Le progrès dans vingt ans, c'est quoi ?

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(Crédits : reuters.com)
Fin mai, les prévisions du think tank américain Conference Board annonce une baisse de productivité aux États-Unis : un Américain produit, en 2016, 0,2 % de richesses en moins qu'en 2015.

Une première depuis trente ans. Pourtant il y a plein emploi avec 5% de chômage ; 15 millions d'emplois ont été créés en six ans pour répondre aux besoins liés à la croissance économique. S'il y a moins de richesses produites, il devrait y avoir moins de richesses distribuées par baisse de pouvoir d'achat ou baisse de salaires (à moins que les revenus financiers du capital acceptent de baisser...).

L'OCDE a fait, fin mai, ce même constat à son niveau : depuis la crise de 2008, la croissance de la productivité baisse, de + 1,7% à + 0,7%. Globalement, cette baisse de productivité, qui concerne tous les secteurs de l'économie, a été compensée par une compression des salaires.

Le sentiment perçu est que chaque génération vivra moins bien que la précédente. Ce ressenti d'inversion, une injustice, se traduit dans les votes ou intentions de vote, comme en Autriche ou aux États-Unis.

Nous vivons les progrès au quotidien

Jamais dans le monde nous n'avons aussi « bien » mangé (les famines ont disparu), jamais le nombre de pauvres n'a été aussi faible, jamais nous n'avons été en aussi bonne santé, n'avons vécu aussi longtemps.

Jamais le monde n'a été aussi connecté avec des téléphones et des smartphones aussi peu chers offrant gratuitement de très nombreux services et mettant à disposition un savoir immense.

Et le gratuit n'entre pas dans le PIB : Wikipedia est gratuite, combien coûterait l'équivalent en livres, donc en PIB ?

Sait-on calculer le PIB de notre siècle ? Et le numérique progresse. Nous allons créer plus et mieux avec moins. Avec un monde plus éduqué. Massivement plus éduqué. Nécessairement, une nouvelle référence politique, sociale et économique va se mettre en place, tant au niveau des États que des entreprises, une référence d'équité. Cette référence sera, tirée par deux critères négligés à ce jour, une urgence dans une petite vingtaine d'années : d'une part, l'instabilité de notre environnement, non que l'homme ne sache pas le maîtriser, mais par l'équilibre qu'il en retire.

D'autre part, le vieillissement mondial de la population doublement déséquilibrant par son coût et par les migrations qu'il engendre. Le progrès dans vingt ans n'est plus que technologique, il est aussi social et politique. Mais c'est le plus difficile à admettre et à reconnaître.

Je repars en plongée.

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L'ouvrage le plus récent de Philippe Cahen :
Les Secrets de la prospective par les signaux faibles, Éditions Kawa, 2013

À découvrir aussi sa contribution à l'ouvrage collectif Rupture, vous avez dit disrupture ? Le futur est déjà derrière nous, Éditions Kawa, 2015 ; et le nouvel ouvrage, Notre futur anticipé pas les signaux faibles, Éditions Kawa, 2016.

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