microDON, la startup qui permet de donner sans s’en soucier

 |   |  560  mots
(Crédits : microDON.org)
Créée en 2009, microDON est l’entreprise sociale française pionnière de la “générosité embarquée”. Le principe de la “générosité embarquée” est de greffer une opportunité de générosité sur les transactions du quotidien et de permettre ainsi aux citoyens de faire un micro-don à une association (quelques centimes à quelques euros) sur bulletins de paie, tickets de caisse, relevés bancaires ou achats en ligne. En 2014, ces nouvelles solutions de générosité ont permis à microDON de collecter près de 900 000 € aux bénéfices de 300 associations d’intérêt général.

Interview de son fondateur, Pierre-Emmanuel Grange

Salut Pierre-Emmanuel ! Apparemment, l'idée de microDON est née au Mexique... Comment ça s'est passé ?

Oui exactement, en 2007, je travaillais pour un grand groupe américain, je faisais un programme pour jeunes diplômés dans les systèmes d'information et j'ai eu la belle opportunité d'être envoyé au Mexique alors que je ne parlais pas espagnol. En fait pour être exact, je savais dire trois mots « Si, cerveza, beso et c'est en faisant mes premières courses au supermarché que déstabilisé par une question de la caissière, j'ai choisi le « si » en réponse, à mon sens plus approprié, que « cerveza » ou « beso »....Quelle surprise de voir alors que mes courses m'avaient coûté plus chères ! Je venais simplement d'accepter d'arrondir le montant de mon panier au profit d'une oeuvre de charité.

D'où l'idée de rapporter cette innovation en France où cela n'existait pas encore... Mais l'idée parait même tellement évidente qu'on se demande pourquoi l'arrondi n'est pas encore dans chaque magasin de France ! Quels sont les principaux freins à surmonter ?

La première difficulté a été d'atteindre les décideurs des grandes enseignes de distribution (pas si simple quand on démarre de rien) ; puis de leur prouver notre efficacité avec des pilotes sur des dispositifs plus simple que l'arrondi comme la carte microDON (une petite carte dotée d'un code-barres qui permet de faire un don en la passant en caisse). Avec notre savoir-faire et notre expérience techno nous les avons ensuite accompagnés dans la modification de leur systèmes d'information pour embarquer le don dans leurs transactions. Cela parait compliqué mais pas tant que ça; ça ressemble à n'importe quel projet informatique; le grand défi c'est en fait celui du changement, du passage à l'acte; et pour cela il nous faut créer l'urgence : remonter notre sujet dans les priorités de développement des enseignes... ce qui n'est pas évident : et cela prend du temps !

Mais nous comptons maintenant passer un cap et ainsi convaincre d'autres entreprises de rejoindre les 4 enseignes de distribution déjà engagées mais également les 30 entreprises, la grande banque et les 15 sites Internet qui font l'arrondi sur salaire, sur relevé bancaire ou en ligne !

Cher Pierre-Emmanuel, tu te dresses souvent sur tes pattes arrière pour voir au loin. Que vois-tu en ce moment ?

En ce moment, je vois un challenge majeur pour nous tous autour du gaspillage alimentaire! Il y a un contexte favorable (prise de conscience citoyenne, législation,....) qui va contribuer à créer l'urgence que j'évoquais précédemment. Tous les acteurs de la chaîne alimentaire vont largement modifier leurs habitudes, leurs comportements. Nous trouvons cela passionnant et nous sommes associés sur ce sujet aux Gueules Cassées pour développer avec eux dans la distribution et avec nos partenaires leur initiative d'étiquette antigaspi. Le principe est simple : -50% de réduction sur ces produits à date courte, moins de gaspi et sur chaque étiquette 1 centime est reversé à une association antigaspi !

"Quatre enseignes de distribution déjà engagées mais également les trente entreprises, la grande banque et les quinze sites Internet qui font l'arrondi sur salaire, sur relevé bancaire ou en ligne !"

Site internet du projet : www.microdon.org

Retrouvez des centaines de projets comme microDON sur www.lessuricates.fr

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 22/02/2016 à 15:30 :
Le concept existe depuis longtemps au Canada (notamment), mais de façon ponctuelle sur des projets précis. Par exemple, United Way sur une panoplie de sujets (http://www.unitedway.ca/); la collecte se fait dans les entreprises ou dans des centres marchands (LCBO). La question qui me préoccupe avec toutes ces "associations" qui se prétendent caritatives, c'est leur nombre. J'ai comme l'impression que c'est un créneau extrêmement lucratif. J'aurai aimé que La Tribune nous dise comment et combien sont rémunérés ce "cher Pierre Emmanuel" et ses proches collègues ?

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :