Anaïs Vivion, l'insatiable "killeuse" d'applications mobiles

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Anaïs Vivion, fondatrice de BeApp.
Anaïs Vivion, fondatrice de BeApp. (Crédits : DR)
À 27 ans, la cofondatrice de BeApp veut devenir la référence nationale de l'accompagnement des stratégies mobiles multiplateformes.

Elle a l'entreprenariat dans la peau. Derrière ses lunettes à monture épaisse et ses yeux rieurs, Anaïs Vivion ne désarme pas.

"Je le sais. Je suis une main de fer dans un gant de velours. D'ailleurs, c'est écrit sur ma carte. Je suis directrice générale, donc, c'est moi qui dirige et prends les décisions."

Et des décisions, elle en prend. De 8 heures à 22 heures, elle enchaîne petits-déjeuners, webinars, pitches à la Cantine numérique, entretiens d'embauche, déjeuner avec un client, un œil sur le management, les business plans, l'administratif, la communication, et repart en réunion avec les équipes ou ses associés pour décider du futur modèle économique... Des enfants ?

"Je n'ai pas le temps, je crée des applis", lance la gérante et cofondatrice de BeApp.

En moins de quatre ans, la startup nantaise est devenue une agence spécialisée en stratégie et innovation autour des applications pour les mobiles, prisée par des groupes de presse (Sud-Ouest, 20 minutes...), des assureurs, des banquiers, des e-commerçants, des sociétés de services et des startups...

« L'ambition est de devenir une référence nationale d'ici à trois ans », souligne l'entrepreneuse, auréolée, à 27 ans, de nombreuses distinctions (Prix du Jeune entrepreneur de l'Ouest, catégorie Numérique; prix Femme Digital Ouest...).

« J'ai toujours pensé que je monterai ma boîte à un moment donné », raconte cette fille d'apicultrice et d'un conseiller d'éducation.

Entrée dans le monde du travail en alternance comme chargée de communication et de marketing dans une entreprise spécialisée dans le contenu multimédia et la cartographie pour mobile, elle se passionne pour le monde de l'informatique et se prend très vite au jeu du commercial, des business plans, de la négo et de l'organisation entrepreneuriale, ...

« Jusqu'à devenir sans doute trop envahissante aux yeux de mon patron... », observe-t-elle.

Anaïs a du flair

Les usages et les besoins grandissants autour du mobile lui titillent les narines.

« Ce qui me plaît dans l'IT, c'est que c'est un secteur qui n'a ni âge ni sexe. Dans le mobile, c'était nouveau et plein de concepts à créer. »

Alors, en 2011, elle quitte Bordeaux, rejoint son mari à Nantes où elle fonde BeApp avec deux experts rencontrés lors de ses précédentes expériences. Ces derniers détiennent 30% du capital, Anaïs 70%. Yann Borissoff, designer, prend en charge la direction artistique ; Cédric Guinoiseau, ingénieur, la direction technique. Ces « trois gros bosseurs » aux profils et caractères complémentaires vont faire de l'humilité, du professionnalisme, de la passion et du partage les valeurs de l'entreprise et un critère de sélection. Lors d'entretiens d'embauche, chaque candidat doit avoir la moyenne pour chacun de ces items.

D'emblée, Anaïs Vivion se rapproche de l'incubateur Atlanpole, intègre le dispositif Atlantic Pionnières, dédié à l'accompagnement des femmes chef d'entreprise et fréquente le club Melcion. Un moyen de professionnaliser son projet.

« J'ai vraiment ressenti la générosité de la communauté entrepreneuriale. Si vous êtes humble, à l'écoute et prêt à vous remettre en cause, ils vous apportent un vrai regard critique », dit-elle, passionnée par les entrepreneurs à succès.

Pour BeApp, l'objectif était clairement affiché : proposer à la fois du conseil sur mesure et monter une plateforme, type « Wordpress », pour développer soi-même des applis mobiles.

« On a voulu simplifier l'approche. Aujourd'hui, les clients se moquent des aspects techniques. Ils veulent savoir l'intérêt de passer sur mobile, et quel sera leur retour sur investissement. »

Avec 1.000 euros en poche, le trio part en quête de financement. Le réseau Nantes Initiatives lui accorde 23.000 euros. Malgré des premiers clients dès les premiers mois, l'enthousiasme bancaire est pour le moins modéré. Seule BNP Paribas accepte de les suivre pour 70.000 euros. Des partenariats conclus avec EADS, Total, le réseau Entreprendre et quelques autres permettent de rassembler 200.000 euros pour lancer la plateforme et effectuer les premières embauches.

« La double vocation de notre modèle économique a rassuré », explique Anaïs Vivion. Pas pour longtemps. La plateforme ne trouvera jamais son marché.

« On a voulu industrialiser trop tôt »

Le dilemme, c'est que la communication menée autour de la plateforme a, en revanche, généré du business pour la seconde activité de BeApp, qui se repositionne en 2013 comme agence innovation mobile. Le virage est pris.

« Mais nous ne sommes pas une agence de développement d'applis, précise Anaïs Vivion. Notre métier, c'est d'accompagner les stratégies mobiles multiplateformes. Nous intervenons très en amont des concepts. On fait du benchmark, on anime des réunions de créativité, on teste des maquettes visuelles auprès de communautés, etc. Comme nous sommes plantés nousmêmes, on connaît les erreurs à ne pas faire. Il faut le savoir, le mobile, c'est onéreux, alors il faut conduire une stratégie payante », insiste la patronne de BeApp, devenue aussi un centre de R & D pour 50% de ses clients, grâce à une équipe de neuf ingénieurs et un agrément crédit impôt recherche et crédit impôt innovation.

De 300.000 euros en 2013, le chiffre d'affaires a doublé l'année suivante et s'est hissé à 810.000 euros en 2015. Très vite, l'effectif de BeApp est monté de sept à 14 personnes, et 18 aujourd'hui. « Une taille un peu bâtarde », s'impatiente Anaïs Vivion, qui réfléchit à la mise en oeuvre d'un comité de direction pour déléguer et se déployer sur le territoire national. L'ouverture d'une agence parisienne est programmée pour 2016.

« Et on aimerait s'installer à Lyon d'ici à deux ans », s'enthousiasme la jeune chef d'entreprise, prête à dégainer.

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MODE D'EMPLOI

  • Où la rencontrer ? Dans les locaux de BeApp à Nantes ou dans le TGV, le lundi ou le mardi !
  • Comment l'aborder ? Sur les réseaux sociaux (Twitter, Linkedin) ou par courriel.
  • À éviter ! Le manque d'humilité.

TIME LINE

  • 13 mars 1988 Naissance à Auxerre.
  • 2009-2011 Master 2, Management et stratégie d'entreprise à Bordeaux (Formasup).
  • 2011 Création de BeApp.
  • 2012 Lauréate Total. Développement et Réseau Entreprendre.
  • 2013 Prix du jeune entrepreneur de l'Ouest (La Tribune).
  • 2014 Prix de la femme dans les TIC de l'Ouest.
  • 2015 Prix de l'entrepreneure du digital de l'Ouest.
  • 2018 Devenir la référence nationale dans l'innovation et les stratégies mobiles multiplateformes.

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Commentaires
a écrit le 25/02/2016 à 9:30 :
Sympa la nana ! Bravo 👏💐
Mais j ai pas tout compris dans le business modèle !?☃

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