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point de vue

Innovation : c'est le marché qui décide !

Source : La Tribune.fr - 27/04/2010 | 07:24 - 610 mots  | 
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Par François Drouin, PDG d'Oséo.

L'excellence scientifique française ne fait plus débat : nos chercheurs sont unanimement salués pour leur savoir-faire. Mais l'exploitation économique des connaissances issues de la recherche, en revanche, est loin d'être optimale...

Comment expliquer cette "schizophrénie" du système français ? La faute est en partie imputable au modèle de financement de la R&D&I, adopté par notre pays. La recherche bénéficie d'un soutien important des pouvoirs publics. Tant mieux ! Nul ne remet en cause la nécessité de posséder un appareil de chercheurs à la pointe pour rester compétitifs.

Oui, mais... La prouesse scientifique n'est pas une fin en soi. L'argent de l'Etat doit rester source de richesse, de croissance et d'emplois. Et la recherche ne devient moteur de croissance que si l'idée rencontre son marché. C'est tout l'enjeu de l'innovation !

En France, notre modèle de valorisation de la recherche repose sur une démarche "technology push" : les chercheurs travaillent à partir de financements publics alloués selon des logiques sectorielles, sans aucune garantie de commercialisation à la clé. L'expérience prouve que les modèles les plus performants à l'étranger adoptent une démarche inverse de la nôtre. Ils favorisent la méthode dite du "market pull" : ce sont les entrepreneurs qui sélectionnent les idées les plus porteuses produites par la recherche pour les porter sur le marché.

Les financements publics dédiés à l'innovation doivent prioritairement servir deux objectifs distincts, mais complémentaires : la stimulation des efforts de R&D au sein des entreprises innovantes - efforts aboutissant directement à une commercialisation, selon la logique de toute entreprise - et l'incitation à une plus grande collaboration des sphères publique et privée, permettant une optimisation de l'effet de levier engendré par les financements de l'Etat.

Certes, les pouvoirs publics ont déjà fait beaucoup en ce sens. La création en 2005 d'Oséo, bras armé de l'Etat en matière de soutien de l'innovation, à partir de la fusion de l'Agence nationale de valorisation de la recherche (Anvar) et de la Banque publique des PME (BDPME), en a été la preuve flagrante. Il faut soutenir l'innovation au sens large du terme, c'est-à-dire aussi bien la création de produits et procédés innovants que leur diffusion dans le tissu économique.

A travers l'octroi de subventions et d'avances remboursables pour les projets d'innovation les plus risqués, mais aussi la garantie des interventions en fonds propres et le cofinancement aux côtés des banques des investissements, notamment immatériels, les plus prometteurs, Oséo intervient dans l'optique que tout denier public mobilisé génère un important effet de levier. Il est une illustration de cette volonté croissante d'appréhender l'innovation comme un moteur de croissance sans égal, mais aussi comme un processus complexe nécessitant l'intervention de toute une chaîne d'acteurs socio-économiques dans un contexte globalisé.

Oeuvrer à la coopération entre universités, laboratoires et industries, inciter à la collaboration entre PME et grandes entreprises, décloisonner les secteurs au profit d'écosystèmes permettant l'éclosion des projets innovants, favoriser la présence des PME au sein des pôles de compétitivité, aider les entreprises à exporter et à collaborer avec des entreprises étrangères... Voilà ce que des finances publiques bien orientées permettent de faire et voilà ce qui crée de la valeur.

De nombreuses initiatives gouvernementales vont en ce sens, complétant de manière opportune l'action d'Oséo : crédit d'impôt recherche, loi Tepa-ISF, création du statut d'"entreprise innovante" permettant l'accès aux FCPI... C'est bien, mais il faut pousser cette logique encore plus loin. C'est l'objet de l'emprunt national pour les investissements porteurs d'avenir. Les PME vont y trouver un soutien pour tirer notre pays sur le chemin de la croissance. Ce sont elles qui nous permettront de sortir de la crise par le haut. Donnons-leur les moyens de faire de la France le grand pays d'entrepreneurs et d'innovation dont nous rêvons tous !

François Drouin - 27/04/2010, 07:24  | 
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  • yaounne a écrit le 29/04/2010 à 10:31 :

    • Monsieur François Drouin, Je viens de recevoir à Genève, la Médaille d'OR avec Félicitations du Jury, pour une demande de Brevet portant sur: engin de récupération de lEnergie des courants marins et courants de marées. Mais ou était donc Oséo? J'ai eu longuement sur mon stand, Yury V. Alekseev, Chairman of the Board of Directors de Optima Project (Center of Researches & introduction of Innovational Technologies of Management of Organisations (directement suivi par Dmitri Medvedev, J'ai eu des Chinois, des allemands , des Italiens, des Suisses bien sur, J'ai eu des propositions concrètes en Tunisie, Mais ou donc étaient les Français???? J'ajouterai que j'étais là, à Genève, à 74 ans et 14 ans de retraite par la faute des politiques Français car j'ai voulu faire "cadeau" de mes inventions. Allez donc faire un tour sur le SiteWeb : 2030-energie-marine.com et lisez la page ''Partenariat'' et vous verrez que votre complainte et peu de chose à coté du vrai problème

  • Henni73 a écrit le 29/04/2010 à 08:24 :

    • Suite au commentaire de ch, au delà de la dichotomie ingénieur/chercheur pendant la période de formation, il y a le problème de recrutement des docteurs dans le secteur privé: pourquoi les drh français se méfient-ils des docteurs? Plutôt que de chercher à tout prix à sous-traiter un projet R&D par un labo public à un moindre coût, le privé devrait utiliser le CIR à bon escient pour l'embauche de docteurs plutôt que de profiter de l'effet d'aubaine de cette niche fiscale, qui d'ailleurs bénéficie plus aux très grandes entreprises qu'aux PME et start-up. Il faut faire le ménage dans le monde du CIR. Le soutien des banques française est aussi à critiquer: elles sont plus frileuses pour investir dans les entreprises que pour spéculer sur des actifs toxiques.

  • ch a écrit le 27/04/2010 à 17:00 :

    • le PDG d'Oseo, nous explique que c'est bien Oseo. super valeur informationnelle "Mais l'exploitation économique des connaissances issues de la recherche, en revanche, est loin d'être optimale..." c'est le moins qu'on puisse dire. et plutot que du push/pull on peut se demander aussi si ça n'a pas quelque chose à voir avec le système éducatif scientifique français, unique en son genre dans sa dichotomie ingénierie/recherche.

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