Contenu :
Copyright Reuters
Les Anglo-Saxons appellent cela le "land grabbing", l'accaparement des terres agricoles, le plus souvent par des investisseurs étrangers. Le phénomène n'est bien sûr pas totalement nouveau : qui ne se souvient du bon vieux "temps des plantations" ? Mais il a pris une tout autre dimension ces dernières années avec l'explosion de la demande en ressources pour produire des agrocarburants et surtout la crise alimentaire mondiale de 2007-2008. Celle-ci a rappelé la fragilité d'un écosystème qui n'arrive déjà pas, aujourd'hui, à nourrir près d'un milliard d'êtres humains. Une prévision résume à elle seule l'enjeu de la bataille qui se livre sans grande exposition médiatique : la production agricole devrait augmenter de 70% pour que l'on puisse alimenter convenablement les 9 milliards d'habitants que comptera la planète en 2040. De quoi attiser l'appétit des pays en manque de terres pour subvenir à leurs propres besoins (Chine, Corée, pays du Golfe...) et bien sûr d'investisseurs en tout genre. La FAO estime d'ailleurs que 36% seulement des terres arables sont effectivement cultivées, soit 1,5 milliard d'hectares sur un total de 4,2.
C'est donc une gigantesque partie de Monopoly qui est en train de se jouer. Une petite sélection des dernières statistiques collectées par la très efficace ONG Grain illustre l'universalité de cette folle course : 12 milliards de dollars ont été dépensés l'an dernier par des investisseurs étrangers dans l'achat de terres en Australie ; 800.000 hectares ont filé ou sont sur le point de le faire au Mali ; la municipalité de Tianjin, petite métropole de 13 millions d'habitants au nord de Pékin, vient de signer un contrat de 10 millions d'euros en Bulgarie pour pouvoir cultiver maïs, tournesol et fourrage sur 2.000 hectares autour du village de Boynitsa à deux pas de la frontière serbe.
Au total, les surfaces en cause sont impressionnantes : 40, 50 et même 60 millions d'hectares pour certains (soit plus que la superficie de la France) auraient été achetés ou loués au cours des deux dernières années, dont plus des deux tiers étaient situés en Afrique subsaharienne. L'imprécision de ces chiffres témoigne de la confusion régnant dans ce Monopoly sans règles du jeu ou presque. Opacité des transactions, doutes sur les objectifs réels des acquéreurs (fonds souverains, multinationales de l'agroalimentaire, et maintenant fonds d'investissements ou même hedge funds), diversité des droits fonciers (quand ils existent)... le phénomène est complexe, protéiforme, incontrôlable. Et souvent absurde. Les géants indiens de l'agroalimentaire ont mis la main sur des milliers d'hectares en Ethiopie pour y cultiver du riz destiné à l'exportation. Une Ethiopie ravagée par la famine.
Philippe a écrit le 26/12/2011 à 10:08 :
Comme le montre l'article ci dsssous, le prix des terres agricoles est très faible en France contrairement à ce qui est souvent dit. http://www.ifrap.org/Prix-des-terres-agricoles-en-France,11824.html
Yves51 a écrit le 24/12/2011 à 16:15 :
En France, les communes n'ont-elles pas la main pour désigner ce qui est ou ce qui n'est pas terre agricole, et ne peuvent-elles reprendre à tout moment la main sur une terre agricole non cultivée ?
Trop de monde a écrit le 22/12/2011 à 07:25 :
Les dégâts engendrés sont en plus multiples et souvent sans retour possible en arrière : nitrates, pesticides, herbicides, ogm, épuisement, lessivage des sols, perte de biodiversité, faune et flore, d'espèces agricoles locales, risques épidémiques par mono-cultures, pollution des rivières, sources, nappes phréatiques, épuisement des ressources en eau etc etc. Il va falloir sérieusement penser à contrôler et viser à réduire la population mondiale de plusieurs milliards, c'est le paramètre majeur désormais.
agrifou a répondu le 22/12/2011 à 10:28:
attention c'est du génocide que vous proposez. Nous sommes des êtres humains pas du bétails qu'on envoie à l'abattoir. Vous voulez finir comme en Chine ! les conséquence de l'enfant unique sont connus (reportage) : tuerie de nouveau né en douce (les filles), importante augmentation des garçon d?où un problème dans l'avenir pour la reproduction : une seule femme pour plusieurs hommes. C'est bien ce que je dis la France aime commettre des erreurs. De plus cela suggère encore que la classe aisé aura plus le droit de vivre que la classe populaire, là c'est de l'atteinte aux libertés individuelles, aux droits des hommes, à la vie !
Trop de monde a répondu le 22/12/2011 à 13:39:
Non Agrifou il ne s'agit pas de cela mais de l'incitation, suppression des aides au delà de 2 enfants etc et à partir d'une meilleure information et volontarisme. C'est tout un état d'esprit à mettre en place au plan mondial pour le bénéfice de tous et de l'avenir. C'est un pilotage de l'humanité avant que les choses ne se règlent d'elles-mêmes plus violemment. Mieux vaut démarrer tôt plutôt que de constater des catastrophes humanitaires et écologiques de plus en plus vastes souvent sans retour et des problèmes et conséquences souvent insolubles. Plusieurs pays africains par exemple commencent à s'en préoccuper. Ou alors coloniser une autre planète...
éee a répondu le 22/12/2011 à 17:14:
@agrifou: ça tombe bien, faut des garçons pour faire la guerre.
agrifou a écrit le 21/12/2011 à 09:30 :
La France aime commettre des erreurs et suite à la spéculation sur les terres agricoles, au prix surestimé, au laxisme gouvernementale. Des soit disant mécènes (investisseurs) proposent d'acheter nos terres agricoles pour nous les louer. Retour en douce au temps du moyen age : le seigneur a qui on paie le dole, à qui on verse la récolte et l'esclave fermier travailleur pauvre. Y a qu'a écouter les administrations agricoles pour s'en rendre compte elles propagent (incitent) cette solution car incapable de résoudre le problème du foncier cher. Avec toute les conséquences sur le long terme. Lamentable.
> Retour haut de page
Les rapports du Conseil d'Analyse Statégique modèrent le pesssimisme ambiant. Lire: http://www.strategie.gouv.fr/content/note-de-veille-n%C2%B0-182-juin-2010-pour-des-investissements-agricoles-responsables
par Philippe le 26/12/2011 à 11:04
|
Les plus commentés |
|
Les plus envoyés |
| Les plus lus |
Pied de page :
jQuery(this).corner('round 4px').parent().css('padding', '1px').corner('round 4px');
Philippe a écrit le 26/12/2011 à 11:04 :
Les rapports du Conseil d'Analyse Statégique modèrent le pesssimisme ambiant. Lire: http://www.strategie.gouv.fr/content/note-de-veille-n%C2%B0-182-juin-2010-pour-des-investissements-agricoles-responsables