L'édito de la tribune

Quand le Rhin s'élargit

flenglet@latribune.fr | 16/03/2010, 07:32 - 290 mots

Par François Lenglet, rédacteur en chef à La Tribune.

Il est des rencontres qui ne se passent pas comme prévu. En général, c'est le premier rendez-vous qui dissipe le malentendu : l'un veut passer la nuit en boîte, l'autre préfère étudier la philosophie de Spinoza. Chacun retourne alors à ses occupations. Pourtant, la France et l'Allemagne s'entêtent, malgré une longue série de soirées ratées. Faut-il y voir la marque de l'inclination du coeur ou, au contraire, le propre des amours de tête, les plus stupidement obstinées ? 

Dix-sept ans après la ratification du traité de Maastricht, il faut se rendre à l'évidence : les Allemands sont restés des Allemands. Et l'observateur réaliste a toutes raisons de penser que ce n'est pas près de changer. Quant aux Français, ils n'ont pas davantage abandonné leurs tropismes et leurs travers. Les propos de Christine Lagarde, qui a critiqué lundi la stratégie allemande de désinflation compétitive en pointant le déficit de croissance qu'elle creuse chez ses partenaires, signent cette persistance inaltérable. Euro ou pas, c'est justement la formule de Spinoza qui décrit au mieux les nations européennes : chacune persévère dans son être.

Les Allemands veulent une monnaie forte et travaillent à leur compétitivité. Les autres, ne pouvant dévaluer, se sont réfugiés dans l'endettement. Si l'Union monétaire connaît sa première épreuve, ce n'est donc pas à cause de la crise de la dette. La dette n'est qu'un symptôme, celui des divergences considérables que les membres de la zone ont laissé se creuser depuis dix ans. Même pour traiter le symptôme, France et Allemagne ne sont pas d'accord.

Ce fameux Fonds monétaire européen ne verra probablement pas le jour car, pour les Allemands, il s'agirait d'un super pacte de stabilité qui renforcerait la discipline commune. Alors que pour nous, c'est un carnet de chèques en blanc portant la signature de Mme Merkel.

Commentaires

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Osalteccino a écrit le 28/06/2010 à 05:22 :

Analyse succincte mais exacte. Attachez vous à trouver les raisons profondes de cette compétitivité exceptionnelle (imbrication de l'industrie allemande dans l'économie des PECO) et vous en arriverez à la conclusion que la formation de deux entités économiques européennes, l'une germanique et l'autre latine, est inéluctable. Il n'est pas sûr que l'idée européenne perde de sa force pour autant. Au contraire, si chaque entité s'assigne une mission d' "intérêt général": L'Europe centrale à l'Allemagne, l'autre rive de la Méditerranée aux pays latins.

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REGENT a écrit le 19/03/2010 à 20:01 :

BIEN VU ......HELAS...CONNAITRE L4HISTOIRE.....J AI TOUJOURS DES BILLETS DE 100 MILLIONS DE MARKS A ECHANGER ???????LA PLANCHE REVIENDRA //////

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odette a écrit le 16/03/2010 à 20:34 :

Ainsi mon topo ne vous convient pas ? tous mes voisins vont l'avoir dans leurs boîtes ..., j'ai lu beaucoup d'articles sur ce sujet qui correspondent à ce que je vous dis.

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Dilemme a écrit le 16/03/2010 à 16:30 :

Les divergences avec l'Allemagne s'appellent démagogie, paresse et illusions. Et la responsabilité est collective, de la classe politique au dernier bulletin de vote, en passant par les leaders syndicaux et les journalistes qui construisent le tableau de bord du pays. Ce qui oblige Lagarde à aller mendier le droit de chanter au delà de l'été. Un bémol pourtant, les pays européens ne sont pas que complémentaires, ils sont aussi concurrents y compris dans la réalisation de la politique optimale, et dans ce cas il y a nécessairement un gagnant et un perdant. Certains espéraient que l'Allemagne serait plombée par la réunification, eh bien raté, ils se sont serré la ceinture et ils l'ont digérée. Chapeau!

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odette a écrit le 16/03/2010 à 14:52 :

Pour ma part j'ai voté non à cette Europe qui s'avère être de la poudre aux yeux pour les peuples concernés, sauf pour les banques et les grands trusts. Cela, malgré les apparences, ne rend pas service aux pays dilettants PIIGS et nous-même, d'autres aussi s'enrichissent "toute l'infrastructure administrative " -combien ça coûte ?- Il était à prévoir depuis plus d'un an que la crise allait nous dissocier, les Allemands ont raison il font ce qu'ils peuvent pour limiter les effets de la crise avec 82% du PIB de dettes pour 2010, nous, (Sarkosy) joue le type riche -sixième pays du monde le plus endetté 92,5% du PIB. Je ne suis pas d'accord avec votre article -pour avoir un Fonds monétaire européen il faut être crédible, vous rêvez lorsque vous écrivez "pacte de stabilité qui renforcerait la stabilité commune " c'est joli.Se souvenir de la Grèce, l' Espagne qui construit à gogo des immeubles sans se préoccuper de la vente/clientèle, son agriculture d'agrumes à quelques km de la mer, rien n'est préparé sérieusement, les détournements de fonds comme en Grèce vous n'en parlez pas, et l'Italie, le nord qui ne veut plus entendre parler du sud ! et le Portugal, etc. ...il y a trop de pays qui veulent passer la nuit en boîte ! J'aimerais bien rester Française, je ne veux pas être diluée en Européenne. Il y a quelques jours les Allemands étaient critiqués car ils exportaient beaucoup il faut croire qu'ils ont des acheteurs, et nous, que fait-on ? la moral comme C. Lagarde.

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