Pourquoi la bulle technologique va bientôt exploser

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Twitter, la plus grosse déception des valorisations géantes  ?
Twitter, la plus grosse déception des valorisations géantes ? (Crédits : © Dado Ruvic / Reuters)
Les valorisations des startups dites "technologiques" explosent. Mais ces entreprises - qui pour la plupart ne créent pas de valeur - sont peu rentables et précarisent le travail - devraient bientôt connaître un retour de bâton.

Les politiques monétaires très expansionnistes mises en œuvre depuis la crise financière de 2007-2008 ont un défaut majeur : elles peuvent fausser les prix des actifs. Elles risquent ainsi d'entraîner une mauvaise allocation des ressources disponibles, et d'abord des capitaux. Confrontés à des placements qui ne rapportent plus rien à cause de taux d'intérêt proches de zéro, les capitaux sont lancés dans une course au rendement, coûte que coûte.

C'est vrai des actions cotées, bien sûr, l'évolution des cours ces dernières années ayant été largement soutenue par les flux financiers vers les marchés actions. Mais le coté a ses limites, et même baignés par l'euphorie, les marchés finissent en général par se raisonner sur la base des résultats des entreprises. C'est en revanche beaucoup moins vrai pour tout ce qui touche à l'investissement dans le non-coté. Par construction, on n'analyse pas une start-up comme une entreprise mature, et on ne lui demande pas d'avoir la même rentabilité. Dès lors, le champ des possibles en matière de valorisation est beaucoup plus large... et la porte grande ouverte pour un phénomène de bulle spéculative.

>> A lire : Bourse : les valeurs high tech redescendent sur Terre

Record des licornes

Tout laisse à penser que nous sommes aujourd'hui dans cette phase sur le non-coté dit technologique ou numérique. L'une des illustrations les plus frappantes en est la multiplication et la valorisation des « licornes », ces entreprises jeunes et pas encore cotées dont la valorisation dépasse le milliard de dollars. Tandis qu'on en comptait 4 pour une valeur globale de 13 milliards de dollars en 2009, elles seraient aujourd'hui 124 pesant 468 milliards de dollars... (voir le graphique de l'étude de Crédit Suisse de septembre 2015 ci-dessous). Les levées de fonds record sur la base de valorisations astronomiques semblent s'enchaîner à un rythme effréné.

Licornes

Une telle évolution pourrait avoir ses justifications, comme des perspectives de croissance soudain revalorisées ou un cycle d'innovation spectaculaire. Mais hélas, rien de tel à l'horizon. Les prévisions de croissance de l'économie mondiale sont au mieux modestes, voire moroses. Beaucoup d'émergents « atterrissent » plus ou moins en douceur, et semblent confrontés à des défis importants, après avoir recueilli les fruits les plus immédiats et juteux du rattrapage économique grâce à une vague sans précédent de mondialisation de l'économie. Les pays les plus développés semblent pour leur part être sortis de la « grande récession » avec des croissances potentielles revues à la baisse, et des gains de productivité particulièrement faibles. Même sans adhérer pleinement à la théorie de la « stagnation séculaire », difficile de voir dans les fondamentaux macroéconomiques actuels une promesse de profits exponentiels pour les entreprises.


Rien ne garantit la rentabilité de la "tech"

Reste l'espoir d'une révolution technologique en marche. A écouter le bruit médiatique, la « tech » serait partout et en voie de nous submerger. Mais à y regarder de près, les innovations en question sont souvent relatives ou limitées. Pour un Tesla vraiment innovant et technologique, et qui a réussi à entrer en bourse (mais qui d'ailleurs perd toujours de l'argent et pourrait avoir du mal à lutter avec de futurs concurrents mieux armés), combien de sociétés où « technologie » veut dire application / site web certes ergonomique et rafraîchissant, mais guère plus ?

Dans bien des cas, énième variante d'un réseau social ou d'une plateforme espérant déboulonner un devancier, alors qu'il ne pourra y avoir qu'un ou quelques survivants. Très souvent, des concurrences astucieuses et sympathiques d'acteurs des services un peu endormis en monopole ou oligopole, mais dont rien ne garantit la forte rentabilité. D'abord parce que les acteurs historiques ont généralement, plus qu'on l'imagine, les moyens de riposter ou de répliquer facilement les innovations des nouveaux entrants (l'application G7 vaut largement celle d'Uber).

Ensuite, car beaucoup de nouveaux modèles sont fondés sur le simple arbitrage de régulations existantes, et d'abord le droit social (travail et protection sociale), ce qui génère assez rapidement des retours de bâtons.

On le voit évidemment avec Uber, qui suscite des réactions virulentes dans le monde entier, y compris aux Etats-Unis, ce qui, malgré ses milliards dépensés en communication, en lobbying et en frais de justice, nécessitera au moins des adaptations de ce modèle avec un impact sur sa rentabilité. Par exemple, si Uber - et bien d'autres - devaient reconnaître une forme de dépendance et de subordination de leurs prestataires, comme pourrait l'obtenir une class action de chauffeurs lancée à ce sujet en Californie (procédure contestée par Uber en appel).

Leurs atouts peuvent se retourner contre eux

Même des modèles moins frontaux qu'Uber comme Blablacar, Airbnb, Le Bon Coin et autres devront faire face à la problématique des revenus de leurs clients, qui seront d'une manière ou d'une autre encadrés, car les pouvoirs publics (et les concurrents plus ou moins directs) ne pourront accepter l'émergence d'une économie échappant totalement aux prélèvements fiscaux et sociaux.

D'autres adaptations de leur environnement concurrentiel peuvent également venir contrecarrer les business plans fantasmagoriques qui entendent justifier les valorisations de ces « licornes » : réalisant que le succès du covoiturage en France s'explique notamment par un réseau ferroviaire coûteux et peu concurrencé, on libéralise le transport en autocars - comme on pourrait demain inonder le marché des taxis de licences gratuites ; des régies publiques peuvent également proposer des services de réservation en ligne pour des moyens de transport ou de l'hébergement ; de nouveaux acteurs peuvent émerger très vite, car la dimension technologique de l'activité étant justement assez succincte (le code HTML n'est pas de la « rocket science »...), elle est duplicable sans difficulté (ce qui fait le succès initial de ces entreprises, attaquer rapidement des secteurs existants en peu de temps avec peu de moyens, est aussi une fragilité)...

La précarisation du travail empêche la croissance

Capacité de réaction des grands acteurs plus traditionnels, obstacles réglementaires ou juridiques, risque d'une concurrence très soutenue car les barrières à l'entrée sont très faibles... Ces limites à la rationalité des valorisations des start-up du non-coté se cumulent avec des perspectives de croissance de la demande souvent irréalistes. D'autant qu'aux scénarios macroéconomiques peu réjouissants déjà évoqués vient s'ajouter le caractère intrinsèquement déflationniste d'une grande part de la nouvelle économie digitale : une concurrence par les prix en supprimant des coûts physiques, en pesant à la baisse sur les rémunérations via l'externalisation des coûts du travail ou en maximisant l'usage des ressources existantes.

Bien entendu, chacun se félicite des gains de pouvoir d'achat promis par ces nouveaux entrants et qui devraient donc bénéficier à tous. Mais dans bien des cas, il ne s'agit pas de gains de productivité, simplement d'une précarisation plus forte de la force de travail, qui elle-même est à peu près inchangée... pour une production plus faible en valeur. Cette partie de la digitalisation de l'économie tire alors les prix mais aussi les rémunérations vers le bas, et ne contribue pas positivement à la demande, aux gains de productivité ou à la croissance potentielle.


Valorisations déjà excessives

Heureusement, il y a bien de vraies innovations qui génèrent, elles, de réels espoirs d'activités à forte productivité et contribution à la croissance. Cependant, on le voit dans les chiffres macroéconomiques, le mouvement d'ensemble n'est pas convaincant à ce stade. Bien entendu, il y aura des gagnants parmi ces « licornes », et il suffira à certains investisseurs d'avoir misé sur ceux-là. D'autant que beaucoup s'attendent, dans la digitalisation de l'économie, à des situations quasi monopolistiques qui assureront des rentes de situation aux vainqueurs de la compétition entre start-up (« winner takes all »). Mais y compris dans de tels scénarios, les valorisations actuelles des « licornes » semble d'ores et déjà excessives - et en tout état de cause, ne pourront se matérialiser que pour une poignée d'entre ces nombreuses entreprises.

Comme dans la formation de toute bulle ou schéma de Ponzi, l'important est de trouver quelqu'un qui y croit encore pour sortir à temps et réaliser le bénéfice attendu. A l'issue de différents tours de table, il y a de manière ultime le rachat de la start-up par une autre entreprise ou son IPO (cotation). Mais là aussi, et c'est un signe de l'importance qu'a prise la bulle, il semble de plus en plus difficile de parvenir à de telles sorties... Le graphique ci-dessous illustre ainsi la part des IPOs américaines des six derniers mois dont le revenu net est négatif : elle atteint vers la mi-2015 un niveau encore plus élevé qu'avant le krach de la bulle internet de 2000 et le début de la crise en 2007.

profits

De nouvelles introductions décevantes

Plusieurs études récentes ont relevé à raison les différences substantielles entre les grandes valeurs du Nasdaq d'aujourd'hui et celui de 2000, dont le niveau record vient seulement d'être battu cette année. En insistant notamment sur la rentabilité des grandes entreprises de la nouvelle économie, dont certaines enregistrent des résultats remarquables, ce qui était loin d'être le cas en 2000. C'est en partie vrai. Google est ainsi particulièrement profitable. L'IPO de Facebook a été une réussite indéniable, et les résultats du réseau social leader mondial ne cessent de s'améliorer... même si l'entreprise est encore valorisée environ 50 fois ses profits, ce qui reste stratosphérique. Dans un autre registre, Amazon pèse autour de 250 milliards de dollars en bourse tandis qu'on s'exstasie lorsque le géant du e-commerce réalise un profit trimestriel. Et plusieurs valeurs phares récentes sont au rang des déceptions, depuis Twitter jusqu'à Groupon, dont l'avenir devient même incertain. Quant aux nouvelles introductions, on l'a vu, elles sont de plus en plus décevantes.

Dès lors, les sorties pourraient se compliquer et se raréfier pour l'économie des « licornes » et de leurs petites sœurs. Ce qui est généralement le moment où une bulle risque d'éclater et un système de Ponzi de s'effondrer : il n'y a plus le relais suivant pour assurer la sortie des investisseurs précédents. On essaie bien sûr encore de convaincre quelques « deep pockets », comme par exemple des grands groupes qu'on tente d'effrayer en les assurant de leur ringardise face aux innovations en cours. En essayant ainsi de leur faire acheter très cher de jeunes concurrents. Mais face à l'explosion de leurs valorisations sans rentabilité avérée, les espoirs de telles acquisitions seront également plus minces.

Sélection naturelle

Si bulle il y a, que doit-on craindre de son éclatement ? Contrairement à un krach boursier, un effondrement dans le non coté est plus discret, ses victimes plus silencieuses. Même si, comme le montre le graphique précédent, les deux peuvent être concomitants. A priori, les ménages ne sont pas directement concernés - ils investissent très peu sur ces supports, comme le montre d'ailleurs en France le flop du PEA PME. Des fonds publics sont parfois engagés - il y aurait certainement matière à s'intéresser au bilan de Bpifrance, par exemple...-, mais cela reste globalement marginal. En revanche, l'écosystème du capital-risque et du capital-investissement serait impacté, les levées devenant au moins temporairement difficiles et des acteurs pouvant défaillir. Surtout, l'univers des start-up pourrait être asphyxié par l'absence ou même le report de l'indispensable levée de fonds à venir, avec donc beaucoup de disparitions à la clé.

Une forme de sélection naturelle, pas choquante dans son principe dans une économie de marché. A des flux de capitaux et des valorisations excessives pourrait succéder une pénurie dommageable de financements de projets pourtant viables et innovants. C'est la rançon de tout krach. Avec à la clé une moindre croissance globale puisque le phénomène de bulle entretient l'activité, artificiellement, avant que son éclatement la déprime.

Après un krach, le cycle de financement reprendra, heureusement. Pour être vertueux, pour éviter une nouvelle précipitation dans le non-coté par seul défaut d'autres placements aux rendements suffisants, il faudra espérer de réelles innovations. Celles qui apportent des gains de productivité à l'économie et qui assurent une rentabilité durable à leurs investisseurs. Si elles venaient à tarder, par exemple dans l'énergie, les transports, le logement ou la santé, alors pourraient se confirmer les thèses les plus pessimistes considérant que l'espèce humaine a déjà engrangé au cours des siècles et décennies passés l'essentiel des progrès technologiques qui lui sont accessibles.

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a écrit le 17/02/2016 à 21:43 :
"il ne s'agit pas de gains de productivité, simplement d'une précarisation plus forte de la force de travail... pour une production plus faible en valeur."
L'étape suivante, c'est l'esclavage. Ultime étape d'un néolibéralisme qu'illustrent parfaitement les "néoscons" américains, bien suivis par tous les conservateurs, les réactionnaires du monde entier. Nous devrions passer bientôt par une phase où les nationalistes/extrêmistes de droite auront le vent en poupe, avant le retour en force de versions socialistes tendances marxistes. En général au milieu du chaos des révolutions, des guerres civiles, ou des guerres tout court, alimentées par le Complexe-militaro-industriel dont les rênes sont tenues par " les conservateurs, les réactionnaires du monde entier"pour qui la vie humaine n'a aucun prix... même s'ils vont à la messe tous les dimanches.
a écrit le 17/02/2016 à 16:29 :
Deux citations de Warren Buffet qui s'appliquent parfaitement au cas présent:
-"Notre but est de découvrir des compagnies extraordinaires à des prix ordinaires et non des compagnies ordinaires à des prix extraordinaires."
-"La plupart des gens s'intéressent aux actions quand tout le monde s'y intéresse. Le moment d'acheter est quand personne ne veut acheter. Vous ne pouvez acheter ce qui est populaire."
a écrit le 17/02/2016 à 6:57 :
Pourquoi ? Parce que dans notre système économique, le triste destin de toute bulle est l'explosion.
a écrit le 16/02/2016 à 18:10 :
Qu'elle pète et qu'on n'en parle plus.
Il y a des sujets autrement plus importants.
a écrit le 16/02/2016 à 12:54 :
ben600cc 15/02/2016 20:17
Excellente remarque !
Dans les "high tech", il y a eu et il y aura beaucoup, je répète beaucoup, de morts mais il y a des pépites.
La personne qui a acheté une action Microsoft à USD 28 en 86 et qui a réinvesti les dividendes possède USD 21 500 (courant).
La somme des capitalisations boursières de Apple, Alphabet (ex Google) et Microsoft est équivalente à celle de notre CAC 40... et ces sociétés américaines ne sont pas "chères" en terme de ratios bousiers (per, roi, etc.)
Ces sociétés ont tellement de cash qu'elles ne savent pas quoi en faire (c'est un problème). Dans ce cadre d'ailleurs, Apple pourrait acheter Total + Sanofi au cours actuels.
Cordialement
a écrit le 16/02/2016 à 10:18 :
S'agissant de valeurs non cotées, il ne peut pas y avoir de bulle. Les valorisations ne correspondent à aucun marché, aucune transaction connue. L'éclatement d'une bulle résulte de ventes massives qui ne peuvent pas se produire dans le non coté puisque les transactions s'y préparent confidentiellement, de gré à gré. Inutile donc d'en parler dans cet article.

Quant au titre professoral et prétentieux "Pourquoi...", il repose uniquement sur le fait que quelques introductions récentes ont été difficiles. Il en faut plus pour y voir une tendance à l'éclatement d'une bulle.
a écrit le 16/02/2016 à 10:14 :
En effet ce ne sont que des coquilles vides Bâties sur des idées mais sans véritables actifs. Souvent elles ne valent même pas la valeur du papier ayant servi à imprimer les actions. Le jour ou ça va s'écrouler il n'y aura que des porteurs de papiers sans valeur qui viendront pleurer qu'ils ont perdu la fortune qu'ils comptaient aisément prélever chez leurs voisins LES PIGEONS.
a écrit le 16/02/2016 à 9:48 :
Toutes les " Technos " ont besoin d'une masse critique sans cesse grandissante d'acheteurs potentiels , même si ceux-ci ne sont pas encore monétisés ( What's App ).
A partir du moment où le pouvoir d'achat fléchit , elles sont les toutes premières à être touchées , leur utilité n'étant pas essentielle.
D'autres part , et corollairement , elles promettent , habituellement de bons Returns sur investissement.
Mais les délivrent très rarement .
Le marché sanctionne.
Pour faire Pro , on peut dire Rotation Sectorielle.
a écrit le 15/02/2016 à 20:17 :
très bon article, franchouillard à souhait, comme on les aime,

ajustez vos bérets, sortez la baguette de pain et le camembert...quelqu'un a pensé au rouge ?
a écrit le 15/02/2016 à 17:51 :
"L appli G7 vaut largement l appli Uber"
Pas crédible comme jugement...
Réponse de le 15/02/2016 à 19:58 :
Moins de publicité autour de l'application TAXIS G7 certes ...mais super efficace et avant-gardiste essayez là.
a écrit le 15/02/2016 à 13:02 :
Exactement la même bulle que celle des années 90, avec des start up sur valorisées. C'est le cercle vicieux qui continue de tourner. Quand on a ratissé l'immobilier, on va ratisser les petits investisseurs. Bon courage à ceux qui ont investi leur argent.
a écrit le 01/11/2015 à 10:14 :
Maintenant ce sont les ordinateurs qui font le trading .... attention danger !

voir : https://www.youtube.com/watch?v=X9LcZyPN-3k
a écrit le 01/11/2015 à 1:30 :
Cycle journalistique...
L'eldorado numérique ne fait plus recette, essayons le " chaos c'est pur demain "

a écrit le 31/10/2015 à 10:14 :
Voilà un article qui fait vraiment pitié. C'est pauvre, mal argumenté. Tous les concepts sont cités à l'emporte pièce, en oubliant de les utiliser à bon escient. Il est d'ailleurs révélateur d'une méconnaissance totale de ce qui fait la valeur d'une startup par rapport à une entreprise classique comme une boulangerie, une fabrique ou un réseau de boutiques. C'est l'un des problèmes majeurs, et Franco français d'ailleurs, lorsque l'on cherche à faire financer une startup en France. Les banquiers et les investisseurs se jettent sur vous pour ouvrir une boulangerie dans le 3eme arrondissement de Paris, mais pour financer une startup, il faut quitter la France, car c'est impossible d'expliquer qu'il faut investir avant de récolter. J'imagine Marc Zuckerberg au guichet français de LCL, de la SG ou de la BNP : "Certes, je ne gagne que 1 million d'euros, mais j'ai 1 milliard de prospects au moment où je vous parle. Si je trouve un quelconque moyen de gagner 1 euro par an sur chaque prospect les 10 prochaines années ..." Réponse du banquier : "Mais je ne comprends pas le dossier ? Où est la boulangerie ? Quel bénéfice avez vous fait aujourd'hui sur les croissants ?". La notion de risque raisonnable, c'est pas gagné pour tout le monde.
Réponse de le 31/10/2015 à 11:34 :
MERCI! L'auteur n'a de toute évidence jamais programmé ou investi son épargne dans le capital risque!
Réponse de le 15/02/2016 à 8:47 :
Je suis venu pour trouver ce com! Merci! Autant le postulat est ce qu'il est, autant l'analyse derrière est creuse et remplie de lapalissades. De plus le bon coin n'est nu une startup ni une licorne. Get your facts together!
Réponse de le 15/02/2016 à 11:50 :
Tout à fait d'accord.
Le titre de l'article m'a intrigué dans Google actus.
En voyant sur quel site on arrivait il n'était quasiment plus nécessaire de lire l'article pour savoir que son contenu est aussi cliché et emporte pièce que possible...
Réponse de le 15/02/2016 à 14:26 :
Tout à fait d'accord, surtout ne pas sortir des cases traditionnelles de la banque... Aux us les investisseurs sont aussi des visionnaires ce qui n'est pas toujours le cas chez nous...
Réponse de le 15/02/2016 à 19:56 :
Complètement d'accord avec votre commentaire. Surtout en ce qui concerne le mal français. L'exemple de Zuckerberg est effectivement bien parlant.
Mais il n'empêche qu'aujourd'hui, l'argent gratuit et sans valeur ne cesse de faire gonfler artificiellement la valeur des actifs, et notamment dans le domaine du high-tech/technologie... Voyez les cas comme Twitter ou GoPro... Combien de perte depuis leur entrée en bourse? Et pourtant ils levaient des milliards en un claquement de doigt avant leur mise en côte...
Réponse de le 16/02/2016 à 11:29 :
C'est peut-être mal argumenté, mais le fond est juste néanmoins : les VC recommencent à survaloriser des entreprises dont le modèle économique est aléatoire voire peu explicite. Si on m'annonçait un milliard de prospects, je dirais bravo. Mais quel investisseur sensé irait mettre un kopeck sur quelqu'un qui lui annonce "si je trouve un moyen quelconque de... ?" C'est un peu comme le pont aux ânes du pitch : "je n'ai qu'à vendre mon service à 0,1% des Chinois et on sera tous riche". Bien sûr qu'il faut investir dans des projets. Mais il faut aussi le faire en sachant calculer un retour sur investissement réaliste et un risque associé, ce que certains investisseurs commencent à oublier avec le coût trop faible de l'argent.
a écrit le 30/10/2015 à 21:45 :
Pas d'inquiétude, Goldmannsachs va vous arranger ça...!
a écrit le 30/10/2015 à 16:59 :
Propos de radio, éloignés de l'économie. Projections, calculs boursiers, supputations sont légion mais elles se doivent d'être manipulées avec précaution afin d'en avertir le lecteur faute de tomber dans le grand n'importe quoi. Une entreprise privée dispose fictivement d'une valorisation à destination des investisseurs, libres ou pas à eux d'y croire. C'est une affaire de vendeur qui dit que son produit est le meilleur, aucunement une certitude ni une réalité économique. Il ne peut donc y avoir "d'éclatement", terme employé pour les variations de valorisations réelles des entreprises cotées, mais éventuellement "évanouissement d'espérances". On voit lors de l'IPO, le plus souvent testé bien avant, si ces rêves se transforment en réalité; elle même mouvante par la suite en Bourse. Par ailleurs si l'on fait la moyenne sauvage de ce panier sélectionné, on obtient 1 entreprise valorisée entre 2 et 3 fois son chiffre d'affaire ou un mix avec les investissements (lévés) réalisés pouvant le compléter. Autrement dit pour ce secteur, rien d'exceptionnel. Alors pas de krach ni fausse leçon d'économie résiliante ici mais seulement beaucoup de confusion.
a écrit le 30/10/2015 à 16:48 :
Bon article, même si je ne suis pas certain que la bulle soit sur le point d'éclater. La nature humaine étant ce qu'elle est, la spéculation peut durer longtemps. J'en prends pour exemple le marché de l'art. On y trouve plein de trucs dont je ne voudrais personnellement pas en cadeau, si ce n'est pour les revendre compte tenu de leur prix. L'appât du gain est diabolique et beaucoup que l'on croyait intelligents se sont faits avoir dans le passé :-) A suivre donc.
a écrit le 07/10/2015 à 16:58 :
Tient, on reprend les mêmes et on remet ça...
a écrit le 02/10/2015 à 9:57 :
Oui on est peut être proche d'une bulle. Mais cet article mélange un krack qui ne concerne que les VC's et des peurs sur l'émergence de nouveaux acteurs essentiels aux écosystèmes qui se mettent en place.
Par exemple, dire que ces start up ne participent pas aux gains de productivité, ça ne sert à rien. Le but d'une startup n'est pas intrinsèquement de propose un gain de productivité. Encore faut-il définir le gain en question car le succès de Blablacar, propose une valeur pour son utilisateur. Le client comprend tout de suite le What-Is-In-It-For-Me. C'est pas un gain de productivité en soi.
Par ailleurs, il faut saisir un peu les enjeux de valorisation de ces sociétés. Le code ne vaut rien. Parler de html dans un tel article, c'est n'avoir jamais étudié la valorisation d'une startup ! La valorisation tient de la croyance dans le modèle de la société. Ces temps ci, on pense que la valorisation tient dans la capacité à créer rapidement une communauté fidèle et utilisatrice. En reprenant l'exemple de Blablacar, la SNCF pourra racheter le n°2, elle devra dépenser beaucoup plus que la n°1 pour le rejoindre. C'est pour cela que c'est difficile pour nos 'grandes entreprises' d'innover et de raccrocher les wagons car la communauté est déjà prise. Il faut relire Schumpeter !
Je suis bien d'accord sur l'action de la BPI, mais là non plus, rien de nouveau, quelque ait été son nom, Anvar, oseo ou BPI, ce truc ne marche pas.
Bref, il faut croire dans l'émergence de nouveaux acteurs. Il y aura des morts au champ d'honneur, surtout chez les plus faibles qui sont ici les business angels... rien de nouveau sous le soleil. Et la BPI survivra car nous sommes en France !
Réponse de le 05/10/2015 à 12:00 :
Il me semble qu'effectivement il faille distinguer les gains privés (ce que le client retire de la nouvelle offre) des gains collectifs retirés à l'échelle macro-économique. Ce n'est pas parce que la valeur d'un marché baisse que le changement de paradigme n'a pas d'intérêt... il n'y a pas que des "grands soirs de l'innovation".
Mais pourriez vous expliciter ce que vous reprochez à la BPI ?
Réponse de le 31/10/2015 à 10:20 :
Voilà une analyse bien plus pertinente. Bien sûr qu'une bulle reste possible, mais pas pour les raisons évoquées dans l'article, et surtout pas sur toutes les startups. Ils y aura des startup sur valorisées et d'autres oubliées. Mais cela a toujours été le cas depuis qu'il a des entreprises et de la finance, rien de nouveau, et pas plus de risques qu'hier ou que demain.
a écrit le 01/10/2015 à 20:23 :
Mais quel pessimisme cette d'article! Le problème, c'est que le profit à très court terme est le seul système actuel pour stimuler la créativité des entreprises. Les enjeux actuels nécessitent une vision à très long terme. Seulement cette vision du profit toujours plus rapide viens parasiter le court des choses à la vitesse de la lumière en ponctionnant l'argent nécessaire à sont établissement...

La créativité, n'appartient pas qu'a ceux qui créent des startup ou des entreprises de long terme, tout le monde peut en faire preuve. Il faut stimuler la population par les arts, les études, etc... Plutôt que de les endormir avec des choses superficielles et absurdes.

Nos politiques ont abandonnés l'idée que leur communauté puisse, par l'état, être créateur de richesses, de savoir et d'avenir surtout. Ils sont englués dans des croyances économique qui ont fait la preuve apparente de leur succès. Or, l'on constate aujourd'hui que ce système est en décalage avec les besoins de toute la planète.

A nous de nous poser la question sur quel monde nous voulons créer notre avenir. Sur celui hérité des monarchies où celui qui gagne le plus et qui a le monopole de la doctrine domine les autres?

Il serai temps que nous commencions à rendre accessible aux peuples les plus haut niveaux de recherche et les plus récentes découvertes, qu'elles soient économique, politique mais aussi psychologique et philosophique etc, et ce, de manière gratuite.

Il faudrait ouvrir une tribune ou les différentes thèses pourraient se confronter dans des débat propice au développement du savoir et de l'esprit critique de chacun.

Le dogme est toujours confronté à ses limite et engouffre, par exemple, de brillant auteur d'article dans des fin apocalyptique...

Restons optimiste!
a écrit le 01/10/2015 à 18:35 :
Ce qui me chagrine, c'est que les gens confondent technologie et service. Le fait de créer une application sur Smartphone n'est pas de la technologie, elle utilise une technologie de même que l'écriture. Une société comme UBER ce n'est pas de la technologie! C'est du service! Toutes ces startups ne crées bien souvent qu'un moyen diffèrent de mise en relation, les petites annonce du journal faisait la même chose.
Je pense que l'on entretien un flou entre l'utilisation de technologie existante (le langage de programmation est déjà assez ancien) afin de transformer des usages, a une innovation technologique qui crée quelque chose inexistant avant. Apple ou Microsoft a leur époque on crées des systèmes d'exploitation qui sont eux technologique. Quand a la différence entre la France et les USA, ce n'est pas une histoire d'intelligence mais plus de structures permettant de soutenir la recherche pas seulement fondamentale, mais appliqué et d'accompagnement des entrepreneurs. Et de gens non défaitistes des que l'on parle de cerveaux français. Les génies il y en a partout dans le monde. Il suffit de leur donner l''impulsion.
Réponse de le 31/10/2015 à 10:24 :
La phrase qui décrédibilise totalement l'article, c'est "Rien ne garantit la rentabilité de la tech". Si on veut des "garanties", on ouvre un Livret A ou un LDD, on ne finance pas des startups !!! C'est quand même la base de la finance, non ?
a écrit le 01/10/2015 à 13:55 :
N'importe quoi ! Le progrès technologique est comme la connaissance ou la connerie: sans limite. Aux USA on a la connaissance et en France on a la conn...... Chacun son truc.....
Réponse de le 01/10/2015 à 14:29 :
... Dans un systeme aux ressources illimitée oui... Esperons seulement que nous aurons assez de temps pour les developper ces technologies avant que nous detruisions completement notre terre.

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