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La marche sur Rome de Groupama

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Par Pierre-Angel Gay, directeur adjoint de la rédaction de La Tribune.

En Italie, plus qu'ailleurs, tout vient à point à qui sait attendre... Neuf ans après son entrée surprise, aux côtés de Vincent Bolloré, dans la banque d'affaires milanaise Mediobanca - "un bon poste d'observation", disait-on alors -, Groupama devrait enfin recueillir les fruits de sa patience. Mardi, le groupe d'assurances était autorisé à prendre 17,1% du holding italien Premafin. Et les événements de mercredi l'ont plutôt encouragé dans son projet d'entrer au capital de la filiale de celui-ci, FonSAI, dont il voudrait détenir directement 17% à 20%. De quoi faire du français, si les autorités boursières donnent leur feu vert, un actionnaire incontournable du deuxième assureur transalpin.

L'avancée serait d'importance pour le groupe dirigé par Jean Azéma qui n'a, depuis des années, qu'une seule obsession : se hisser dans le Top 10 européen de l'assurance. Dès 2004, il avait adapté ses structures mutualistes en créant Groupama SA. Il voulait alors, à l'image du Crédit Agricole, être en mesure d'entrer en Bourse pour financer une éventuelle opération transformante, autrement dit une grosse acquisition. Celle-ci lui a échappé en juin 2006, lorsqu'Axa lui a soufflé pour près de 8 milliards d'euros le suisse Winterthur.

Depuis, Groupama n'a pas démérité, qui a porté en trois ans de 15% à 30% la part du chiffre d'affaires réalisée à l'international. Mais il lui manque encore l'opération majeure qu'une alliance capitalistique avec Premafin-FonSAI pourrait suppléer. L'appui constant que Groupama a apporté au groupe Bolloré au sein de Mediobanca trouverait enfin sa récompense. La stratégie de Jean Azéma a trop souvent été incomprise, voire parfois moquée, pour que cela ne soit pas souligné. 

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