il convient cependant d'établir des pare-feu, notamment face à ceux qui ont triché le fisc tout au long de leur activité, réduit au minimum leurs versements sociaux et leurs impôts et qui maintenant se plaignent que leur retraite est insuffisante. Ceux qui disaient à 30 ou 40 ans : moi la retraite !!! on verra bien !!!
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