Le prix du gaz, nouvel enjeu politique

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Le gaz de schiste est un sujet autour duquel se cristallisent les contradictions de la société française. On ne peut nier que le pays a besoin d'un choc de compétitivité. Pour le moment, on cherche à le créer par un choc fiscal, consistant à transférer une partie du coût de notre modèle social des entreprises vers les retraités ou les ménages les plus fortunés. Un consensus a l'air de se dégager en faveur de cette nouvelle stratégie, dont il est encore difficile de mesurer les effets positifs sur la croissance économique.

Aux États-Unis, le développement des gisements de gaz de schiste a aussi provoqué un choc de compétitivité massif, en abaissant de façon spectaculaire le coût d?une source d?énergie essentielle : le gaz naturel. Une Amérique indépendante sur le plan énergétique, ce qui se profile d?ici peu, n?est évidemment pas dans la même position économique et stratégique qu?une Amérique dépendante d?importations coûteuses du golfe Persique, d?Afrique ou de Russie.
La France recèle des gisements de gaz de schiste. Pour le moment, l?exploration en est stoppée par une décision du pouvoir politique, liée à des considérations environnementales. Il n?est pas question d?en nier l?importance. Beaucoup de questions se posent sur la technique utilisée pour débusquer le gaz dans les couches de roches schisteuses, le fracking. Des géologues continuent de travailler sur les effets de cette exploitation des gaz de schiste sur les couches supérieures et sur les réservoirs d?eau souterrains. Le fait que les forages soient pratiqués horizontalement pose des questions différentes de celles des forages traditionnels, par des puits verticaux. Mais depuis le temps que l?on exploite du pétrole et du gaz autour de la planète, souvent dans des conditions encore plus difficiles et avec des contraintes environnementales fortes, notamment sur le continent européen, en mer du Nord notamment, des solutions techniques devraient être trouvées pour assurer une imperméabilité des forages et traiter les eaux polluées issues du fracking.
Mais deux conceptions de la croissance économique s?affrontent. La première, pragmatique, consiste à étudier le potentiel de ces gaz de schiste en France et à modéliser les effets, sur la croissance de l?économie française, d?un accès à une source d?énergie domestique et moins coûteuse que l?énergie importée, moins polluante que le pétrole et le charbon, moins polémique que le nucléaire. Si l?on suit cette logique, on devrait donc reprendre l?exploration, dans des conditions strictes naturellement, ne serait-ce que pour se donner une idée du potentiel de ces gisements. L?autre conception est celle du « saut » énergétique. Rien ne sert de s?acharner sur les énergies fossiles, qui sont condamnées à terme et qui sont contradictoires avec la volonté de réduire les émissions de gaz à effet de serre et de s?engager sur la voie d?une croissance économique fondée sur les énergies renouvelables. Si l?on suit cette conception, il faut donc stopper définitivement toute exploration, refermer le dossier et concentrer nos efforts sur le développement du solaire et de l?éolien, seuls garants d?une croissance durable.
La question qui se pose aux pouvoirs publics est donc d?une brutalité redoutable : faut-il saisir une chance de redonner de l?air à l?économie française en explorant le potentiel réel des gaz de schiste, en y trouvant, au passage, une source nouvelle de revenus pour les collectivités locales ? Ou bien faut-il stopper toute recherche et tous travaux sur le sujet, compte tenu des risques potentiels pour l?environnement ? D?un côté, le lobby des entreprises énergétiques appuie fort dans le sens d?une reprise de l?exploration, en se fondant sur l?exemple des États-Unis. De l?autre, les défenseurs de l?environnement jouent sur la méfiance d?une partie de l?opinion vis-à-vis de ces entreprises et sur un certain rejet du discours technique, aussi pertinent soit-il.
Le principe de réalité, les turbulences dans lesquelles va entrer l?économie française, l?urgence de trouver des relais de croissance, devraient inciter le gouvernement à rouvrir le dossier, soit au titre du redressement productif d?Arnaud Montebourg, soit dans le cadre de la mission de Louis Gallois sur la compétitivité de l?industrie. Sans compter que cette nouvelle source d?énergie pourrait être une réponse, à moyen terme, à la problématique du prix du gaz, dans laquelle la France est engluée. Cela fait beaucoup de raisons de ne pas laisser mourir le dossier?

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Commentaires
a écrit le 20/07/2012 à 17:52 :
250 années de reserve en gaz ca laisse reveur . ca permettrai d avoir le temp de trouver d autre source d energie .
a écrit le 19/07/2012 à 19:54 :
250 années de réserve de quoi énerver encore nos malthusiens de service qui souhaitent réaliser leur rêve de collectivisme écolo-soviétique
a écrit le 18/07/2012 à 10:58 :
Article complètement irresponsable...si une solution permettant d'assurer la perméabilité des forages existait celle-ci aurait été trouvé depuis longtemps.Restez dans la com. façon science-po et laissez penser les géologues....au fait ...vous accepteriez de vivre du côté de Coulommiers ou la Ferté-sous-Jouarre, sites convoités par des apprentis sorciers toujours plus avides de profits...qui ne profiteront que dans une très faible mesure aux collectivités locales et paieront,EUX,les dégâts environnementaux
a écrit le 17/07/2012 à 23:55 :
Pour tous ceux qui veulent se faire une opinion éclairée et dépassionnée sur le sujet des gaz de schiste, voir le dernier numéro de Science et pseudo-sciences, de l'association française pour l'information scientifique (Afis) : http://www.pseudo-sciences.org/spip.php?article1903
Il vient de paraître et est disponible chez tous les bons marchands de journaux.
a écrit le 17/07/2012 à 21:25 :
Attention les Ardéchois ne se laisseront pas faire ! On ne veut pas d'exploitation du gaz de schiste chez nous !!! Il ne faut pas oublier l'avis du peuple, car on ne se laissera pas faire, nous l'avons déjà montré l'an dernier. Stop gaz de schiste 07

a écrit le 17/07/2012 à 18:33 :
Il est évident que le film GASLAND a été tourné à l'aide d'effets spéciaux, comme le sous-entendent les lobbies pro-gaz de schiste ! Ou peut-être que lorsque l'eau du robinet s'enflamme à cause des polluants utilisés pour le fracking sommes-nous victimes d'une hallucination collective ! Vous avez raison : tout cela mérite réflexion, surtout lorsqu'un président se déclare contre l'utilisation du fracking AVANT son élection et que durant le règne sarkosyste, les députés socialistes menés par un futur premier ministre avaient eu soi-disant l'ambition d'abolir le code minier... La république est-elle devenue définitivement bananière?
a écrit le 17/07/2012 à 16:38 :
Je ne sais pas si l'étude d'un moyen énergétique qui certes, aurait des avantages économiques (à court terme), mais dont l'impact écologique s'alourdi chaque jour (au moins aussi polluant que le charbon voir bien plus, pour ne citer que celui-là) est pragmatique. Mais cela dépend évidemment du point de vu.
D'autant plus sachant que sur le modèle américain, le gaz est vendu à un prix bien plus bas que celui d'exploitation. Le monde a t'il besoin d'une autre bulle spéculative???
Sans oublier l'investissement qui s'en suivrait sûrement dans l'éducation pour former des élites dans ce milieu en France, élites qui arriveraient sur le marché peut de temps avant un changement énergétique qui va tout simplement s'imposer de force. Et donc avec un mauvais bagage en poche à court terme et une urgence telle qu'elle réclamera de la compétence que l'on aura alors pas.
Je pense mais ce n'est que mon avis, que le pragmatisme serait de se tourner vers l'avenir et ce qui est de durable, qui n'a que des avantages. Avec néanmoins le désavantage d'une répercussion moindre à court terme. Quoique cela se discute au niveau emploi.
Merci pour l'article et cette analyse.
Réponse de le 19/07/2012 à 19:22 :
mais quel arriere peut ecrire un article pareille... il se cultive dans sa bibliotheque de petro dollars au creuset du profit...il doit meme "aimer"sa famille et enfants...un inconscient qui vend la nature et la vie de sa descendance...

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