Vietnam : le choix de l'internationalisation

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Une grande partie des téléphones Samsung sont désormais assemblés au Vietnam
Une grande partie des téléphones Samsung sont désormais assemblés au Vietnam (Crédits : © Gustau Nacarino / Reuters)
Le Vietnam diversifie son économie à grands pas. Il devient de plus en plus "l'atelier du monde", pour l'assemblage de téléphones portables, notamment: Samsung y a transféré une grande partie de sa production. Par Michel Fouquin, conseiller au CEPII

Le Vietnam accentue son insertion internationale pour accélérer son développement, à l'image de l'expérience chinoise démarrée dans les années 1990. Cette stratégie s'appuie sur deux piliers : l'accueil d'investissements directs étrangers dans l'industrie et la promotion des exportations.
L'adhésion du Vietnam à l'OMC en 2007, sa participation active aux négociations du TransPacific Patnership (TPP), l'ouverture des négociations pour un accord de libre-échange avec l'UE en 2012, sont autant de signes de la priorité donnée par le gouvernement de ce pays à son insertion internationale pour accélérer son développement. Cette stratégie de développement s'appuie sur deux piliers : l'accueil d'investissements directs étrangers dans l'industrie et la promotion des exportations. Elle s'inspire de l'expérience chinoise démarrée dans les années quatre-vingt-dix.


Diversification des activités, notamment dans les télécoms

D'une spécialisation très marquée par la dépendance aux exportations de matières premières énergétiques, le Vietnam a pu se diversifier, surtout depuis les années 2000, en développant d'autres avantages dans l'industrie manufacturière. Cela a commencé par les différentes activités liées à la filière textile-cuir-vêtements, ainsi qu'à l'industrie agroalimentaire. Depuis 2010, le Vietnam dispose d'avantages comparatifs dans trois nouveaux secteurs : les télécommunications, l'équipement informatique et les bijoux et œuvres d'art. De manière spectaculaire, l'industrie des télécommunications - principalement la production et l'exportation de smartphones - est devenue en moins de trois ans le principal avantage comparatif du Vietnam. Les deux autres secteurs, celui des ordinateurs et de la bijouterie, accompagnent la diversification de l'industrie locale. Cette évolution est en grande partie le résultat des investissements directs des entreprises étrangères. Cela se manifeste par la transformation de la base industrielle au profit de ces entreprises.

50% de le production industrielle sont le fait d'entreprises étrangères

L'importance accrue des entreprises à participation étrangère dynamise les exportations
Les firmes étrangères produisent, en 2012, 50 % du produit brut industriel du pays, part en augmentation depuis 2005. Le secteur privé domestique est composé de très petites entreprises, souvent informelles, très sensibles aux restrictions de crédit ; leur contribution à l'activité diminue fortement durant les périodes de crise de paiement.
La présence étrangère est très orientée vers les secteurs exportateurs, l'accès au marché intérieur restant limité. Ainsi, la part des entreprises étrangères dans les exportations  est-elle devenue très dominante et surtout croît beaucoup plus rapidement que celle du secteur domestique. La contribution du secteur étranger apparaît de plus très fortement positive en matière de balance des paiements allégeant ainsi une contrainte forte sur la croissance du pays dans le passé.

Les téléphones Samsung:  16% des exportations

La présence de Samsung au Vietnam est un bon exemple d'implantation d'entreprise étrangère ayant une forte contribution positive aux exportations du pays. L'entreprise a choisi de transférer une grande partie de sa production de téléphones mobiles de la Chine vers le Vietnam. Elle a investi depuis 2011 un total de 11 milliards de dollars au Vietnam et vise à y fabriquer en 2015 40 % de sa production mondiale. Samsung profite de conditions très favorables : l'entreprise ne paie pas d'impôts pendant 4 ans et bénéficie ensuite d'une réduction de moitié du taux d'imposition. Par ailleurs, le coût salarial est estimé à 145 dollars par mois à Hanoi contre 456 dollars à Beijing. Enfin, les usines sont implantées à proximité de l'aéroport, ce qui permet l'expédition des biens 20 minutes après la sortie de l'usine, les procédures douanières à l'exportation, comme à l'importation, étant simplifiées au maximum. Au total, l'entreprise Samsung pèse pour 16% de l'ensemble des exportations du Vietnam et 95 % de ses exportations de téléphonie. Ces résultats sont remarquables dans un pays par ailleurs réputé pour la difficulté d'entreprendre comme le confirme son mauvais classement à l'indice de facilité du « doing business ».

Assemblage de composants

La structure géographique des échanges du Vietnam révèle la façon dont le pays s'inscrit dans les chaînes de valeur internationales. Il importe essentiellement des produits intermédiaires, composants électroniques, fer et acier, plastiques de Chine, de Corée ou de l'ASEAN. Le Vietnam exporte peu vers ces pays, hormis les produits traditionnels tels que combustibles, vêtements, chaussures et produits de l'aquaculture. Le Vietnam assemble les composants pour exporter des produits finaux vers les pays développés, d'où le fort solde positif du commerce avec les États-Unis, l'Europe ou encore le Japon.


Perspectives d'ouverture

Le Vietnam devrait poursuivre sa politique d'ouverture commerciale. Les engagements pris dans le cadre de l'AEC (ASEAN Economic Community) devraient conduire à l'élimination complète des droits de douane intra-ASEAN d'ici 2017, tandis que les accords TransPacific, d'une part, et avec l'Union Européenne, d'autre part, devraient offrir un accès renforcé aux produits vietnamiens sur ces différents marchés. Si la poursuite de la stratégie d'ouverture est bien établie, les bénéfices que le Vietnam pourrait en tirer sont moins certains. Ces gains dépendent à long terme de la diffusion dans le tissu industriel vietnamien des technologies importées par les firmes étrangères. Ils dépendent également du développement, hors des chaines de production internationales, d'industries vietnamiennes de haute technologie compétitives à l'exportation.


Sources : General Statistics Office (GSO) of Vietnam.

Retrouvez plus d'information sur le blog du CEPII.

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Commentaires
a écrit le 12/03/2015 à 9:31 :
L'article ne le mentionne pas, mais le Vietnam est candidat également à l'intégration dans l'union douanière lancée par les russes pour intégrés les ex-républiques soviétiques, ce qui équivaut à un accord de libre échange avec cet ensemble. Le 8ème round des négociations s'est terminé en décembre, la signature est normalement pour les mois à venir.
a écrit le 12/03/2015 à 9:01 :
Il faudra que le Vietnam investisse dans ses infrastructures car y circuler est une aventure passionnante. Le peu d'autoroutes est à refaire en grande partie car mal construites (tous les ponts sont décalés par rapport à la chaussée qui s'est affaissée par ex). Le train est archaïque mais pittoresque. Sur les routes le 40km/h est de rigueur. Pour l'instant tout le monde circule en mobylette et on espère que Toyota ne vendra pas trop pour éviter que la circulation ne coagule. A part ça, c'est un pays travailleur, sympa, adepte de la débrouille (probablement les champions du monde) et en plus avec des sites magnifiques. Communiste, ça se voit plus dans le Nord qu'au Sud où apparemment, ça n'empêche pas la population de vaquer à ses occupations.
a écrit le 11/03/2015 à 16:52 :
D'après ce que j'ai compris, le dong est non convertible à l'extérieur du pays. A une époque, les profits ne permettaient pas la sortie du pays des profits réalisés non plus. Est-ce toujours le cas ?
En tous cas c'est un très beau pays avec plein de gens qui veulent s'en sortir par eux mêmes. C'est aussi un pays officiellement communiste à parti unique...

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