D'où parle le PS ?

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Par Jacques Rosselin, directeur de la rédaction à La Tribune

Quelle est la vision économique du PS ? La primaire va sans doute mettre fin à un malentendu qui s'est installé depuis l'ère Mitterrand, plus précisément depuis 1983. L'invité inattendu du débat de ce mercredi, Arnaud Montebourg, y est pour quelque chose. C'est lui qui pose en effet au futur candidat de l'opposition l'embarrassante question de l'identité de son parti : d'où parlez-vous camarades ? Vous rangez-vous du côté de la social-démocratie, des sociaux-libéraux, du côté de l'alternance tranquille à l'européenne ? Ou le Parti « socialiste » doit-il intégrer dans son programme la mise sous tutelle des banques, la remise en question des traités européens, le retour d'un État fort et protectionniste, menant la bataille de la « démondialisation » ? Si elle n'est pas qu'une manoeuvre politicienne, la lettre adressée à François Hollande et Martine Aubry est l'opportunité de clarifier le jeu politique et le choix de société proposé par le PS au pays qui, en près de vingt ans, l'a vu évoluer avec perplexité : désindexation des salaires par Delors, politique du franc fort et alignement sur le mark par Bérégovoy, explosion de la Bourse et création du Matif sous Mitterrand, record des privatisations sous Jospin, signatures des traités de Maastricht et de Lisbonne sans oublier le Traité constitutionnel européen... La confusion s'est installée ouvrant la voie aux extrêmes, chantres du « tous pourris ». Jean-Luc Mélenchon a eu l'habileté de tirer les conséquences de cette fracture en la gauche dite « moderne »... et l'autre. Pour les Français et tout particulièrement le monde économique qui sera au centre de la campagne, c'est une clarification et, à terme, une recomposition politique importante qui est à portée de main cette semaine. On ne peut que s'en féliciter, quelle que soit son opinion. La démocratie se porte d'autant mieux que les choix qu'elle propose sont clairs.

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Commentaires
a écrit le 12/10/2011 à 10:46 :
Au moins, on sait maintenant que la rédaction de La Tribune penche à gauche et pour quel candidat !

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