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Par François Roche | 22/04/2012, 22:54 - 401 mots
Le premier tour a produit un vote de crise, qui exprime les peurs et la colère d'une partie de la société française. Rien de plus normal: la campagne électorale n'a produit aucune perspective, aucune projection positive de la France dans le futur. Il serait temps de changer de logique.
A force de labourer les terres du Front National, Nicolas Sarkozy a fait de Marine Le Pen la grande gagnante du premier tour de l'élection présidentielle. Il est désormais dans un piège : s'il veut remporter l'élection, il ne peut que chercher à s'attirer les voix qui se sont portées sur le Front National au premier tour. Il a commencé dimanche soir, lors de son allocution et tout indique qu'il développera encore cette argumentation dans les jours qui viennent. Il ne pourra que se présenter comme le porteur des valeurs défendues par le Front National. Ce sera un affrontement de personnalités et de valeurs que le président sortant va chercher à durcir, en jouant sur les peurs exprimées par le vote de l'extrême droite : le refus de l'étranger, de l'Europe, de l'immigration....A nouveau, on noircira le tableau de la situation économique du pays, de la décomposition de son tissu social. Avec le danger d'opposer les Français les uns contre les autres, en invoquant une « vraie » France, laissant entendre que « l'autre » n'est pas digne du drapeau tricolore.
Ce vote est l'expression de la crise économique et sociale. La France n'est d'ailleurs ni le premier ni le seul pays d'Europe à faire l'expérience de la montée des extrêmes dans le débat politique national. Mais on peut néanmoins regretter que la campagne du premier tour n'ait permis de dégager aucune perspective, aucune vision à long terme, aucune projection de la France vers le futur, aucune une réflexion sur la façon dont elle va pouvoir se déployer dans le nouveau monde qui se prépare. Tout a été posé en termes de contraintes : la dette, les équilibres extérieurs, le chômage, la désindustrialisation, le communautarisme, la finance, les multinationales. De tout côté on a caricaturé, simplifié, déformé la réalité pour n'insister que sur nos défaillances, nos faiblesses, nos échecs. Le résultat est là : une France coupée en deux ou en trois, qui doute de tout et qui cherche des solutions dans l'isolement et l'enfermement sur elle-même. Il serait temps de changer de logiciel.
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JB38 a écrit le 28/04/2012 à 01:15 :
Un nouveau logiciel ça coûte cher et bien souvent il faut aussi changer le matériel. Nous n'en avons ni la volonté, ni les moyens. Je me demande même si ce ne sont pas les logiciels qui sont à l'origine de nos problèmes. A force de fichiers, de chiffres, de calculs, de sondages, la froideur des chiffres a dénaturé les relations humaines, il faut revenir à plus d'humanité, de tolérance , de confiance et laisser les chiffres aux comptables, fussent-ils experts.
JB38 a écrit le 28/04/2012 à 01:15 :
Un nouveau logiciel ça coûte cher et bien souvent il faut aussi changer le matériel. Nous n'en avons ni la volonté, ni les moyens. Je me demande même si ce ne sont pas les logiciels qui sont à l'origine de nos problèmes. A force de fichiers, de chiffres, de calculs, de sondages, la froideur des chiffres a dénaturé les relations humaines, il faut revenir à plus d'humanité, de tolérance , de confiance et laisser les chiffres aux comptables, fussent-ils experts.
toujours le même ouf! a écrit le 23/04/2012 à 10:30 :
Mais ce coup ci c'est du verlan: c'est OUF de lire cet article qui ne dit pas un mot de la campagne de Bayrou. Inlassablement, il a cherché à mettre les sujets importants sur la table. Résultat : les téléspectateurs zappent, et il ne fait même pas 10%. Les français se comportent comme des petits enfants: ils veulent être grisés par des discours irréalistes et ne surtout pas prendre leurs responsabilités.
Licence to live a répondu le 23/04/2012 à 11:56:
La responsabilité pèse en effet lourdement sur les épaules des 68ards qui nous ont mené là où nous en sommes... Qu'ils nettoient
Zalk a répondu le 23/04/2012 à 13:27:
Sans compter l'éternelle rengaine des "journalistes" qui l'interrogeaient : "Au second tour, quelle seront vos consignes de vote ?" Dur de tenter d'exister quand vous êtes inlassablement renvoyer au duel droite - gauche.
Ben voilà a répondu le 23/04/2012 à 14:32:
Bayrou a fait une enorme erreur en composant avec Segolène Royal en 2007... Effectivement, pas le moindre projet de société ne s'est fait jour... Quel que soit le prochain monarque, le mammouth continuera de grossir, une moitié d'entre nous devra continuer à perfuser l'autre moité...et l'appareil d'état aura sauvegardé ses privilèges...
Pascal C a écrit le 23/04/2012 à 09:12 :
Exact, il serait tant de "changer de logiciel", à commencer par ne plus évoquer le FN comme l'extrême-droite mais comme la droite nationaliste ! On n'entend (hélas !) pas évoquer Mélenchon et ses troupes comme des extrêmes-gauchistes, alors qu'ils le mériteraient en déployant, très lourdement, des symboles révolutionnaires qui ébahissent même les Russes et les Chinois : meetings place de la Bastille, marées de drapeaux rouges, appels à la prise de pouvoir (par la force), chants communistes comme l'Internationale, etc. C'est tout juste si l'on n'entend pas appels à égorger les "bons bourgeois"...
ouf! a répondu le 23/04/2012 à 10:27:
...c'est tellement rare de lire des lignes de ce genre en France! Personnellement je pense que le FN est bien une droite extrême et non simplement nationaliste - mais c'est incroyable que personne ne relève la violence latente et antidémocratique derrière les discours du Front de Gauche. Un héritage de l'union sacrée entre Gaullistes et communistes pendant la Deuxième Guerre Mondiale (contre...eh oui, contre les pères spirituels du Front National...)
Mordrakheen a répondu le 24/04/2012 à 14:18:
entierement d accord avec vous deux, les gens ont la mémoire courte et parfois selective
grigri a écrit le 23/04/2012 à 08:44 :
les legislatives sont le but des le pen. la présidentielle n'est que le moyen pour arriver là. or , avec 20% ils vont se décrocher des sièges c'est certain. les législatives basculeront à droite et nous allons vers une cohabitation. les élections présidentielles n'auront alors pas eu beaucoup de sens.
Pascal C a répondu le 23/04/2012 à 09:14:
Et comme les Français adorent les contradictions, ils enverraient à l'Assemblée la gauche PS si jamais NS arrachait la victoire !
gertrude a écrit le 23/04/2012 à 02:53 :
pareil partout, snifff