Ouistock, une plate-forme qui propose du "costockage" dans 1.500 villes

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De gauche à droite, Neville Ricour et Simon Ryckembusch fondateurs de Ouistock
De gauche à droite, Neville Ricour et Simon Ryckembusch fondateurs de Ouistock (Crédits : DR)
Les deux fondateurs de la plateforme Ouistock veulent conquérir le marché du garde-meubles entre particuliers. Leur service propose 500.000 mètres cubes à louer en stockage d'affaires personnelles à travers toute la France.

Simon Ryckembusch et Neville Ricour conduisent leur entreprise en hommes d'affaires aguerris. Un an et demi après avoir été créé, leur service est utilisé dans plus de 1.500 villes. Les 500.000 mètres cubes à louer en stockage d'affaires personnelles par l'intermédiaire de leur site Web, www. ouistock.fr, dépasseraient ceux mis à disposition par HomeBox ou Shurgard, les leaders du self-stockage en France. Et ceci sans avoir eu à investir dans des bâtiments. Ils ont juste eu l'idée « géniale » de faciliter la location de surfaces de stockage entre particuliers, au moment où l'économie collaborative est en plein essor dans l'Hexagone et permet à bien des Français de boucler leurs fins de mois, au moment aussi où la mobilité professionnelle les oblige à déménager bien plus souvent que leurs aînés. Mais sans la forte volonté de ces jeunes hommes de créer leur propre affaire, le succès n'aurait sans doute pas été si rapide.

Tous les deux se voyaient en chef d'entreprise bien avant de savoir dans quelle activité. Et c'est parce que HEI proposait une formation à l'entrepreneuriat en cinquième année qu'ils ont choisi de poursuivre leurs études dans cette école d'ingénieur de Lille.

L'expérience entrepreneuriale

Ils avaient également l'intention de prendre une année de césure au cours de leur cursus, avec l'idée d'acquérir une expérience professionnelle qu'ils mettraient plus tard à profit dans leur propre société. Pour Neville Ricour, cela voulait dire passer six mois dans un grand groupe et six mois dans une startup. Simon Ruckembusch est, lui, parti à Shenzhen, en Chine, travailler pour le compte d'une société française d'inspection, avant d'intégrer le service technique d'une société de promotion immobilière.

Les deux élèves ingénieurs avaient fait connaissance avant de partir en césure. Neville était entré à HEI juste après son baccalauréat. Simon avait intégré l'école plus tard après avoir obtenu un DUT en génie civil en région parisienne, et suivi une année de formation en alternance comme conducteur de travaux dans le secteur du bâtiment. Ils aimaient travailler ensemble et se savaient complémentaires. Simon est très à l'aise pour s'exprimer et négocier. Il est plutôt tourné vers l'action. Neville est plus posé et mieux organisé. Il est la force calme.

« Et on peut compter l'un sur l'autre. Nous avons compris qu'ensemble nous pourrions plus facilement nous lancer dans la création d'entreprise. Restait à trouver l'idée. »

Elle est venue d'un besoin auquel Simon était régulièrement confronté. Celui de savoir où entreposer ses cartons à chacun de ses déménagements d'une ville à une autre et d'un pays à un autre. Pas question de faire appel aux professionnels du garde-meubles. C'était bien trop cher pour son budget d'étudiant. Son seul recours était de trouver de la place chez des membres de sa famille et chez des amis.

« Nous avons constaté que beaucoup d'étudiants et de jeunes actifs avaient le même problème. Ils abandonnaient leurs affaires ou les revendaient. Partant de là, nous avons lancé une étude de marché sur l'évolution de l'offre et des besoins en gardemeubles », racontent Simon et Neville.

Un marché du stockage conséquent en France

En 2010, en effet, ce marché générait 1,5 milliard d'euros en Europe pour les professionnels du stockage. En 2015, c'était 2,5 milliards d'euros et les prévisions tablent sur 5 milliards d'ici à 2020.

« Après la Grande-Bretagne, la France est le pays européen où l'on dénombre le plus grand nombre de centres de stockage. Et c'est aussi le pays où l'économie du partage entre particuliers se développe le plus. Toutes les conditions étaient donc réunies pour que le costockage trouve son public. »

Dès leur stage de fin d'études terminé en septembre 2013, Simon Ryckembusch et Neville Ricour intégraient l'incubateur de l'Institut de l'entrepreneuriat de l'université catholique de Lille, dont fait partie HEI. En janvier 2014, ils entraient à EuraTechnologies, le temple du numérique lillois. Entretemps, ils avaient trouvé un financement de 25 000 euros auprès de la Région, un prestataire pour la construction de leur site et l'aide de plusieurs structures d'accompagnement, comme le Réseau Entreprendre, Finorpa et Lille Métropole Innovation.

« On parlait à tout le monde de notre projet pour s'enrichir de la critique et de la confrontation. Car on ne peut pas tout savoir tout seul. »

Simon Ryckembusch et Neville Ricour ont tout de suite eu une démarche professionnelle pour construire leur offre. Dès le départ, ils ont mis sur pied un service complet avec une assurance des biens compris dans le prix du stockage, dans le cadre d'un partenariat avec le courtier Verspieren et la compagnie SwissLife, ainsi qu'un paiement sécurisé via Mangopay, et des propositions additionnelles comme la location d'un véhicule à prix réduit, auprès de FranceCars. Une stratégie gagnante. Un an et demi après son ouverture, le site compte 45.000 visiteurs par mois. Ils sont des dizaines chaque jour à y louer un espace de stockage.

Passer par Ouistock coûte deux à trois fois moins cher que de louer un box dans un gardemeubles, et on entrepose ses affaires bien plus près de chez soi. En plein coeur de Lille, dix mètres carrés d'un garage coûtent entre 70 et 90 euros par mois. Une cave revient à une soixantaine d'euros. Francis Nappez, cofondateur de BlaBlaCar, Angélique Gérard, directrice de la relation client d'Iliad-Free, et Gonzague de la Tournelle, directeur général de Mobile Network Group, ont investi dans la startup lilloise en juin 2015, dans le cadre d'une première levée de fonds de 600.000 euros.

« À la fin de 2016, nous comptons lever entre deux et trois millions d'euros pour financer notre développement à l'international », confie Simon Ryckembusch. D'ici là, Ouistock vise à renforcer sa position dans l'Hexagone.

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MODE D'EMPLOI

Où les rencontrer ? Autour de la citadelle de Lille, où Neville court deux à trois fois par semaine. Dans le train Paris-Lille, que Simon emprunte très régulièrement pour se rendre de chez lui à EuraTechnologies.

Comment les aborder ? Avec dynamisme, optimisme et enthousiasme, sans se prendre trop au sérieux.

À éviter ! Avoir un avis sur tout sans en avoir la légitimité. Les « il n'y a qu'à » et « il faut que » les font fuir.

TIME LINE

  • 1987 Naissance de Simon Ryckembusch.
  • 1988 Naissance de Neville Ricour.
  • 2009 Rencontre en 3e année d'HEI.
  • Janvier 2013 Lancement de l'idée de Ouistock en 5e année d'HEI.
  • 2014 Création de Ouistock à EuraTechnologies.
  • Juin 2015 Première levée de fonds de 600.000 euros.
  • Décembre 2016 Deuxième levée de fonds de 2 à 3 millions d'euros.
  • 2020 Leader européen avec un chiffre d'affaires de 30 millions d'euros.

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