Contenu :

L'édito de la tribune Opinions
   Taille du texte : 
Source : La Tribune.fr - 13/04/2010 | 10:27 - 323 mots  | 

Boite à outils de l'article :

|

Retraite : où sont les jeunes ?

Par Sophie Gherardi, directrice adjointe de la rédaction de La Tribune.

Sophie Gherardi, directrice adjointe des rédactions de

Une part essentielle de notre pacte social est discutée à partir de cette semaine à l'occasion de la concertation sur les retraites. Les partenaires arrivent hérissés d'interdits : touche pas à l'âge de la retraite, disent les principaux syndicats ; touche pas aux cotisations, disent les représentants patronaux ; touche pas au montant des pensions, dit le gouvernement. Eric Woerth (54 ans) a reçu hier les chefs des cinq syndicats représentatifs des salariés (51, 53, 54, 57 et 60 ans), et ceux des trois organisations patronales (51, 62 et 65 ans).

Pourquoi mentionner l'âge des capitaines ? Simplement parce que, dans les négociations qui s'ouvrent, les principaux payeurs, numériquement parlant, ne sont pas représentés. Où sont les générations des 20, 30, 40 ans ? Pas au pouvoir, en tout cas. Or, ce qui va se décider va influer sur leur pouvoir d'achat, la durée de leur vie professionnelle et leur propre perspective de retraite. Qui défendra leurs intérêts ? La République, rétorquera-t-on, ne connaît pas de catégories, mais des citoyens qui seront tous traités avec équité. Ouais. A voir comment fonctionne la société depuis vingt ans, les jeunes générations ont des raisons de se méfier. La précarité, c'est pour elles, le chômage, c'est pour elles, les prix exorbitants du logement, c'est encore pour elles.

Les syndicats ne défendent pas les jeunes pour l'accès au marché du travail, pourquoi les défendraient-ils dans la réforme des retraites ? Les entreprises, grandes pourvoyeuses de stages gratuits et de CDD à rallonge, idem. Le gouvernement, idem. Il faudrait, comme la République romaine avait ses tribuns de la plèbe pour protéger ceux qui n'avaient pas de représentants au Sénat ou dans le patriciat, instaurer des tribuns des jeunes générations. Il est vrai que la plèbe avait obtenu qu'on lui donne des tribuns après une grave crise, en 494 avant notre ère : menacés d'esclavage pour dette, les plébéiens révoltés avaient quitté la ville et s'étaient retirés sur le mont Sacré. 2.500 ans plus tard, notre République n'a peut-être pas besoin d'attendre une révolte des jeunes pour prendre leur parti.

sgherardi@latribune.fr

Publicité
Vos réactions
Commentaires sur l'article

Pseudo :

Vous avez un commentaire à faire sur cet article ? Faites en part en remplissant le champ suivant :

> retour haut de page

  • eric a écrit le 15/04/2010 à 01:02 :

    • avant deja de reformer la retraite de francais, touchons plutot aux retraites des haut fonctionnaires et politiciens ! c'est scandaleux! http://www.dailymotion.com/video/x9ayyn_injustices-sur-les-retraites-justic_news par exemple, un depute avec 5ans de mandat aura droit a 60ans a une retraite de 1500eur net par mois,! tu trouves cela normal ?

  • dédé a écrit le 14/04/2010 à 16:31 :

    • Encore un constat, seulement un constat.

  • toto a écrit le 14/04/2010 à 13:49 :

    • Merci Madame pour votre analyse. Pour ma part, je suis parti travailler a l'etranger. Dans quel etat cette generation de baby boomer va passer la France a la prochaine generation ? ... juste quelques indices : dette de la France, nombre en baisse des actifs, etc ...

  • Verre a écrit le 14/04/2010 à 12:15 :

    • La réalité est plus cynique car une propagande pour rallier les jeunes est bel et bien faite, bien que ce soit discret. Elle présente des retraites à 70 ans qui seraient nécessairement cruelles et injustes pour les jeunes qui seraient désavantagés par rapport à leurs aînés, tout en sachant pertinemment que le système de retraite ne tiendra pas 40 ans de plus. Un système de retraite à 70 ou à 80 ans ne désavantagera que ceux qui doivent prendre la retraite dans les 10 ans. Les autres ne reverront pas la couleur de leur travail : retraite à 60 ans ou a 80ans ça ne changera pas leur problème.

  • Pomme a écrit le 14/04/2010 à 12:12 :

    • Le point de vue d'une quinquagénaire : j'ai 54 ans (l'âge des capitaines mentionnés par la journaliste), je suis au chômage depuis plus de 3 ans et sans beaucoup d'espoir, contrairement à un jeune, de pouvoir un jour retrouver un emploi et payer des cotisations retraite. Comme j'ai commencé à travailler très tard, je ne m'attends pas non plus à une retraite dorée. Tous les babyboomers ne sont donc pas à mettre dans le même sac ! Quant à la représentativité des partenaires sociaux, elle se limite à certaines catégories d'actifs (jeunes ou vieux) déjà bien protégées, c'est tout.

  • Gautier a écrit le 14/04/2010 à 12:00 :

    • Merci pour cette analyse pleine de clairvoyance, reflétant une opinion beaucoup plus répandue parmi la jeunesse (j'ai 23 ans) qu'on ne peut le croire. La génération de nos parents a connu des circonstances économiques exceptionnelles, a pu saisir des opportunités rares, s'est considérablement enrichie, tout en laissant à ses enfants et petits-enfants le soin de payer ses dettes (publique, mais aussi environnementale ou comportementale, nos ainés en pleine euphorie soixante-huitarde n'ayant pas jugé bon de nous transmettre les valeurs "rétrogrades" des générations précédentes, au premier rang desquelles la solidarité). Le résultat est d'avoir préparé notre génération à être la plus inhumaine, la plus cynique et décomplexée possible, avec pour seuls leitmotiv l'argent et le pouvoir. Le retour de bâton va être violent, attendons encore quelques années que nous puissions accéder au pouvoir auquel la génération précédente s'accroche tel un naufragé dans la tempête. Après nous le déluge, comme le dit un commentaire précédent, certes, mais oubliez retraite et protection sociale.

  • clemence66 a écrit le 14/04/2010 à 10:55 :

    • Le système "France" est mort, il bouge encore : réflexe neurologique. Tout ça se règlera à Bruxelles avec la tête de l'éxecutif qui reviendra au Pays en maudissant les méchants étrangers libéraux sans-coeur...

  • Pierre a écrit le 14/04/2010 à 08:12 :

    • Merci Mme Gherardi pour cette analyse. La génération du babyboom continue à détruire de façon systématique et méthodique ce qui lui a permis de s'élever socialement (école, retraite, emploi, économie) au préjudice de ses propres enfants, en les culpabilisant au passage? Après nous le déluge.

> Retour haut de page

CAC 40 : 3976,47 -0,25%
Recherche valeurs :
Sultanat d'Oman
  • 1 Sultanat d'Oman
    Les silhouettes & paysages du Dhofar
  • 2 Sultanat d'Oman
    Le sultanat est constitué à 80% de déserts
  • 3 Sultanat d'Oman
    La ville de Sur et ses traditionnels dhow
  • 4 Sultanat d'Oman
    Les monts Hajjar (ici le Djebel al Akhdar) est l'une des 3 régions montagneuses du pays
  • 1 Sultanat d'Oman
    Le fameux arbre à encens du Dhofar, le boswellia sacra
  • 2 Sultanat d'Oman
    Sur la côte, le vent a donné naissance à d'étonnantes formations géologiques
  • 4 Sultanat d'Oman
    Fenêtre sur la mer d'Oman
  • 5 Sultanat d'Oman
    Village traditionnel des montagnes du Hajjar
  • 6 Sultanat d'Oman
    La pêche est la 2è ressource du sultanat d'Oman
  • 7 Sultanat d'Oman
    Plages de la Réserve naturelle de Ras al Jinz
  • 8 Sultanat d'Oman
    Les cultures en terrasse du plateau de Sayq, perché à 2000 m d'altitude
  • 9 Sultanat d'Oman
    Le sultanat d'Oman et ses fonds marins peu explorés
  • 10 Sultanat d'Oman
    Les eaux omanaises hébergent 85 variétés de coraux durs et mous.
  • 11 Sultanat d'Oman
    L'entrée du port de Sur
  • 12 Sultanat d'Oman
    Classées au Patrimoine mondial de l'Unesco, les tombes de Bat datent du IIIème millénaire av. J.-C
  • 13 Sultanat d'Oman
    Tortue verte sur la plage de Ras al Jinz
  • 14 Sultanat d'Oman
    Les vasques naturelles des wadi offrent de belles occasions de baignade
  • 15 Sultanat d'Oman
    Les montagnes omanaises sont entaillées de nombreux wadi (oueds)

Pied de page :