Au Forum de Bamako, l'Algérie des entrepreneurs se lance à la conquête du marché africain

Conduite par Ali Haddad, président du Forum des chefs d'entreprise (FCE) algériens, une importante délégation était ces jours-ci à Bamako, au Mali, pour renouer avec ce pays et y prendre des contacts au plus haut niveau afin de développer des relations d'affaires.
Ali Haddad, président du Forum des chefs d'entreprise (FCE) algériens.

Un peu plus d'un mois après le sommet Afrique-France de Bamako, dont il fut le principal artisan, Abdoullah Coulibaly, fondateur du Forum de Bamako, a convié du 23 au 25 février chefs d'entreprise, experts, banquiers, urbanistes et architectes, membres de la société civile à la XVIIe édition de son forum, où l'invitée d'honneur était l'Algérie et le thème de cette année « l'Urbanisation en Afrique ».

C'est en effet un défi majeur pour le continent confronté depuis quelques années à une croissance urbaine exponentielle. Tant il est vrai que - comme le souligne Ali Haddad, le « patron des patrons » algériens, « la population citadine a déjà doublé en vingt ans (passant de 237 millions d'habitants en 1995 à 472 millions en 2015) et que la population urbaine représentera 60 % de la population africaine en 2030 ». Et l'urbanisation accélérée de l'Afrique ne sera pas sans conséquences économiques... sur la vie quotidienne des Africains et les échanges commerciaux entre pays voisins.

Invitée d'honneur, l'Algérie a donc bien saisi l'opportunité de cette rencontre et de cette plateforme d'échanges pour lancer une offensive en règle de « diplomatie économique » à l'égard - pour ne pas dire à la conquête - du Mali voisin, avec lequel les relations ne furent pas toujours si simples.

« Créer un axe Paris-Alger-Bamako »

Le président du Forum des chefs d'entreprise (FCE), Ali Haddad, et le président du FCE international, Kacem Aït Yalla, ont ainsi conduit une importante délégation algérienne au Mali, où nombre d'entrepreneurs ont visiblement décidé d'investir pour faire des affaires dans des secteurs porteurs comme l'agro-alimentaire, et tenter de contrecarrer les belles réussites du Maroc (troisième investisseur au Mali, derrière la France et l'Espagne) dont les autorités et les opérateurs économiques sont très actifs depuis plusieurs années dans toute l'Afrique de l'Ouest et l'Afrique sub-saharienne.

« L'avenir de l'Algérie, c'est l'Afrique », affirme Ali Haddad qui reconnaît que jusqu'ici  l'Algérie n'était guère présente sur le plan économique en Afrique, mais qui ajoute aussitôt qu'« elle a pris conscience de la nécessité d'aller sur le marché international » et de mettre en quelque sorte les bouchées doubles pour rattraper le temps perdu pendant les « années de plomb » où l'Algérie fut confrontée au terrorisme qui fit plus de 200 000 morts ,dans les années 1990.

À la tête d'une organisation qui revendique plus de 3 500 chefs d'entreprise réalisant un chiffre d'affaires de 35 milliards de dollars par an, le « patron des patrons » algériens se veut avant tout un pragmatique, prêt à faire flèche de tout bois. « Le meilleur partenaire, c'est la bonne affaire », affirme-t-il tout de go, en se disant persuadé que « l'Algérie peut aider par exemple le Mali à combattre l'exode rural » et en rappelant que « beaucoup de produits alimentaires transformés et en provenance d'Algérie sont déjà distribués au Mali, comme le concentré de tomate, le sucre, etc.

L'Algérie se positionne également dans un tout autre secteur, celui de l'énergie, indispensable et stratégique pour le développement : elle vient ainsi d'annoncer la construction au Mali de deux centrales électriques de 40 et 50 mégawatts. Les opportunités sont donc nombreuses pour les chefs d'entreprise algériens, bel et bien décidés à conquérir dans ce pays voisin des parts de marché importantes.

Créateur de l'écran plat, son comparse du FCE International, Kacem Aït Yalla, insiste pour sa part sur la nécessité de créer au plus vite « un axe entre Paris, Alger et Bamako ». Pour améliorer la rentabilité de certaines affaires et pour qu'Alger devienne ainsi un  passage incontournable dans la relance et le développement de contrats importants entre la France et l'Afrique subsaharienne. Là encore, la volonté de contrer l'activisme économique et les ambitions du Maroc apparaît évidente.

La page est donc bel et bien tournée de la guerre au Mali, où - à la suite des accords d'Alger de juin 2015, qui sont pourtant loin d'être encore pleinement appliqués - les autorités font le maximum pour relancer la machine économique et attirer les investisseurs étrangers, y compris du « grand frère » et voisin algérien.

« Il y a de bonnes affaires à faire au Mali »

Comment investir aujourd'hui au Mali ? C'est une vraie question à laquelle a tenté de répondre au cours du Forum de Bamako le ministre malien de la Promotion des investissements et du secteur privé, Konimba Sidibé. Il a ainsi énuméré une liste impressionnante de secteurs précis où les investisseurs algériens et les autres seraient à coup sûr les bienvenus, comme la transformation locale du coton (dont le Mali est avec le Burkina Faso l'un des principaux producteurs) qui ne dépasse pas actuellement les 2 % de la production, ou encore l'exportation de bétail, « alors que le Mali ne compte à ce jour qu'un seul abattoir digne de ce nom ! ».

« C'est un marché colossal », estime d'ailleurs ce ministre qui cite encore pêle-mêle les produits laitiers, le riz, la canne à sucre ou l'industrie des peaux et cuirs. Pour conclure : « Il y a de bonnes affaires à faire au Mali ».

Vice-président de la Chambre de commerce et d'industrie du Mali, Mamadou Baab Sylla, abonde dans le même sens, tout en reconnaissant que « l'Afrique est une destination qui fait parfois peur aux investisseurs » (en raison du terrorisme mis en avant dans les médias) et que « le commerce inter-africain est encore très timide ». Mais les autorités économiques du pays s'emploient à faire bouger les lignes. Et des rencontres comme le contribuent assurément à donner une image beaucoup plus positive du pays, où un Forum d'affaires sur le thème « Investir au Mali » devrait être organisé en marge de la prochaine Foire de Bamako, à la fin de l'année.

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Commentaires 12
à écrit le 03/03/2017 à 5:59
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Au Forum de Bamako, l'Algérie des entrepreneurs se lance à la conquête du marché africain... avec le concentré de tomate.

à écrit le 02/03/2017 à 16:32
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Algorithmique et un Pour commencer l'Algerie ne critique pas le Maroc c'est plutôt le contraire t'a qu'a voir des sites comme yabiladi ou 360ma, fait une comparaison tu le verra tout de suite, l'Algerie ne perd pas d'argent elle l'investi ce qui n'e...

le 03/03/2017 à 10:43
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@Dadi Regardez donc les journaux algériens, il ne se passe pas un jour sans qu'il n'y ait un article sur et contre le Maroc! c'est faux! l'Algérie n'investi pas en Afrique, elle a certe donné de l'argent (souvant en dehors des résaux et canaux offici...

le 03/03/2017 à 20:39
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chihe commencez avec la kabilye et le mzab

à écrit le 02/03/2017 à 14:39
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Algorithmique et un Pour commencer l'Algerie ne critique pas le Maroc c'est plutôt le contraire t'a qu'a voir des sites comme yabiladi ou 360ma, fait une comparaison tu le verra tout de suite, l'Algerie ne perd pas d'argent elle l'investi ce qui n'e...

à écrit le 02/03/2017 à 13:23
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Comment ça mais elle est midi et tout le monde est parti

à écrit le 02/03/2017 à 9:05
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je ne comprend pas pourquoi l'Algérie critique le Maroc, mais le cite toujours! quoi que l'Algérie entreprend, elle le fait avec le Maroc comme arrière penssée. l'objectif c'est toujours de contrer le Maroc, quitte à perdre de l'argent. l'Algérie est...

à écrit le 02/03/2017 à 6:22
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Ali Hadad est le même prototype que Rafik Khalifa. Ils sortent du même moule de la nomenclature inculte qui gouverne l'Algérie. Un proverbe maghrébin rappelle que si la pêche était un médicament, elle aurait été un remède d’abord pour elle-même. ...

à écrit le 01/03/2017 à 22:21
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commentaire caricatural et primaire , donc insignifiant et inutile. JB vous n elevez pas le niveau bien au contraire.

le 01/03/2017 à 23:36
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rb c est l algerie qui est primaire aucune vision politique a part detruire ce que le maroc essai de construire qui etait contre le maroc dans son retour a l ua qui est contre le maroc a l onu qui a cree finance et arme des separatiste contre le maro...

à écrit le 01/03/2017 à 18:52
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l avenir de l algerie c est l afrique bien sur pour la chasse au noir en algerie ou le ministre des droit de l homme les accuse de propager l ebola et le sida l algetie se tourne vers l afrique que pour conter le maroc. elle n a rien a offrir sauf ma...

le 02/03/2017 à 1:28
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@jb L'Algérie fait ce qu'elle a à faire et le Maroc fait ce qu'il a à faire. On pourrait aussi vous accuser d’être exportateur lourd de cannabis sans être trop caricatural. Arretez de mettre tout vos problèmes sur le dos de 'Algérie et faites acc...

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